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BLESSURES DE L'OREILLE EXTERNE

et peuvent exister depuis l'état le plus simple jusqu'à l'enfoncement et l'écrasement complet. Le voisinage de l'encéphale fait que le retentissement des violences exercées sur la face se transmet quelquefois au cerveau, soit directement, soit par contre-coup, soit encore, lorsque les violences se compliquent d'érysipôle, par propagation de l'inflammation. On peut dire, néanmoins, que les blessures de la face ne sont généralement pas graves, en ce sens qu'elles compromettent rarement la vie du blessé. Quel chirurgien, en effet, n'a vu avec un étonnemenl mêlé d'effroi, dans les premiers temps de sa carrière, les énormes mutilations de la face par un projectile de guerre comprendre la presque totalité de cette région, et guérir néanmoins sans autres accidents que l'altération de quelques fonctions et de l'harmonie des traits.

Nous examinerons les plaies de la face dans les différentes régions qui la composent, et suivant l'ordre dans lequel ces régions s'éloignent successivement du crâne : nous décrirons donc : 1° les blessures de la région de l'oreille; 2° de la région orbitaire; 3° de la région nasale; 4° enfin de la région faciale inférieure.

Blessures de l'oreille. — Blessures du pavillon de Voreille. — Les blessures de l'oreille externe sont communes. Les plaies par armes piquantes méritent à peine d'arrêter l'attention, et n'exigent pour tout traitement que des soins de propreté et des précautions propres à prévenir l'inflammation érysipélateuse. Les plaies par armes tranchantes intéressent le pavillon de l'oreille dans une étendue plus ou moins considérable et peuvent le détacher complètement. Le squelette cartilagineux, si bizarrement contourné, qui soutient l'oreille, fait que les bords des solutions de continuité qui la divisent restent rarement en contact parfait : il est donc nécessaire de réunir les parties et de les maintenir en rapport au moyen de la suture. La suture à points séparés, pratiquée avec des fils métalliques et comprenant toute l'épaisseur de l'oreille, est celle qui convient le mieux. Lorsque le pavillon a été séparé en grande partie ou môme en totalité, il faut néanmoins chercher à en obtenir la réunion par le même moyen, afin de prévenir une difformité choquante et de maintenir la perfection de l'ouïe.

Des corps contondants, des projectiles de guerre, peuvent déchirer ou mutiler le pavillon de l'oreille. Au lieu de régulariser les plaies et de les réunir immédiatement, il faut, au contraire, chercher à conserver le plus possible de l'organe, attendre la chute des eschares et ne tenter la réunion par la sulurc que lorsque les solutions de continuité sont recouvertes de bourgeons cellulo-vasculaires roses et vermeils. Si cependant le pavillon était arraché en grande partie ou dans son entier, il conviendrait d'aviver les parties lacérées dans une étendue suffisante et de les réunir.

Dans les cas de plaies peu étendues, l'oreille est laissée libre, et recouverte de fomentations d'eau froide : dans les cas de plaies considérables et lorsque l'oreille a été à peu près détachée, on la soutient, en arrière et en avant, avec quelques gâteaux de charpie, et l'on introduit dans le conduit auditif externe une mèche, enduite de cérat, assez volumineuse pour en maintenir le calibre; le tout est retenu par une compresse relevée derrière l'angle de la mâchoire ou par un mouchoir appliqué sur la tête. La cicatrisation des plaies contuses et des plaies par projectiles de guerre demande à être attentivement surveillée et dirigée, afin d'être obtenue avec toute la régularité possible.

Corps étrangers dans le conduit auditif externe. ■ — ■ Des corps étrangers, des grains de plomb, des fragments de balles, peuvent rester logés dans l'épaisseur du pavillon ou dans le conduit auditif externe : ils sont extraits par les procédés ordinaires. Les soldats, couchant souvent en plein air et sur la terre, sont exposés à ce que des insectes s'introduisent directement dans le conduit auditif externe ou y déposent leurs œufs : ces corps étrangers vivants révèlent leur présence par un prurit incommode et un écoulement purulent; ils donnent souvent lieu à des bourdonnements d'oreille et à des maux de tête.

Tous les corps étrangers introduits dans le conduit auditif externe peuvent déterminer de graves accidents, amener l'inflammation du conduit, celle des méninges, la perforation du tympan et la carie du rocher; l'extraction doit en être faite dès qu'ils sont reconnus. Des injections d'huile, de liquides salés ou amers, ont quelquefois réussi à amener la mort ou la sortie des animaux; il vaut mieux les extraire directement quand cela est possible. L'extraction des corps solides présente quelquefois des difficultés, en raison du gonflement qu'ils déterminent : on la pratique, après avoir combattu la tuméfaction inflammatoire, au moyen d'une pince, d'une curette ou d'un instrument approprié, introduits par la paroi inférieure du conduit auditif. Les manœuvres d'extraction, habituellement suivies, quand elles réussissent, de la disparition rapide des accidents, doivent être faites avec ménagement afin de ne pas provoquer une inflammation dont les résultats peuvent être des plus sérieux, ou la déchirure du tympan. On a conseillé, lorsque les corps étrangers ne peuvent être extraits directement, d'inciser la conque de l'oreille et le conduit auditif externe par sa partie postérieure: cette opération ne donne pas plus de facilité pour atteindre le but proposé, et doit être rejetée. Un des meilleurs moyens de faire sortir les corps étrangers du conduit auditif consiste à y projeter, d'une petite distance et avec une certaine force, le jet d'eau d'une seringue à hydrocèle ou d'un irriga-

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