LA CHIRURGIE MILITAIRE EN EUROPE DE 1815 A
En Russie , Pirogoff 1 a donné un opuscule sur la guerre du Caucase. Simon 2 et Bisck3, en Allemagne, ont rendu compte des observations que leur ont fournies les blessés des troubles de 1848-1849. Ce sont là les seuls écrits qui méritent d’être rappelés.
L Pirogoff (N.) Souvenir d’un voyage au Caucase contenant la statistique comparative des amputations, des recherches expérimentales sur les blessures d’armes a ej ainsi que l’exposé détaillé des résultats de l’anesthesie sur les champs de batadle, ea Orient, etc. Saint-Pétersbourg, 1849. *
9 Simon (G ) L 'cher Schusswunden mit einem benchte uber die in grossherzogl. 1 ihtdrê larareth zu Darmstadt behandelten verwundeten vom Sommer, 1849. Giessen, 18ol.
3. Beck. Die Schusswunden, nach dm auf dem SMachtfede me m den lazarcllm wâhrend der Jahre 184 S und 1849, gesammelten erfahrungen. Heidelberg, 18o0.
SIX IK. MK I» f:iu ODE
LA LH f H IJ ML I K MILITAIRE KH A. N LA LS K l)K 1 s:iO JL soi; 'A .NOS JOURS
» i u dernière moitié du xix" siècle représente, pour notre chirurgie, une ;ji >de bien tranchée. Tandis qu’aux grandes guerres des premières anîj du siècle avait succédé une longue période d’accalmie à peine troui| par quelques luttes sans grande importance ou par nos discordes u| *s, dès les premières années de la période que nous envisageons, | nence une série de guerres rapprochées et meurtrières qui rappellent |i randes luttes du premier Empire. Les autres nations de l’Europe sont il :rrient en armes. Cette considération serait déjà suffisante pour légil • notre distinction, mais d'autres raisons l’imposent encore. A partir A . guerre de Crimée, on utilise des armes d’une puissance balistique d» ente de celles qui avaient été employées dans les guerres précédentes;
ransformations de l’armement apportent aux traumatismes observés «i îodiflcations profondes dont les chirurgiens français sont les premiers à|i t)lir les caractères et le pronostic. Ce n’est pas tout encore. Pendant igue période relativement calme qui a précédé celle que nous étudj: , l'attention des gouvernements avait été détournée des perfectionnts que réclamaient l’organisation et le fonctionnement du service de M . Les pressantes nécessités de la guerre vont leur rappeler au coride graves desiderata et l’expérience frappante des faits va condarn- *4 ; système artificiel qui depuis si longtemps paralysait les efforts des Si, dès les premières années de cette période, le corps de santé i^e perd l’autonomie que la première République lui avait donnée, ^4 i seconde lui avait rendue et qu’il reprendra de haute lutte sous la “t ;me, par contre, ses cadres s’agrandissent, son recrutement se perrn nne, sa valeur scientifique s’élève et sa cohésion s’accuse. Après avoir q Ré l'inutilité des appels adressés, au moment môme de la guerre, au mel des médecins civils, on sent l’urgence d'assurer nos effectifs en éparant de longue main, et en leur offrant, à leurs débuts, l'accès M Ecole. Les études tronquées dessous-aides sont remplacées par la L| ité régulière et ininterrompue des élèves de l’École du service de **| militaire instituée près de la Faculté de médecine de Strasbourg.
276 LA CHIRURGIE MIL. FRANC. DE 1 S 5 ü JUSQU’A NOS JOURS.
L’instruction de ces élèves est surveillée de près et étendue grâce à la création de nouvelles chaires à cette Faculté et par la coopération d’un personnel jeune et très actif de répétiteurs militaires. Devenu d’hôpital de perfectionnement École d’application, le Val-de-Grâce voit aussi le cadre de ses professeurs s’agrandir. L’activité scientifique de ces derniers tenue en éveil par un personnel de jeunes docteurs nombreux et munis d’une instruction solide a pour résultat de les forcer à affirmer leur autorité scientilique. Les titres d’agrégés de cette École sont plus recherchés; ils sont obtenus par des concours très sérieux auxquels prennent part des répétiteurs déjà rompus à l’enseignement. Ce sont là de réelles garanties pour l’instruction du personnel subalterne du corps. Quand, plus tard, on étudiera cette période, on constatera qu’elle fut une .des plus brillantes de notre chirurgie, et l’on rappellera, non sans orgueil, qu’à la réorganisation des Facultés de médecine de province, c’est dans le corps de santé militaire qu on a puisé un personnel éprouvé, lequel a contribué dans ses nouvelles positions à augmenter encore la haute considération qui s’attachait déjà à lui.
Après ce court aperçu, arrivons à l’étude des guerres de la dernière
moitié de ce siècle.