I . O. c., pp. 318 ot
m LA CHIRURGIE MIL. DE LA RESTAUR. AU SEC. EMPIRE.
notre art, et c’ost un litre pour Baudens d’avoir été le précurseur de nos tendances actuelles.
Les auteurs qui l’avaient précédé avaient proposé de rechercher les balles et les esquilles tombées dans la vessie par la taille périnéale. Baudens, qui avait fourni è la taille sus-pubienne un procédé opératoire, devait être entraîné à montrer des préférences pour l’opération qu’il avait perfectionnée. 11 enleva par la cystotomie hypogastrique, en moins de deux minutes, une balle et une esquille qui détachée du bord supérieur de l’arcade pubienne était libre dans la vessie.
La thérapeutique des traumatismes du pénis doit encore à Baudens quelques procédés particuliers et ingénieux. Sur un blessé dont un des corps caverneux avait été entamé par une balle et dont la verge, pendant l’érection, présentait une déviation latérale rendant le coït très difficile et très douloureux, il imagina de corriger le défaut de symétrie et d’élongation des corps caverneux en opérant sur celui qui" était sain une lésion analogue à celle qu’avait éprouvée celui du côté opposé. « Je déterminai, dit-il, à l’aide d’un bistouri deux incisions profondes au fond desquelles fut mise une mèche de charpie, afin de faire suppurer les plaies et d’obtenir deux cicatrices déprimées et adhérentes, et en effet la partie sur laquelle j’avais opéré fut privée d’une portion de son élasticité, si bien que la courbe que décrivait le pénis pendant l’érection fut presque complètement effacée '. »
Chez un autre blessé, une balle avait séparé le pénis presque en entier à deux pouces du gland ; les corps caverneux et l’urètre totalement divisés n’étaient plus retenus que par quelques portions des téguments ; l’urètre était rétracté de 4 lignes en arrière des corps caverneux sectionnés et ne pouvait être ramené à leur niveau. Baudens excisa, en conservant la peau qui les recouvrait, 4 lignes des deux corps caverneux, disséqua le canal de l’urètre dans une faible étendue, introduisit une sonde dans le canal, sutura les lèvres de la plaie et guérit son blessé. « J’ai revu, dit-il, ce militaire au bout d’un an; il m’a assuré que sa verge avait, il est vrai, perdu de sa longueur, mais qu’elle était encore susceptible d’érection; ce fait physiologique est d’autant plus curieux qu’il est opposé à ceux qui sont rapportés parles auteurs1 2 3 4. » Personne, à notre connaissance, n’avait tenté avant Baudens, et n’a répété après lui, cette opération aussi hardie qu’ingénieuse.
Baudens a fixé, dans sa Clinique , les résultats de l’expérience qu il avait acquise en Afrique, et y a consigné ses observations les plus intéressantes.
Nous ne nous arrêterons pas à sa Relation de V expédition de Constantine La partie épisodique de ce fait d’armes, les dispositifs sanitaires assurés par les chirurgiens qui y ont pris part, et les résultats chirurgicaux qu’ils ont obtenus vont être repris dans un instant.
Sa Relation historique de V expédition de Tagdempt* ne mérite qu une
3. Relation de l’expédition de Constantine (2c expédition, 1837). Paris, 1838, 79 pages.
4. Relation historique de l’expédition de Tagdempt (Paris, 1841, in-8).
in-8,