‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 173 sur 460 · M K MÈRE · texte numérisé non relu

M K MÈRE

Le docteur Ménière s’était volontairement adjoint à Dupuytren à l’Hôtelüieu. Sa Relation écrite au lendemain des journées de Juillet avec l’idée d’en offrir un tableau fidèle présentait alors un vif intérêt, mais la publication ultérieure des Leçons cliniques de Dupuytren le lui a enlevé en ; grande partie. Toutes les remarques du chirurgien de l’Hôtel-Dieu sur les •ffets des projectiles lorsqu’ils atteignent les corps organiques et inorgani- I jues, lesquelles constituaient un des meilleurs chapitres du livre de Ménière,

• semblent y faire aujourd’hui double emploi; nous pourrions en dire autant des indications qu'il renferme sur la fâcheuse influence des émotions norales sur la marche des blessures, sur la fréquence des maladies de cœur et des affections cérébrales après les combats, sur les symptômes et .es processus des blessures de toutes les régions, etc., etc.

Ce qu’on peut y rechercher encore, ce sont des détails sur les blessés eeçus dans les hôpitaux autres que l’Hôtel-Dieu, sur la proportion des i. écès et les circonstances qui les ont amenés, en un mot, la statistique thirurgicale des événements de Juillet.

La mortalité de cette lutte à courte distance fut effrayante. Sur 1200 lessés réunis dans les hôpitaux, il en mourut rapidement 304, soit un peu

• lus du quart2! A l’Hôtel-Dieu, sur 390 hommes gravement atteints, il en .îourut 40 dans les trois premiers jours et 82 dans la suite. En ajoutant

. m chiffre de 1200 dont nous venons de parler les 800 combattants civils rui furent soignés à domicile et ceux qui succombèrent presque imméliatement, on arrive à un total de 3 000 blessés qui fournirent 794 morts! ;i a Charité en compta 30 sur 163 entrants et sur 15 amputés 7 ; Saint-Louis,

• M morts sur 152; Beaujon, 31 sur 89. Dans les autres hôpitaux, la morta- !é avait été un peu moindre parce que les blessés qu’on y avait dirigés aient aussi moins gravement atteints. A Saint-Antoine , on comptait A morts sur 77 entrants dont 21 seulement étaient atteints de fractures; la Maison de Santé, 51 blessés donnaient 12 morts; à Necker, 57, 15 morts ont 8 dans les vingt-quatre heures, etc. Cette épouvantable léthalité '•montra d’une façon saisissante aux chirurgiens des hôpitaux civils ni jusque-là, sans expérience de la chirurgie d’armée, s’étaient si souvent

1. L'Hôtel- Dieu de Paris en juillet et août 1880. Histoire de ce qui s’est passé dans cet , 'pilai pendant et après les trois grandes journées, suivie de détails sur le nombre, la . avité des blessures, et les circonstances qui les ont rendues fatales, par Prosper Munièriî,

cteur en médecine de la Faculté de Paris, etc. Paris, 1830, in-8, 39G pages.

Patkix a encore publié une Notice pour servir à l'histoire fies blessés admis dans les lies de i M. le baron Dupuytren pendant les journées des *7, 28 et 29 juillet 1890. Paris, 30, in-8. Nous ne l’avons trouvé ni à la bibliothèque de la Faculté de médecine, ni à la bliothèque nationale.

2. 390 avaient succombé immédiatement avant leur transport dans les hôpitaux et la Cherche faite à la Morgue des traumatismes qui avaient entraîné leur mort, démontra 'ils avaient presque tous été frappés à la poitrine.

étonnés de nos trop nombreux revers), qu abstraction faite des autres! causes générales d’insuccès, la gravité de nos traumatismes paralyse sou-> 1 vent les efforts des praticiens les plus habiles et les plus expérimentés! i En 1830, presque toutes les blessures avaient été faites par des balles et il bout portant; la plupart des hommes atteints avaient été transpercés parce! j projectiles qui souvent même avaient traversé plusieurs individus du inèmil coup. Les citoyens abrités le plus souvent derrière les barricades ou lejji parapets des quais de la Seine avaient été surtout frappés dans les région! supérieures du corps. Peu de plaies avaient été produites par des éclats d« mitraille, le théâtre de la lutte étant trop resserré pour y faire manœuvre! l’artillerie.

H. LARREY '

Nous avons dit déjà que les soldats et les officiers blessés avaient é immédiatement, ou quelques jours après la cessation des hostilités, dirigej sur les hôpitaux du Val-de-Grâce etsurtoutdu Gros-Caillou. Seuls quelquq intransportables étaient restés dans les hôpitaux civils. Ce fut D. Larrëi chirurgien en chef du Gros-Caillou, qui en soigna la majeure partie. Commj ses collègues des hôpitaux civils, il fit bientôt connaître à l'Académie c Médecine et à l’Académie des sciences le résultat de ses nouvelles obse vations. Un peu plus tard, H. Larrey compléta sa Relation.

De quel enseignement pouvait être pour un chirurgien qui, penda ans, avait assisté aux luttes les plus formidables que la France ait eues soutenir, les 250 blessés que lui fournit la bataille des trois jours! Ils i pouvaient lui servir qu’à raviver ses souvenirs et à lui donner l’occasion i reprendre des pratiques le plus souvent personnelles interrompues p 15 ans de trêve. Pour qui a lu avec l’attention qu’ils méritent les Mémoir et les Cliniques de D. Larrey, sa Relation des événements- de 1830, coi plétée par H. Larrey, ne peut présenter grand intérêt.

Ses opinions sur le débridement des plaies, les pansements rares, 1 saignées générales et locales par les ventouses, les avantages de l’appar inamovible, du cautère actuel dans les complications inflammatoires, de gravité des fractures des os longs, l’utilité de l’amputation primitive, de suture dans les plaies de la face, de l’occlusion dans les plaies de pc trine, etc. etc. 1 2, y sont rappelés à la suite de la relation succincte quelques observations de blessures de chaque région.

Tandis que les blessés civils avaient tous été frappés, par des proj tiles réguliers de nos troupes, la rapidité avec laquelle s était organis l’attaque, les difficultés qu’elle avait rencontrées forcèrent les citoyens

1. Relation chirurgicale des événements de 1830 à l'hôpital du Gros-Caillou, par Ilj polyte Larrey, chirurgien sous-aide major. Extrait du Recueil de Mémoires de médeci\ de chirurgie et de pharmacie militaires, t. XXX et tirage à part. 2 éditions. La demi est précédée d’un Rapport de Dupuytren à l’Institut. Paris, 1831.

2. Nous croyons devoir ajouter ici cpie nous avons trouvé pour la première fois, indu! (j aQs cette Relation, l’emploi d’un grand coussin triangulaire bien rembourre, allant l’aisselle à l’avant-bras et appliqué contre la poitrine, pour la contention des fractures l’humérus par coups de feu. L’idée première en revient donc à Larrey et non à Stromel

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