RÉVOLUTION UE
Le 26 juillet 1830 paraissent les Ordonnances qui supprimaient les libertés publiques. Paris répond aux provocations de la cour par les trois journées des 27, 28, 29 juillet 1830.
Commencée sur la place du Palais-Royal, la lutte s’étend rapidement sur toute l’étendue de la rive droite de la Seine, du Louvre à l’Arsenal, et se propage au faubourg Saint-Antoine, au quartier Saint-Honoré, à la rue Richelieu et sur la rive gauche, aux environs de la caserne de Babylone et dans la rue de Tournon. L’Hôtel de Ville est plusieurs fois pris et repris.
Le combat est acharné et, à la fin du troisième jour, six mille personnes figurent sur les listes des morts et des blessés.
L’Hotel-Dieu, qui était à portée des points sur lesquels la lutte s’était plus particulièrement concentrée, devient rapidement le centre d’hospitalisation des citoyens mis hors de combat. Les moins atteints y sont pansés et renvoyés à leur domicile; les autres y remplacent la population ordinaire des blessés et des malades.
Dupuytren, assisté de ses anciens élèves les docteurs Ménière, Marx, Paillard, Belmas, puis Sanson et Breschet ses collègues, prodiguent leurs soins aux blessés à l’Hôtel-Dieu; à la Charité Roux, à Beaujon Marjolin et Blandin, à Saint-Louis Jobert, Lisfranc à la Pitié, en reçoivent de leur côté un certain nombre, tandis que nos hôpitaux du Val-de-Grâce et surtout du Gros-Caillou où D. Larrey dirigeait encore le service chirurgical accueillaient les blessés militaires. Les hôpitaux civils reçurent 1200 blessés gravement atteints et nos hôpitaux 300.
Vers la fin de la même année, une maison de convalescents fut établie dans la caserne du château de Saint-Cloud pour recevoir les blessés civils en voie de guérison. Dupuytren et Jobert furent chargés de ce service et ils purent ainsi s’éclairer sur les résultats définitifs que présentaient leurs propres blessés et ceux de leurs collègues 2.
Peu d’événements militaires ont donné lieu à autant de Relations chirurgicales que la Révolution de 1830 : Ménière, Arnal, Roux, Jobert (de I
1. La Révolution de 1830 avait eu son retentissement dans toute l'Europe. La Belgique s’étant séparée de la Hollande, les Hollandais firent le siège et le bombardement de la ville d’Anvers (26-27 octobre 1830). Le chirurgien en chef de l’hôpital civil de cette ville, Sommé, ex-chirurgien militaire de nos armées pendant les guerres de la République et de l’Empire, dans un court mémoire intitulé : Hcsumé des observations faites à l’hôpital d’Anvers sur les plaies d’armes à feu pendant le siège de la ville en 1830 in Journal universel et hebdoma- fl flaire, t. II, 1831 (27 pages), nous a transmis le résultat de ses observations pendant cette j courte et peu meurtrière lutte. On peut y relever quelques idées sur l’inutilité du débridement dans certaines blessures des parties molles, sur l’abus des saignées générales ou locales, sur l’utilité d’un régime substantiel pour les blessés, sur l’amputation secondaire qu’il ne juge pas plus grave que la primitive, sur la guérison des fractures par coups de feu du fémur sans amputation, les inconvénients de l’extension permanente dans ces fractures, etc.
2. On s’explique ainsi que maintes observations intéressantes soient citées simulta- (t nément dans les Rapports de Roux, d’ARNAL, de Dupuytren et de Jobert.
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