BAUDENS, ROUX, M ALGA1GNE, AMUSSAT
R L A N D I N, P I O R R Y, V E L P E A U, HU G UT E R, J O R ERT (de Uamballe),
RÉGIN, ROGHOUX, DEVERGIE
Baudens, alors chirurgien en chef de l’hôpital du Val-de-Grâce, avait V. demandé à l’Académie de Médecine, dans sa séance du 24 juillet 1848, de profiter de l’expérience fournie aux chirurgiens des grands hôpitaux de
1. Petit Manuel du chirurgien de bataille, ou Conseils donnes sur les blessures les plus fréquemment observées chez les militaires pendant la guerre, adressé aux chirurgiens-élève' des hôpitaux militaires d’instruction de France, par F. Fristo, ancien chirurgien de l’armée d’Italie et de la Grande Armée. Metz et Paris, Baillière, 1848, in-8°, 2i>2 pages.
paris parles blessés des événements de Juin, pour reprendre l’examen de plusieurs grandes questions controversées de chirurgie d’armée. 11 lui avait uroposé dç conlier à une commission choisie dans son sein et déléguée oar elle le soin d’examiner tous les blessés pour arriver à la solution , -igoureusement scientifique des préceptes thérapeutiques litigieux. La Disposition de Baudens ne fut pas acceptée, mais son appel fut entendu.
plupart des chirurgiens des grands hôpitaux de Paris qui avaient donné les soins aux blessés des journées de Juin, crurent devoir faire part à 'Académie de leurs observations et de leurs remarques. Nous allons nous •rrèler, un court instant, à leurs communications.
Roux1 commença. Sa communication est une des plus intéressantes, ■t elle porte sur un grand nombre de points.
Il résume d’abord d’une façon générale la marche, les complications es blessures observées dans son service, les modes d’intervention utilisés, .nuis il discute la question du débridement soulevée par Baudens, débridèrent dont il se montre peu partisan; il s’arrête ensuite à Y extraction des orps étrangers et aux hémorrhagies. Il conseille dans les hémorrhagies rimitives des gros vaisseaux, la ligature des deux bouts, et dans les émorrhagies consécutives la ligature à distance. Il se montre très réservé ans l’emploi des irrigations continues et des applications réfrigérantes auxuelles Baudens avait demandé à l'Académie de s'intéresser. Par contre, j> extraction de toutes les esquilles dans les fractures diaphysaires trouve n lui un défenseur. Roux, si partisan des résections articulaires dans les ■as pathologiques, les rejette pour les traumatismes de guerre, et leur réfère l’amputation. Il consacre quelques développements à l’étude de ?3tte dernière et règle d’une façon magistrale les conditions d’une bonne i.atistique des opérations. Cette partie de la communication de Roux n’est < as la moins importante.
Malgaigne2 s’arrête surtout à la question de la conservation dans les ; ■ actures du corps du fémur par coups de feu. Il discute avec la rigueur habinelle de sa dialectique les arguments fournis par les partisans de l’ampui tion dans ces fractures et se prononce en faveur de la conservation. Élargissant ensuite son sujet, il envisage les avantages de la conservation dans Kl' s traumatismes des autres segments des membres, et arrive à cette ■inclusion qu’en « cherchant à conserver les membres, on ne s’expose pas des chances de mort plus considérables qu’en les amputant ». 11 ne 1 ;clame l’urgence de l’amputation que dans les lésions des articles fémorou bial et coxo-fémoral. « Là, dit-il, l’amputation est do rigueur, il n’y a iliisde conteste sur ce point. » La statistique de ses succès obtenus sur les H essés de Juin dans les fractures traitées par la conservation n’était il -»urtant pas brillante: o fractures de la cuisse traitées par la conservation 1 3 lui avaient donné que 2 succès; 6 de la jambe, 2 guérisons, 2 du tibia, ■ * guérisons et 3 de l’humérus, 1 guérison.
Il résume ensuite les règles de sa pratique, combat les débridements, T arrête aux appareils immobilisants et considère l’appareil de Scultet utipé pour les fractures compliquées comme « le fléau de la chirurgie ». Il
J* Roux, Bulletins de 1’ Académie de médecine , séances des lor, 17 et 22 août 1848. 2. Maugaione, o. c.f séance du 8 août 1848.
LA CHIRURGIE MIL. DE LA RESTAUIl. AU SEC. EMPIRE.
insiste enfin sur l’heureuse influence qu’un régime substantiel a sur la marche des blessures, rappelant à ce propos l’expérience concluante des blessés de 1814.
Amussat'. L’éminent chirurgien avait consacré déjà deux mémoires à l’étude des hémorrhagies traumatiques - . Il revient encore, dans sa communication, sur ce sujet favori. Nous aurions mauvaise grâce de nous en plaindre, car il l’éclaire d’idées et de recherches originales dont l’exposé rend attachante la lecture de son discours académique. 11 précise les caractères des caillots, leur rôle, il insiste sur l’utilité de la compression digitale dans les hémorrhagies des gros vaisseaux, et émet sur les dispositifs à prendre pour assurer l’hémostase en campagne, des opinions que d’autres reprendront. Il termine par la relation de quelques cas de lésions de gros vaisseaux artériels observés par lui en 1848.
Blandin1 2 3 s’occupe des dimensions relatives des orifices d’entrée et de sortie des halles, et soutient que l’orifice d’entrée est plus grand que l’orifice de sortie. Il aborde ensuite la question des hémorrhagies et, à propos des hémorrhagies secondaires, il émet l’opinion contestable quelles sont constantes quand un gros vaisseau a été intéressé, mais qu’elles s’arrêtent le plus souvent d’elles-mêmes. Il passe sur le débridement qu’il réserve, comme la plupart des chirurgiens d’alors, aux plaies intéressant les régions pourvues de larges et épaisses aponévroses. Enfin il effleure la question des topiques à utiliser dans le traitement des plaies d’armes à feu et celle de l’alimentation des blessés.
Piorry 4 se contente de poser et de discuter brièvement ce qu’il croit être les principes du traitement des plaies d’armes à feu.
Velpeau 5 6 avait reçu 1 82 blessés de toutes catégories à la Charité. Il s’appuie sursa statistique personnelle pour conseiller la conservation dans les fractures par coup de feu : sur 26 fracturés traités par cette méthode, il n’en avait perdu que 4. Il atténue, dans sa communication, la portée qu’on attribue aux influences morales sur la marche des blessures; il discute la question si souvent rabattue des dimensions des orifices d’entrée et de sortie et celle qui semblait à jamais oubliée, de la brûlure et de l’intoxication de nos plaies. Abordant ensuite l’étude de la thérapeutique des plaies d’armes à feu, Velpeau condamne les réfrigérants comme nuisibles à l’inflammation adhésive des plaies; il en fait de même pour les émissions sanguines, les régimes débilitants, enfin il s’arrête à la grande question de l’amputation. On s’étonne de le voir admettre que l’amputation médiate est un peu moins compromettante pourlavieque l’amputation immédiate. L’une des raisons qui lui font préférer la conservation à l’amputation dans le traitement des fractures par coup de feu, c’est que l’infection purulente lui a paru plus fréquente chez les amputés que chez les blessés traités parla conservation.
Huguier®. De toutes les communications faites en 1848, à l'Académie de Médecine, sur les plaies d’armes à feu, celle d’Huguier est la plus impor-