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LUXATIONS DE LA COLONNE VERTÉBRALE

Nous nous contenterons d'esquisser brièvement la technique applicable à la réduction des luxations de la colonne cervicale inférieure. — Ce sont les moins rares des luxations rachidiennes, et celles qui ont le plus souvent prêté à des tentatives heureuses.

Le déplacement a lieu, d'ordinaire, en avant : il est bilatéral ouunilatéral, suivant que les apophyses articulaires perdent contact des deux côtés ou d'un seul, la rotation de la tète se combinant, dans cette dernière éventualité, à l'inflexion.

De fait, la tète est en flexion forcée, le menton au sternum : la nuque est allongée, incurvée en dos d'âne, déformée, coupée parfois, à la hauteur de la luxation, par une dépression plus ou moins profonde. Enfin, les accidents

LUXATIONS

de compression médullaire, qui peuvent aller jusqu'à la paralysie totale des quatre membres, complètent le tableau.

Que faire, en présence d'une luxation cervicale récente? « Au total, écrit Malgaigne, lorsqu'on trouvera un blessé avec la tête penchée en avant et une paralysie plus ou moins complète des quatre membres, je pense que la première chose à faire, en l'absence même de tout autre signe, est de porter la tête en arrière et de l'y maintenir à l'aide d'un appareil approprié. »

On peut, du reste, procéder de deux laçons :

1" Le lilessé est assis par terre, et les épaules étant bien fixées, on exerce

Fig. -iltï. — UédiK-iion d'une luxation de la colonne cervicale.

une traction verticale, progressive, sur la nuque et le menton, que les deux mains encadrent.

2° Il sera souvent mieux de placer le Idessé dans la position horizontale, sur le dos, bien immobilisé — et de l'endormir avec beaucoup de prudence.

Ceci fait, deux ou plusieurs aides exercent la contre-extension. — L'opérateur, placé derrière, saisit la tête par la nuque et le bord inférieur de la mâchoire, connue le représente la figure \ II), et tire dans l'axe, doucement, lentement, progressivement, sans inflexion latérale, sans rotation, en augmentant île plus en plus son effort. — lue traction intense est, en effet, souvent indispensable; et Ion se trouvera bien, parfois, d'utiliser l'appareil de Sayre,

FRACTURES SAKS PLAIE. C71

comme l'a fait le D1' Aubert (de Mâcon) (') : le collier de Sayre fut passé sous la nuque et le menton, et « les anneaux enfilés dans le bâton transversal, muni d'un crochet central, employé pour la suspension. » A ce crochet fut fixé par plusieurs tours de corde un dynamomètre, -et une serviette passée en cravate dans l'autre extrémité du dynamomètre servit à la traction, réalisée à l'aide des moufles de l'appareil suspenseur. Cette traction fut exercée progressivement et sans secousses jusqu'à 70 kilos : un bruit intense, de « déchirure et de craquement » signala la réduction.

Ces craquements, ces ressauts brusques sont notés dans presque tous les faits. — ■ On n'oubliera pas que, si la réduction est tout indiquée et représente, pour le blessé, le recours suprême, elle n'en crée pas moins un danger immédiat, qu'il faut toujours prévoir et annoncer.

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