‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 209 sur 460 · PRISE DE ROME · texte numérisé non relu

PRISE DE ROME

En 18i9, une armée française, sous le commandement du général i Judinot, fut envoyée par le Président de la République, Louis-Napoléon loriaparte, pour mettre le siège devant Rome, d’où le pape venait d’être chassé par les républicains italiens. Nos historiens s’accordent à reconîaître que le siège de cette ville fut fait avec les plus grands ménagements. On chercha d’abord à y pénétrer par la porte Gavalligieri. Devant l’insuccès le cette tentative, on s’empara des alentours de la place, et après vingt-sept ours de tranchée qui fournissaient une moyenne journalière de dix blessés, >n tenta un premier assaut le 21 juin. Nos troupes furent repoussées après

1. Rapport sur le service île la seconde division de chirurgie au Val-de-Grdce, à ta mitr des événements de juin 1848, par M. Lustreman, médecin principal, professeur de nédecine opératoire à l’école d’application de la médecine militaire, in Recueil de mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires , t. X, 2° série, p. 134.

avoir perdu une centaine d’hommes. Un deuxième assaut qui nous coûta cent trente hommes, nous rendit maîtres de la ville le 30 juin.

Lacauchie1 et le baron Pasquier2 étaient les principaux chefs des services chirurgicaux de l’armée; ce lurent eux qui organisèrent, non sans dangers les premiers secours. Après la prise de la ville, ils évacuèrent, par ordre' leurs blessés sur scs hôpitaux. Ces chirurgiens ne nous ont laissé aucun souvenir de leur action durant ce siège, et, c’est dans deux leLtres de YHhtoire mrcli co-ch iriirg ica le <lc l’expédition fran çaise dans les États romains, par, Jacquot, histoire plutôt médicale que chirurgicale, qu’il nous a fallu chercher quelques données sur leur intervention, sur les dispositions qu’ils prirent pour organiser le fonctionnement do leurs ambulances, sur les difficultés qu’ils rencontrèrent et quelques renseignements sur les cas observés. Comme on pouvait s’y attendre, la plupart des lésions étaient produites par de gros projectiles ou leurs éclats. Quelques opérations graves, entre autres des désarticulations coxo-fémorales, furent pratiquées, et nos chirurgiens montrèrent une appréhension, inexplicable aujourd’hui, à se servir du chloroforme.

journaux non offficiels de médecine et de chirurgie militaires

L'Épiclaure. — L’Écho du Val-de-Grâce. — Revue scientifique et administrative des armées.

Le caractère officiel du Recueil de mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires s’oppose à la publication de certains écrits relatifs à l’étude critique de l’organisation et du fonctionnement du service de santé. Les limites de ce Recueil étaient autrefois un peu étroites pour l’activité scientifique débordante de certains chirurgiens et médecins, militaires. La forme et le caractère même des écrits qu'il comporte, s’accommode peu avec l’esprit plus acéré de collègues portés, par tempérament, vers le journalisme médical actif et désireux cependant d’allier leurs goûts d’écrivains aux sujets de leurs préoccupations quotidiennes. A maintes reprises

1. Lacauchie, auquel Jacquot a consacré une Notice biographique était alors un de nos chirurgiens les plus distingués. Né en 1806, il avait d’abord été sous-professeur à l’école vétérinaire de Lyon, quand trouvant trop bornée fa carrière qu’il avait embrassée, il obtint du ministre de la guerre, en 1831, d’étre attaché comme sous-aide aux ambulances d’Algérie. Lauréat du Val-de-Grâce en 1833, docteur en 1835, il fut nommé, en 1836, professeur de pathologie externe à l’hôpital d’instruction de Metz. Professeur d’anatomie à l’hôpital d’instruction du Val-de-Grâce jusqu’en 1847, Lacauchie était attaché aux hôpitaux militaires de Paris, quand il fut désigné pour remplir les fonctions de chirurgien en Chef de l’armée qui partait pour faire le siège de Rome. De retour à Paris, il fut nommé chirurgien en chef de l’hôpital du Roule. En juillet 1833, faisant une leçon de médecine opératoire sur un sujet atteint d’une affection contagieuse, il contracta cette maladie à laquelle il succomba quelques mois plus tard. Lacauchie a beaucoup écrit, mais peu de ses travaux se rapportent à la chirurgie militaire. Signalons son procédé d’amputation des membres dans la continuité, procédé identique à celui que Baudens et Sédillot ont décrit, et son mode de dissection après des injections forcées d’eau dans les vaisseaux. Lacauchie était professeur agrégé de la Faculté de médecine de Strasbourg.

2. Pasquier (le baron), chirurgien en chef des Invalides, puis médecin inspecteur, était, sous Louis-Philippe, chirurgien du roi. Il s’acquit à Paris une grande notoriété connue spécialiste pour les affections des voies génito-urinaires. Il n’a laissé aucun écrit de chirurgie militaire.

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