‹ Traité de chirurgie d'arméeChapitre 8 sur 174 · ARMES DÉFENSIVES · texte numérisé non relu

ARMES DÉFENSIVES

Les armes défensives, destinées à garantir le corps des atteintes des armes offensives, étaient jadis d'un usage plus efficace que de nos jours. Avant l'application delà poudre à canon à la balistique et l'introduction des armes à feu dans les armées, les combattants se couvraient la tête, le corps e-t les membres d'armures complètes, qui les préservaient suffisamment de l'action des armes alors en usage, mais qui avaient aussi l'inconvénient de les accabler d'un poids énorme, sous lequel, une fois tombés dans la mêlée, ils ne pouvaient plus se relever. Aujourd'hui que les armures ne sauraient proléger contre le plus grand nombre des projectiles employés à la guerre, elles ne couvrent que les parties du corps les plus importantes, la tête, le thorax et une partie de l'abdomen, et ne sont plus portées que par quelques troupes spéciales : la grosse cavalerie et les sapeurs du génie.

Le poids de ces armes défensives reste encore néanmoins considérable et exige, chez les hommes qui doivent les revêtir, des conditions de vigueur et de force, qui, mieux que la condition de la taille, présideraient à la répartition des jeunes soldats dans les corps de grosse cavalerie et du génie.

Les casques sont en métal: suivant l'arme qui les porte (carabiniers, cuirassiers, dragons, sapeurs-pompiers, etc.), ils varient quelque peu de modèle, mais ils sont toujours assez légers pour ne pas être incommodes. On y remarque le cimier; la bombé qui se prolonge et se recourbe en arrière, pour couvrir la nuque ; et la visière protégeant une partie de la face. La forme arrondie de cette coiffure sur laquelle les corps glissent et portent à faux., plutôt que sa résistance, en font une arme défensive. Le cimier du casque en occupe le sommet qu'il protège contre les chocs frappant d'aplomb; s'il ajoute ainsi à la résistance de la coiffure, il a l'inconvénient, surtout lorsqu'il est très-élevé et surmonté d'ornements, de lui enlever de sa stabilité et de la rendre très-fatigante à porter, en raison des précautions et des efforts nécessaires pour la maintenir en équilibre.

La cuirasse se compose du plastron destiné à couvrir le devant du corps ; du dos qui non-seulement protège [la partie postérieure dn corps, mais fait contre-poids au plastron ; et des pièces 'accessoires servant à la mainte-

2e TAILLE

3e TAILLE

lk,75

lk,70

nir. Sa forme tend h faire glisser les corps sur sa surface, dont le contour est muni d'un rebord destiné à les arrêter et à garantir ainsi le col, les membres et la partie inférieure du tronc. Ce dernier but est loin d'être toujours atteint par cette disposition qui donne lieu à des déviations nombreuses et parfois les plus singulières dans la direction et le trajet des blessures.

Les cuirasses, comme toutes les autres armes, ne sont mises en service qu'après avoir été essayées; selon leurs tailles, fixées au nombre de trois, elles varient légèrement de poids. Le poids des cuirasses de cuirassiers, modèle de 18^5, actuellement en usage, est de :

lrc TAILLE

Plastron 6k,06

Dos 1\80

Cuirasse complète et garnie. . 8k,53

Les cuirasses de carabiniers sont toutes de très-grande taille et pèsent 9k«r'0.

Les sapeurs du génie portent, dans les travaux de sape, une cuirasse et un casque dit pot en tête; cet armement est d'un poids considérable.

Le plastron de la cuirasse pèse de Gk,20 à 7k,15

Le dos 5k,80 à 6k,65 '

Le casque &k,90

Les différentes pièces accessoires de cette armure complète en augmentent encore la pesanteur qui n'excède pas 18 kil , 70.

Ces armes défensives étaient toutes, à l'exception du dos des cuirasses de cavalerie, à l'épreuve de la balle du fusil d'ancien modèle; elles ne résistent pas à la balle du fusil, modèle 1866, tirée à bonne portée et sous une incidence perpendiculaire. Encore moins résistent-elles aux divers projectiles lancés par les bouches à feu, qui les faussent, les enfoncent, les déchirent, les brisent en éclats et les convertissent souvent alors en nouveaux corps vulnérants dont l'action vient se surajouter à l'action des projectiles eux-mêmes et en compliquer les résultats.

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