‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 191 sur 460 · I. O. c., pp. 244, 2 2o · texte numérisé non relu

I. O. c., pp. 244, 2 2o

Comme l’empyème à la partie la plus déclive de la paroi expose à la blessure du diaphragme et à l’ouverture de la cavité abdominale, Baudens se sert volontiers, comme guide, d’une sonde à dard qu’il introduit par la plaie dans la cavité thoracique et qu’il fait ensuite ressortir au point voulu.

Frappé de la mortalité considérable qui atteignait les blessés plus ou moins longtemps après l’empyème, il l’attribue au contact incessant de l’air sur les plèvres, et à la persistance ou plutôt au renouvellement de l’épanchement. Arrêtons-nous un instant sur la pratique que ces idées lui inspirent, à Y occlusion de la plaie combinée à l’aspiration. 11 fixait dans la poitrine à l’aide d’emplâtres agglutinatifs et d’un bandage solide, une grosse sonde de gomme élastique ouverte h ses deux bouts, en ayant soin que son extrémité interne n’y pénétrât pas profondément. Cela fait, il aspirait complètement le liquide avec une poire de caoutchouc ou mieux avec une pompe aspirante et foulante 1 jusqu’à ce que la quantité de pus extraite fût à peu près nulle. Alors il réunissait la plaie par première intention C’était une pratique nouvelle en chirurgie d’armée, mais, bien que Baudens semble l’ignorer, l’idée mère et même le procédé ne lui appartenait pas en propre. En 1831, Bouvier, au nom de Gabriel Pelletan, avait présenté à l’Académie de Médecine un trocart pneumatique muni d’une pompe aspirante et foulante destinée à évacuer les liquides des épanchements pleuraux sans permettre à l’air d’y pénétrer. Cet instrument était accompagné d’un Mémoire sur les inconvénients de la présence de l'air dans les foyers et sur les moyens d’y remédier1 2 3.

Nous ne nous arrêterons pas aux idées de Baudens sur la rareté de l’emphysème dans les plaies de poitrine, sur le traitement qui lui est applicable, ni aux curieux exemples de blessures de l'oesophage et du poumon qu’il rapporte. Nous arrivons à sa remarquable étude des plaies abdominales.

Dans le traitement de ces plaies, l’abstention était la règle même pour des chirurgiens qui, comme Jobert, savaient combien peu, en pareils cas, il fallait compter sur les ressources delà nature et qui s’étaient arrêtés à la détermination de modes d'intervention fort actifs. Baudens se montre ici très hardi et sa hardiesse semble lui réussir. Il est juste cependant de remarquer que sur plusieurs points il ne fait déjà plus que suivre les traces de Dufouart. Et d’abord il recherche les corps étrangers dans tous les viscères parenchymateux, ceux qui sont tombés dans la cavité et ceux qui se sont arrêtés dans les parois. Il extrait une balle logée dans le psoas; il va détacher du corps de la cinquième vertèbre lombaire, en suivant le procédé de ligature de l’iliaque externe, une balle qui y était fixée, enfin il enlève de la cavité abdominale deux tire-balles qu'un projectile y avait chassés en traversant la poche du gilet qui les contenait.

Dans les perforations de l’estomac et de l’intestin, il veut, à l'exemple de

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