LUXATIONS DE LA COLONNE VERTÉBRALE
C'est à la fin du premier temps que la réduction se produit, ou du moins s'annonce par une sensation de déclenchement, parfois très nette ; elle s'achève d'elle-même, automatiquement, pour ainsi dire, pendant le second temps; en d'autres termes, c'est la manœuvre de « décrochement » qui est capitale, c'est sur elle qu'il faut insister.
Lors de luxation bilatérale, on se trouvera bien parfois de concentrer d'abord son effort sur l'un des côtés, puis sur l'autre, et de pratiquer la réduction successive.
Au lieu de faire asseoir le patient, on réussira mieux, dans certains cas, en agissant dans la position couchée, la tête horizontale.
C'est du moins ce que j'ai pu constater sur une luxation unilatérale droite, qui avait résisté à de nombreuses tentatives méthodiques et aux efforts de deux chirurgiens : la malade fut couchée sur un lit bas. la tète bien maintenue : j'enfonçai mes pouces jusqu'aux dernières molaires, et je poussai, en bas et en arrière, tout en soulevant un peu le menton; la réduction, que je n'avais pu obtenir, à mon tour, dans l'attitude ordinaire, se fit à la première tentative, avec une aisance qui me frappa beaucoup.
Je ne ferai que rappeler le procédé de la bascule, qui consiste à introduire entre les deux arcades, supérieure et inférieure, un manche d'instrument, une poire d'angoisse, etc., et à relever fortement le menton. Outre que le procédé est très douloureux, très nocif pour les dents, il est d'une efficacité fort incertaine, par ce fait surtout que le tasseau inter-alvéolairc est d i llicile à maintenir assez loin en arrière, pour qu'il puisse exercer le maximum d'effet utile.
Enfin le chloroforme ou l'éther restent toujours comme une précieuse ressource.