Bégin, o. c ., séance du 26 septembre
ces assertions diverses dont quelques-unes, à son sens, pouvaient avoir, dans la pratique, des conséquences fâcheuses, Bégin crut do son devoir de | signaler ces dernières et d’appuyer sur les préceptes dont la valeur lui semblait indiscutable. Dans son discours, il insiste sur le débndemcnt qu’il 1 préconise, \' extraction des corps étrangers, qu'il veut immédiate, la simplification des foyers de fracture par l’ablation cîe presque toutes les esquilles; il s’arrête aux avantages du pansement rare , de l 'eau employée comme topï- [ que, de la ligature à distance dans le traitement des hémorrhagies .des gros l vaisseaux; il juge les amputations primitives supérieures aux amputations retardées, et préfère l’amputation à la conservation dans le traitement des fractures par armes à feu1. En somme, Bégin n’avançait aucune idée nouvelle; il ne faisait que reproduire les préceptes établis par ses maîtres, il i était tout le premier à le reconnaître, mais sa communication n’en constii; tuait pas moins un résumé brillant de ces traditions et de ses tendances ij personnelles.
Ce discours académique nous fournit l’occasion de nous arrêter à cet illustre chirurgien qui fut une de nos gloires et qui figure aussi parmi les I célébrités chirurgicales de son époque.
Sous-aide en 1812, Bégin 2 avait fait ses premiers pas dans la carrière en accompagnant les ambulances de la Garde impériale de 1812 à 1815, sur les champs de bataille de la Russie, de l’Allemagne, de la France et de la Belgique. Licencié en 1815 par une mesure générale dont nous avons déjà parlé, il partage les misères de ses compagnons d’armes; mais, au bout de deux ans, il est rappelé et reprend, tout jeune encore, la carrière qu’il devait si brillamment parcourir et qui l’a conduit au plus haut degré de la hiérarchie dans un corps qui n’en est plus à compter ses illustrai tions3. Pendant une longue période qui s’étend de 1815 à 1826, Bégin, en acquérant péniblement ses premiers grades, se prépare au grand rôle i qu’il va remplir comme écrivain, comme chirurgien, comme professeur et comme chef de la chirurgie militaire.
Des leçons particulières et des publications nombreuses avaient mis en relief ses remarquables qualités d’écrivain et de vulgarisateur quand Du-
1. Velpeau disait : «Plus je vieillis, moins j’ampute. » Bégin, au contraire, disait : «Au début de ma pratique, j’amputais moins que je ne le faisais vei'S la fin de l’exercice de mes fonctions de chirurgien en chef des grands établissements. »
2. Bégin (Louis-Jacques), né à Liège le 2 novembre 1792, mort à Gorriquer, près Locronan (Finistère), le 13 avril 1859. Voyez: l'Éloge historique cle L.-J. Bégin lu à la Société de chirurgie dans la séance du 9 janvier 1861, par Legouest, secrétaire annuel de cette Société (Paris, 18611; la. Notice biographique sur L.-J. Bégin, ancien inspecteur et président du conseil de santé des armées, par M. Grkllois, secrétaire du conseil de santé, in Journal de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires, 3e série, t. I; enfin l’article que lui a consacré J. Rochard, dans son Histoire de la chirurgie française au XIXe siècle, p. 302.
Parmi ses œuvres, nous avons déjà cité celles qui ont été insérées dans le Journal de médecine, de chirurgie cl de pharmacie militaires. Signalons ses Éléments de pathologie chirurgicale et de médecine opératoire. (Paris, 1821), scs écrits sur la médecine physiologique, son mémoire sur Y œsophagotomie, sur Y ouverture, des collections purulentes et autres développées dans l'abdomen, ses Eludes sur le service de santé militaire en France , son passé, son présent et son avenir (Paris, 1849, 2° édition, 1860). La deuxième édition de ce dernier ouvrage est augmentée d’une notice biographique et d’un sommaire des principales dispositions relatives à la constitution du corps de santé survenues depuis la publication du livre de Bégin, jusqu’à la fin do mars 1860. Nous n’avons pu trouver son Nou- 1 venu Manuel du chirurgien d’armée dont il annonçait la publication en 1859.