‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 204 sur 460 · Huguier, o. c., séance du 26 septembre · texte numérisé non relu

Huguier, o. c., séance du 26 septembre

ÉÉÉÉÉAHM

i tante. C’est celle qui renferme le plus d’aperçus et ch1 faits personnels.

' Huguier n’y relate pas seulement les observations que lui ont fournies les : blessés de Juin ; il y rend compte également d’expériences semblables à | celles que Dupuytren avait fait faire en 1830, mais plus complètes et d’une l plus grande portée pratique.

Huguier étudie les changements de forme que peuvent éprouver les i projectiles, l’action des balles sur les corps de différente nature et de varia- ( file résistance qu’elles peuvent rencontrer sur leur passage, et les déformaï lions qu’elles éprouvent à leur contact; il passe en revue les effets physiques des balles sur les substances végétales et inorganiques de faible consistance et les compare aux effets produits sur le corps. Il s’arrête ensuite b aux dimensions relatives des orifices d’entrée et de sortie, et décrit avec une | .grande précision, les caractères de ces orifices, l’action des projectiles sur 1 chacun de nos tissus, peau, muscles, os, vaisseaux, nerfs, organes paren- I rchymateux. Il termine en résumant les résultats de sa pratique et ses idées sur les divers modes de traitement préconisés.

Jobert (de Lamballe)1. Quiconque a lu le Traité des plaies d'armes à feu le cet auteur est frappé de la similitude des procédés d’étude utilisés dans ce Traité et dans la communication académique que nous analysons. Il y retrouve la même suffisance, la même ignorance des écrits antérieurs, le même laconisme dans les observations, la même tendance aux aphorismes, le même esprit qui passe d’un sujet à l’autre sans s’y arrêter, le n’est pas ici le lieu d’insister sur les raisons bien connues de ces travers i )l nous devons nous contenter d’extraire les données contenues dans ce discours académique, nous arrêtant à celles qui étaient heureuses.

Jobert est un adversaire du débridement, de l’extraction immédiate des corps étrangers. Il pense que quand on ne débride pas le trajet d’une balle qui n’a intéressé que les parties molles, ce trajet a la plus grande tendance u se réunir par première intention. Il se montre partisan de la conservation, même dans les fractures du genou et de la cuisse, et recommande de ce pas extraire les esquilles. Avec plusieurs de ses collègues, il s’arrête ncore aux dimensions respectives des orifices d’entrée et de sortie.

Rocnoux2. La courte note que Rochoux est venu apporter à la tribune i cadémique est la critique des communications de la plupart des collègues qui avaient pris la parole avant lui. Il cherche à démontrer, rappelant des écrits : e nos anciens auteurs que beaucoup sans doute ignoraient, qu’ils n’ont pas ait avancer d’un pas une étude dont toutes les données étaient bien connues vant eux. « Ainsi, vous le voyez, messieurs, dit-il, le traitement des plaies >ar armes à feu repose sur des données vraiment incontestables, et si jamais •n le perfectionne, ce sera en suivant des règles bien établies, et non en eur en substituant d’autres. En résumé, cette, discussion prouve que là où n aurait voulu présenter la science comme peu avancée, elle est faite ou à peu rès arrêtée. C’est, on peut le dire, le pendant de la retentissante discusion sur l’influence du gonflement de la rate dans les fièvres intermittentes,

1. Jobert (de Lamballe), o. c ., séance du 26 septembre 1848.

2. Rochoux, o. c., séance du 10 octobre 1848. Avant la communication de Rochoux, ous devions placer celle de Bégin ; nous la reportons à la fin, pour nous permettre de arler des œuvres et du caractère de cet éminent chirurgien sans détourner l’attention du ?cteur de la discussion académique dont nous poursuivons l’analyse.

aboutissant à démontrer que tout ce qu’il y a de vraiment important sur ce point de pathologie se trouve dans Hippocrate. » Le reproche s’adressait directement à Jobcrt, à Velpeau et à Blandin, et il était mérité.

Baudens'. Les idées que Baudens a émises dans le mémoire que l’Académie l’avait engagé il lui communiquer et qu’il lut dans la séance du 8 août, nous étant déjà connues, ne nous arrêteront pas longuement. L’éminent chirurgien envisage cinq questions :

1° Celle du débridemenl des plaies d’armes à feu. Nous savons déjà que Baudens était un des chauds partisans de son rejet systématique;

2° Celle de l 'extraction de toutes les esquilles dans les foyers de fracture, qu’il résout par l’affirmative;

3° Celle de l 'emploi des réfrigérants et de la glace , moyens indispensables, à son sens, pour modérer la réaction inflammatoire des plus violentes qui suit presque toujours les plaies par armes à feu;

-f° Celle des indications de V amputation et de la : résection. Il adopte sans réserve la résection pour les fractures par coup de feu des membres supérieurs. Pour les fractures du membre inférieur dans la continuité, il n’admet la résection que pour les diaphyses tibiale et péronière. Dans les fractures articulaires, toujours du même membre, il n’accepte l’excision que pour celles de la tête du fémur. Dans les autres cas, c’est à l’amputation qu’il conseille de s’adresser.

5° Enfin, après avoir effleuré la question des amputations primitives et consécutives , en se déclarant partisan des premières, il fournit la statistique des blessés qu’il traita au Val-de-Grâce après les événements de 1848.

Devergie 2 choisit parmi les questions soulevées au sein de l’Académie, à l’occasion des plaies d’armes à feu, celle des dimensions respectives des orifices d’entrée et de sortie.

Deux cents personnes frappées mortellement par des balles avaient été déposées à la Morgue après les journées de Juin. Devergie étudia minutieusement, en médecin légiste, sur ce nombre considérable de sujets, les désordres produits par les balles sur tous les tissus et en particulier sur la peau. Il décrit avec beaucoup de précision les caractères des orifices d’entrée et de sortie et les conditions qui influencent leurs dimensions. Il relate ensuite quelques expériences personnelles. Nous ne pouvons le suivre ici dans son intéressante communication sur laquelle nous aurons lieu de revenir et nous nous contenterons de citer sa conclusion : « C’est à la distance à laquelle la balle a été tirée, qu’il faut attribuer la largeur relative des ouvertures d’entrée et de sortie. »

Avec Bégin va se terminer la liste des membres de l’Académie qui ont pris part à la discussion de 1848, sur les plaies d’armes à feu.

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