BRIO T
La Société médicale d’Émulation, composée d’un grand nombre de membres résidants et correspondants appartenant ou ayant appartenu à la chirurgie militaire, avait proposé en 1811 comme sujet de Prix à ses correspondants la question suivante : Déterminer les avantages que la chirurgie théorique et pratique doit retirer des observations faites aux armées dans les dernières campagnes. Elle distingua le mémoire de Briot, chirurgien-major de première classe. Mais jugeant sans doute l’enquête incomplète, elle remit, en 1815, la môme question à l’étude sous le titre : Déterminer les avantages que la médecine a retirés de son exercice aux armées de terre et de mer depuis le commencement des guerres de la Révolution jusqu' à lapaix générale. Ce fut encore Briot qui remporta le prix1. Réunissant enfin quelques nouveaux matériaux à ceux déjà colligés, cet auteur publia l’armée suivante : l'Histoire de l'état et des progrès de la chirurgie militaire en France pendant les guerres de la Dévolution 2.
Le livre de Briot écrit par un chirurgien qui, pendant dix ans, avait suivi nos armées en campagne, renferme des renseignemen ts précieux et authentiques sur les progrès dont la chirurgie, en général, est redevable à nos aînés et sur les améliorations principales qu’ils ont apportées au service sanitaire des troupes. Cet auteur cependant, nous devons le reconnaître, n’a pas rempli complètement sa tâche. A la lecture de son livre, on n’aurait qu’une idée insuffisante du beau rôle que ces aïeux ont joué et de tout ce que notre art doit à leur initiative et à leur habileté. Briot n’a pas su assez se mettre en garde contre cette fâcheuse tendance consistant, dans une étude d’ensemble, à glisser trop de faits personnels qui ne présentent pas un'intérêt de premier ordre, détournent l’attention et font croire à unepauvreté d’éléments d’appréciation qui, ici, n’existait pas. Sa propre conduite, celle de deux ou trois chefs le préoccupent avant tout, le détournent delà narration des grands faits observés etdel’étude des moyens ou des procédés inventés ou perfectionnés par tous les chirurgiens de nos arméçs. Il a laissé de côté une source d’information considérable, celle de toutes les thèses des Facultés dont nous allons apprécier la richesse, et peut être n’a-t-il pas assez profité des renseignements directs que pouvaient lui fournir nos principaux chirurgiens vivants encore à l’époque où il écrivait. Enfin, au moment où il a publié son ouvrage, il avait l'intention de faire paraître un Traité de chirurgie d’armée qui n’a pas vu le jour, et il n'a pas su, en traitant son sujet, assez éloigner ses autres préoccupations didactiques. En somme, il a de lui-même trop circonscrit un cadre qu'il devait étendre ef trop borné ses vrais horizons.
Notre résumé d’ensemble ne nous permet pas de nous arrêter au livre de Briot; son analyse ferait double emploi. Nous en extrairons, pour ce résumé, toutes les informations et les appréciations importantes