‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 169 sur 460 · GA MA · texte numérisé non relu

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dont elle s’empare après un brillant assaut. Cetlc courte expédition, qui laissa dans nos fastes militaires comme dans les nôtres, de faibles traces, L se distingue cependant, pour nous, par une transformation assez impor- ] tante de la thérapeutique de nos chirurgiens militaires.

On était à l’époque où Broussais régnait en maître, sinon en dictateur, I et où, suivant les pittoresques expressions de J. Rochard, la doctrine de l’irritation était acclamée comme une religion médicale nouvelle1. La nature, disait-il, tend très souvent à exagérer le travail phlegmasique indispensable à la cicatrisation des blessures et à la restauration des organes 1 atteints par les causes vulnérantes. Il faut la contenir dans de sages limites, L l’arrêter au degré qui prévient la suppuration ou du moins la rend moins i abondante et chercher à en abréger la durée. Les saignées capillaires, et les cataplasmes émollients constituaient, pour nos chirurgiens de l’armée j d’Espagne, le moyen le plus propre à « ramener les parties à ce rythme salutaire d’action ». Les bords ou les environs de la plaie présentaient-ils la moindre rougeur, on les recouvrait de sangsues qu’on renouvelait à intervalles rapprochés jusqu’à ce qu’elle ait disparu. Ils allaient jusqu’à en appliquer sur les blessures envahies par la pourriture d’hôpital! Us rejetaient les pansements alcooliques, les pansements onctueux, les pansements secs; les cataplasmes, les fomentations émollientes et les sangsues formaient la base de leur thérapeutique chirurgicale des plaies des mem- ; bres et leur confiance dans ces moyens leur faisait quelquefois oublier les incisions salutaires.

Broussais avait dit « qu’on ne meurt jamais par les lésions extérieures », .opinion dont un peu de réflexion eût fait reconnaître la fausseté. Partant le là, les inflammations internes et en particulier la gastro-entérite devait i louer dans la léthalité de nos traumatismes le rôle qu’elle jouait dans les Affections médicales. «Tous les anciens blessés, disait Gama, qui succom-

I" lent dans les hôpitaux sont, en dernière analyse, attaqués de gastro-entérites •hroniques ou revenues à l’état aigu »; pour les autres, les blessures agisaient par sympathie sur les viscères. On sait jusqu’où ils poussaient 'emploi de leurs moyens favoris pour combattre ces prétendues complilations et l’on devine quel trouble ces moyens devaient apporter chez des îommes déjà profondément affaiblis par le traitement antérieur antiphlogistique de leurs blessures et le régime débilitant qui en était l’adjuvant.

En somme, l’expédition d’Espagne de 1823 n’a servi qu’à faire exagérer i nos chirurgiens une doctrine et des pratiques suivies avec insistance et l’une façon continue depuis Paré.

u service chirurgical depuis l’ établissement des hôpitaux militaires en France, par

.-P. Gama. Paris, 1841, p. 571.

Nous ne possédons sur cette campagne que les renseignements écourtés que Gama lui onsacre dans son Esquisse. Les notes qu’il envoya au Comité de santé lurent utilisées par ■ *égin dans le mémoire ci-joint. Les collaborateurs de Gama, ainsi que les chirurgiens de e 1 arm^e du Midi, négligèrent aussi de communiquer autrement que d’une façon trop sucincte le résultat de leurs observations.

Bkoin, Considérât inns générâtes sur le traitement de quelques blessures graves pro- '"!ps par tes- armes à feu, in Mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie, mi/i-

1 tires, t. XV, p. 261.

L O. e., p. 110. On ne lira pas sans intérêt les pages remarquables que cet auteur a con- | icrées au professeur du Val-de-Grâce.

Après ccl aperçu général, nous n’avons aucune observation intéressante a relever durant cotte campagne1 2, mais nous allons nous arrêter à Gama.

