‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 207 sur 460 · J. Rochard, g. c., p · texte numérisé non relu

J. Rochard, g. c., p

puytren, ce maître qui les dominait tous, fait de Bégin son collaborateur et son ami. Bégin reprend avec lui et avecSanson la médecine opératoire de Sabatier, donne, en nombre, des articles de fond aux publications périodiques les plus sérieuses, aux dictionnaires et au Journal do Médecine cl de chirurgie militaires où il avait pris la succession de Fournier-Pescay, son beau-père.

Dès 1825 commence la période la plus brillante de sa carrière. Démonstrateur au Val-de-Grâce de 1826 à 1833, professeur de clinique chirurgicale à l’hôpital militaire d’instruction de Strasbourg de 1833 à 1840, professeur de clinique chirurgicale et de médecine opératoire à la Faculté de Strasbourg (1835-1840), professeur de clinique chirurgicale au Val-de- Grâce (1840-1842), il est nommé membre de l’Académie de médecine dès sa fondation. Après être resté treize ans aide-major jusqu'en 1832, il atteint en dix ans le grade d’inspecteur, et remplace Larrey au Conseil de santé dont il devint président en 1850.

Nous devons apprécier Bégin comme praticien, comme écrivain, comme professeur, comme chirurgien d’armée.

Il était, dans l’acte opératoire, hardi, habile, entreprenant, précis, même dans les interventions non réglées à l’avance. Une difficulté pratique n’arrêtait jamais son esprit fertile en expédients. Certains procédés, aujourd’hui classiques, portent le cachet de son originalité. Nous devons reconnaître cependant qu’il n’a pas attaché son nom aux grands progrès de la chirurgie contemporaine. Comme clinicien, il possédait un grand tact, l’érudition qui l’éclaire, et la sûreté du coup d’œil.

Comme écrivain, aussi bien chez nous que dans les rangs de la chirurgie civile, nul ne l’a dépassé, nous pourrions même dire ne l'a égalé par le nombre considérable et l’importance de ses écrits. Il n’est pas de branche de l’art de guérir qu'il n’ait abordée. La médecine, la chirurgie militaire, la chirurgie journalière, l’hygiène, la physiologie, l’administration, ont tour à tour alimenté sa plume élégante et facile, et pendant trente ans lui ont permis d’exercer son incroyable fécondité. Ses écrits portent certains caractères personnels qui en font le mérite. Le style de Bégin, tout en étant brillant et limpide, est ferme et sobre ; les cadres de ses travaux sont serrés et bien remplis, ses arguments présentés avec chaleur et conviction, ses préceptes toujours judicieux et pratiques.

Il reportait dans son enseignement ces qualités d’écrivain. Son élocution était simple, facile, rapide, correcte, parfois brillante. Tantôt calme et digne, tantôt véhément et enthousiaste, il savait captiver l’attention. Plus tard, à l’Académie de médecine, ces qualités lui valurent les mêmes succès que ceux qu’il avait obtenus dans d’autres enceintes.

Dans toutes les situations qu’occupa Bégin, même dans celles qui pouvaient le plus le distraire de ses devoirs de chirurgien militaire, il resta attaché à la noble carrière qu’il avait embrassée par vocation. Il ne cessa d’élever bien haut le prestige de notre corps dans la science et dans l'armée. Il fut, jusqu’à la fin de sa carrière, un des plus ardents à pénétrer les besoins de la médecine militaire, à en plaider la cause et à en défendre l'indépendance.C’est là un des côtés de son caractère qu’il ne nous est pas permis d’oublier. En 1 849, lors des tentatives que le corps de santé militaire lit pour obtenir son autonomie, Bégin ne cessa de lui prêter l’appui de son autorité,

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