Plaies d'armes à feu, etc., in-8, 377 pages. Paris
2. « Nous ne possédons, disait Jobert dans sa préface, aucun traite complet des plaies ,, armes à feu. On trouve bien çà et là des observations isolées et des aperçus tant soit peu
îi ufs. Ici des principes généraux développés et appuyés sur des faits; d’un autre côté, des oupes complets d’altérations produites par les projectiles, quoique assez bien étudiées, oique ordinairement sans méthode, etc., mais nulle part on n’a rencontré même une ir # nérale où ces lésions soient présentées dans un ordre philosophique; nulle part
ne trouve un tout qui comprenne avec détails ou résume convenablement des matériaux cette branche importante de la chirurgie.
‘ La chirurgie militaire elle-même ne s'est avancée dans le progrès que d’un pas lent, I tl, assuré, et sous ce rapport encore, elle fait exception à la marche ordinaire des sciences idieales. Elle n’a eu, en effet, aucun de ccs élans magiques qui ont signalé tour à tour /ancement de la plupart des branches de la médecine (préface, pp. vii et vm). » Pour ouyer son dire, dans un exposé historique écourté et emprunté d’ailleurs à Sprengel, il cite comme auteurs que Brünswick, de Vigo, Alphonse Serride Sacnza (Ferri), Paré, l-S&b Cancano Léone (!), Fallope, Wurtz, Guillemeau, Thanchin (!), après eux Percy P* Jlassot, et pour terminer Guthrie, Larrey, S. Cooper, Richerand, Boyer.
• Qu’opposer, lui répondait Bégin dans son analyse, modèle de lière et de judicieuse tique, qu’opposer à des hommes qui prennent leur ignorance des faits pour l’absence Observations et de travaux, à des écrivains habiles d’ailleurs sur d’autres parties de •t, mais qui, parce qu’ils n'ont pu étudier les traditions, les doctrines, les principes de la -rurgie militaire, jugent que jusqu’à eux et pendant des siècles de guerres, elle a erré hasard, sans règle générale de conduite, ni procédés fondés sur une expérience raisonnée Philosophique? 11 est remarquable que ces prétentions se retrouvent dans un grand nomd’écrits et qu'il n’est pas jusqu’aux plus jeunes élèves (Bégin faisait allusion à Arnal) n'aient voulu dernièrement apporter leur part de prétendues améliorations à cette rurgie des années dont ils entrevoyaient pour la première fois quelques-unes des ri3 peu lté 3 les plus ordinaires... A peine quelques douzaines d’hommes atteints do coups balle ont-ils été reçus et traités dans divers hôpitaux que tout à coup pleuvaient sur le die une foule de comptes-rendus, de leçons cliniques, de notices et même de traités plaies d armes à feu, le tout hérissé de calculs savamment combinés afin de faire nr certains succès et de diminuer l’importance do ceux d’autrui. » ( Journal universel de lecinc et de chirurgie pratique, t. X, 1833, p. 10.)
UELORME.
didactiques, dont les cadres rigides sont remplis par des descriptions complètes, et où les règles de pratique, longuement discutées, ne sont établies que d’après le contrôle sérieux de l’expérience antérieure ou une expérience personnelle solide. Jobert avait écrit son livre trop à la hâte, il avait fait, dès le début, trop bon marché de cette fructueuse érudition1, qui aurait pu venir en aide à une observation personnelle insuffisante, pour produire œuvre de fond. Ce livre ne pouvait non plus prendre place parmi ces bonnes Relations de campagnes ou d’épisodes de guerre aux observations consciencieusement rédigées, toujours authentiques2, suivies de remarques judicieuses qui en font saisir au lecteur les particularités et les enseignements. La plupart des nombreux faits cités par Jobert étaient banals, d’une description insuffisante, souvent sans indication des phénomènes présentés par le blessé au début de la blessure, des | accidents traversés et des modes de traitement mis en usage. C’est ainsi que ses observations de blessures des membres sont souvent libellées delà sorte : C... reçut un coup de feu à tel endroit; la guérison laissa de la douleur et de la difficulté des mouvements. Quel enseignement pouvaient comporter des narrations aussi succinctes !
L’arrêt que Bégin a prononcé sur ce livre est toujours juste : « Ce qu'il y a de bon, était connu auparavant; ce qui est nouveau, est loin d’être irréprochable; enfin, il n’est pas même complet sur ce qu’on sait généralement.»
Il ne faudrait pourtant pas que les prétentions de Jobert ni les nombreux et graves désidérata de son livre nous fassent oublier que celui-ci contient des chapitres qui méritent d’être rappelés, quelques remarques et quelques aperçus de détails dignes d’intérêt, que nous ne devons pas laisser passer sous silence.
Et d’abord l’ordre que suit Jobert doit être cité, bien qu’il n’ait pas été le premier à l'adopter : il étudie d’abord les blessures de chaque tissu, avant de passer en revue celles de chaque région.
Son chapitre sur les phénomènes des plaies par armes à feu , lui fournit quelques propositions que nous devons relever bien qu’elles soient contestables telles :
« Le diamètre des plaies canaliculaires produites par les corps ronds est eu raison,; inverse de la vitesse qui anime ces corps, et la plaie de sortie est d’autant plusD grande relativement à celle d’entrée que le canal qui les sépare est plus étendu; lest dimensions plus exiguës de l’orifice de sortie sont toujours liées à ce qu’un frag-ij ment du projectile est seul sorti... la forme de la plaie ou des plaies si la balle ail traversé le membre, est toujours subordonnée à celle du projectile lui-même. »
La thérapeutique générale des plaies à laquelle s’adressait Jobert, net différait pas de celle de ses contemporains : débridement primitif, antiphlogistiques préventifs ou curatifs de l’inflammation (sangsues, émollients,! séton, topiques simples, etc.). Son traitement des complications (hémor-j
rhagies, suppurations étendues, gangrène, tétanos, etc.) n’offrait non plusj
1. Pour ne prendre qu’un exemple : pour lui, c’est Percy qui a le premier insisté par- j ticulièrement sur l’utilité du débridement de nos plaies (p. 38).
2. Cette accusation n’est pas gratuite, comme l’iDdique cet exemple choisi parmi beaucoup d’autres : « Assez souvent, à l’ouverture cadavérique, j’ai eu occasion de voir les ^ veines caves traversées tantôt la supérieure, tantôt l’inférieure; la veine porte même aussi offre des lésions de ce genre. » O. c., p. 108.