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Chirurgien en chef d’armée, ex-chirurgien en chef, premier professeur à l’hôpital militaire d’instruction du Val-de-Grâce, membre de l’Académie de médecine, Gama naquit près de Metz. Orphelin dès ses premières années, il fut recueilli par un paysan d’un village voisin, qui lui fit commencer ses études. Sous-aide au commencement de la Révolution, il fait, avec ce grade, les campagnes de la Moselle et du Rhin, Aide-major de régiment pendant la campagne de Hanovre, puis chirurgien-major d’ambulance, et non des moins actifs et des moins distingués, il devient bientôt, sous l’Empire, en raison de scs éminents services, chirurgien principal d’un corps d’armée en Andalousie. Il rempliL les mêmes fonctions à Waterloo.

Sous la Restauration, chirurgien en chef de l’hôpital d’instruction de Strasbourg, Gama réorganise cet établissement, en même temps qu'il donne à l’instruction des élèves une vigoureuse impulsion. En 1823, il est nommé, sans en avoir recherché le titre, chirurgien en chef de l’armée |j d’Espagne, mais on lui diminue ses fonctions en l’attachant seulement la direction sanitaire du corps du maréchal Moncey. Il devient ensuitesill chirurgien en chef du Val-de-Grâce et quitte cet établissement en 1840,1 avant l’heure de la retraite, en pleine disgrâce. Pendant vingt ans, iL j avait poussé les jeunes générations de médecins militaires dans la voie*; du travail.

Gama était doué de véritablesqualités d’organisateur et d’administrateur.

mais il était aussi chirurgien habile et clinicien d’un sens droit. Son originel

et ses débuts difficiles expliquent dans une certaine mesure sa ténacité.

sa puissance d’action, son ardeur infatigable, ses égards pour les faible*!

1. Nous pourrions peut-être faire exception pour un cas de section complète du cubitus et du radius par un coup de sabre porté en arrière de l’article. Les muscles antérieurs el le paquet vasculo-nerveux avaient été conservés, Paradis fit l'extraction des os sectionné^ et guérit rapidement son blessé.

2. On a de lui : 1 0 De la dilatation des plaies d’armes à feu et de l’extraction des corp$ j étrangers qu’elles peuvent contenir, considérées dans la nécessité de les pratiquer sur &1 champ de bataille. Thèse de Montpellier, 1814, in-4°. — 2° Discours prononcé à l’hôpitat militaire d'instruction de Strasbourg , le 12 novembre 1822, etc. Strasbourg, 1823, in-8. — |J 3° Traité des plaies de tête et de V encéphalite , principalement de celle qui leur est coiwél culive. Paris, 1830, in-8, 2° édit., 1836. — 4° Esquisse historique du service de santé mili\ taire en général et spécialement du service chirurgical depuis T établissement des hôpitaux j militaires en France. Paris, 1842, iu-S. — 5° Proposition d’un projet de loi pour U 1 création : 1° d’un directoire des hôpitaux militaires avec ses divisions et dépendances; 2" d'un nouveau corps de médecins militaires. Paris, 1846, in-8. — 6° Mémoire justificatif décret, du il mai I S18, réorganisant le service de santé, etc. Paris, 1818, in-8. — Du decrckdu il mai IStS qui réorganise, etc. Paris, 1849, in-8. — 7° De l'utilité des citernes dan» les établissements militaires et civils. 3e édit. 1856, 1857. 1858, in-8. — 8° Lettre sur le ser * vice de santé militaire. Paris, 1858, in-8. — 9° Seconde lettre sur le service de santé mili ) taire. Paris, 1860, in-8. — 10 ° L’Écho du Val-de-Grâce. —Plusieurs mémoires insérés dans 1< | Recueil des mémoires de médecine militaire, entre autres celui qu’il a consacré à 2 ligature de la sous-clavière et / ligature de la carotide pour des blessures par coups de feu, t. XI XIV, 2e série, etc., etc.

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