COUPS DE FEU DANS L OREILLE
Ici encore, il s'agit presque toujours de tentatives de suicide, et avec les armes « civiles » ; quant aux armes de guerre, elles créent des lésions le plus souvent irrémédiables d'emblée.
Le canon de l'arme est parfois ajusté directement à l'entrée du conduit, que la balle suit naturellement; ailleurs, le coup est tiré à quelques centimètres de distance, et l'orifice d'entrée occupe tel ou tel point : le devant du conduit, la conque, la région mastoïdienne. Il existe alors un trajet, qui aboutit plus ou moins loin à la partie profonde du conduit ou à la caisse.
D'après le degré de pénétration, le siège du projectile et la gravité des lésions, on peut, en pratique, grouper les faits comme il suit.
I. — Cas simples. — La balle est peu profonde, elle est visible, accessible.
Voici comment les choses se passent d'ordinaire : le blessé s'est tiré un coup de revolver dans l'oreille, il est tombé sans connaissance ou simplement « étourdi », il a perdu une quantité assez abondante de sain?. Quand vous arrivez près de lui, un filet rouge coule encore de l'oreille, ou bien le conduit est bouché par un caillot.
Se borner à faire un pansement superficiel, sous prétexte de ne pas rompre ce caillot et de respecter l'hémostase, constitue une pratique assez courante, mais irrationnelle et périlleuse. Ces plaies de l'oreille sont toujours infectées et, si quelque vaisseau important était intéressé, cette infection rendrait bientôt fort précaire la protection du caillot primitif; de plus,' on remet ainsi à plus tard l'extraction de projectiles, quelquefois très accessibles ; chez un blessé, on respecta le caillot trois jours et l'on s'aperçut alors que, derrière lui, deux balles étaient libres dans le conduit auditif externe : le coup de feu, tiré « bout portant, n'avait même pas intéressé la membrane du tympan.
Commençons toujours par désinfecter la région ambiante, le conduit
(') Dupont, Fracture de la base et de ta voûte du crâne par coup de feu, recherche du projectile dans le cerveau; guérison [Acad. de théd. de Belgique, 1896, p. 878).