‹ Traité de chirurgie d'urgenceChapitre 29 sur 146 · COUPS ÉTRANGERS IM' PHARYNX ET DE L'ŒSOPHAGE · texte numérisé non relu

COUPS ÉTRANGERS IM' PHARYNX ET DE L'ŒSOPHAGE

(Tiiiciil d'avanl en arrière le long du plancher <l une des fosses nasales, permettront de mener à bien l'attaque. Parfois, el à moins de frais, une grande irrigation poussée dans les fosses nasales — et toujours dans le méat inférieur — sera suivie du même résultat : aussi sera-t-il de sage pratique de commencer toujours par l'essai de ce procédé inoffensif.

Les corps étrangers de l'œsophage nécessitent îles manœuvres, en général, plus complexes. Toutefois, chez

v les enfants, on fera bien de recourir

\ d'abord au procédé fort ingénieux de

M. l'élizet : « .Nous pratiquons^ cathélérisuieavec une sonde uréllirale à béquille n° IS. Le contact une fois pris, nous imprimons à l'extrémité de la sonde des mouvements de rotation, qui I insinuent comme une vrille jusijii au delà de I obstacle, jusqu à l'estomac. Nous injectons alors, suivant l'ûge de reniant. 200, 500, 800 grammes d'eau boriquée tiède et nous retirons doucement la sonde. Son œil accroche au retour la pièce de monnaie, tandis que nous continuons notre irrigation; un effort de vomissement survient; il achève de dégager le corps étranger que nous enlevons avec une singulière facilité, fixé à l'extrémité de la sonde. »

Parmi les nombreux modèles de pinces, de crochets, d'extracteurs, deux instruments sont surtout recommandaliles et suffisent — si l'on s'en sert

bien — à toutes les besognes : I

■ pa-

nier de Grœfe (fig. 114), une bonne pince oesophagienne (fig. 117et IIS).

En dépit de ses apparences un peu inquiétantes, le panier de Grœfe est l'instrument de choix pour la plupart des corps étrangers et surfont pour les pièces de monnaie. Il est dangereux, sans doute, il déchire la muqueuse, il s'accroche au larynx, entre des mains novices, que la crainte rend brutales cl qui veulent faire de I extraction je ne sais quel tour prestigieux. Conduit méthodiquement, sans hâte, le panier est excellent.

Introduisez-le sur l'index gauche, qui lui sert de guide aussi bas que possible, descendez jusqu'au contact du corps étranger, que vous sentez, que vous heurtez, et cherchez à [tasser dessous en inclinant la lige, i n vrillant un peu : dès que vous avez la sensation d'avoir « chargé » la pièce de monnaie (fig. II.-)), tirez en haut, directement en haut, en vous tenant aussi exactement que possible sur la ligne médiane, d'un mouvement rapide et

LE COIH'S ÉTRANGER YIE>T D'ÊTRE HÉGLITI.

continu, sans hésitation. sans brusquerie: ètes-TOus arrêté? ne forcez pas, tirez un peu obliquement à droite, à gauche, et. si rien ne bouge, abaissez un peu le panier, dégagez-le et « rechargez ■ le corps étranger. C'est en haut, à l'entrée du pharynx, qu'il faut accélérer le dernier temps et achever d'un seul coup le dégagement final.

Quand on a affaire à un corps métallique, dm-, qui sonne au contact du panier, on ne eourlaucun risque en suivant les précautions nécessaires, c'est-à-dire en ne cherchant pas à soulever avant d'avoir bien reconnu. Les corps mous fournissent des sensations beaucoup plus vagues, et il est arrivé à plusieurs de harponner la paroi œsophagienne et de s'évertuer à l'extraire.

Parfois aussi le panier accroche le cricoïde. s'areboute et s'immobilise audessous de lui. et cela d'autant plus solidement, qu'on a cherché tout d'abord avec plus de force à franchir l'obstacle. -Je fus appelé.

un soir, auprès dune pauvre femme qui portait ainsi dans sa gorge, depuis plusieurs heures, un panier de Gnefe. dont latine sortait entre ses dents et que des tentatives réitérées avaient été impuissantes à extraire. Elle avait avalé, dans la journée, un volumineux morceau de viande, et un confrère, d'ailleurs très prudent et très habile, avait introduit le panier sans aucune peine, et. à sa grande stupéfaction, n'avait pu le retirer. La situation ne laissait pas que d'être assez critique : l'instrument restait absolument immobile et les tentatives de refoulement, d'inclinaison, de demi-torsion n'étaient pas suivies du moindre effet. Je me décidai à faire l'œsophagotomie externe : la malade fut endormie, et, avant d'opérer.

Fig. Mi.

Fis. 116.

Fig. 11-i. — Panier de Gracie.

Fig. 115. — Crochet œsophagien de Kirniîsson.

Fig. 116. — Qrochel à bascule de CùIIîd.

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