‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 218 sur 460 · QUERRE I)E CRIMEE · texte numérisé non relu

QUERRE I)E CRIMEE

les caractères des blessures, les conditions qui ont inlluencé leur pronostic, nous arrivons à l’analyse des écrits inspirés par cette campagne et nous terminerons, comme pour toutes les relations do guerre par le résumé des enseignements que celle-ci a apportés à la chirurgie militaire.

A part Scrive, chef du service de santé, et Quesnoy, médecin aide-major attaché à l’ambulance delà lro division, les chirurgiens de Crimée ne nous ont laissé aucun écrit qui puisse nous renseigner sur l’expérience acquise pendant cette rude campagne. On trouverait aisément la raison de ce fait dans l’insuffisance de leur nombre qui ne leur permettait pas de soustraire de courts instants à leurs obligations, dans la disparition de beaucoup d’entre eux et non des moins actifs, dans la fatigue extrême des autres, et aussi dans les conditions défavorables d’observation. Les évacuations enlevaient très rapidement les blessés et, dans les ambulances les plus actives, le personnel chirurgical, changé toutes les vingt-quatre heures, ne pouvait son- .ger à autre chose qu’à s’acquitter de sa tâche matérielle.

Il n’en fut pas de même en Turquie. Dans les services des grands hôpitaux de Constantinople, sans doute surchargés, mais mieux installés et munis d’un personnel médical plus nombreux, puisqu’il atteignit le chiffre de deux cents médecins, il devenait plus facile de suivre les blessés, de s’arrêter aux particularités qu’ils présentaient et de fixer leurs observations. Là aussi se trouvait l’élite de la chirurgie militaire : Lustreman, Mounier, Legouest du Yal-de-Grâce, réunis à d’anciens camarades de l’enseignement ou aux meilleurs chirurgiens de l’armée d’Afrique, Tharsile Valette, 'Salleron, Cambay, Maupin, Marmy, Mery, etc. On y retrouvait aussi Scouttteten, qui succéda à Michel Lévy dans la direction des hôpitaux de Constantinople, et Chenu, qui venait recueillir les premiers matériaux de sa statistique. C’est dans les écrits de ces chirurgiens qu'il nous faut chercher les enseignements de cette campagne.

Les chirurgiens de la marine nous ont laissé dans les écrits de Marb ioin 1 d’ARNAun2 et de Saurel3 les résultats de leurs observations. Ils étaient chargés en partie du service d’évacuation sur mer; ils étaient à la tête de ''ambulance deKamiesch où s’arrêtaient nos blessés avant l’embarquement 3t sur laquelle étaient dirigés les blessés russes, enfin ils possédaient sur la côte turque, quelques hôpitaux pour les blessés de la flotte (Thérapia, île des Princes).

Goffres4 et Villamur, qui dirigeaient les grands hôpitaux d’évacuation de Montpellier et de Marseille, ont gardé un silence regrettable.

Après ces préliminaires, arrivons à l’étude des travaux des chirurgiens ' le Crimée et de Constantinople.

L Marroin, Histoire médicale de la flotte française dans la mer Xoire pendant la guerre

de Crimée. Paris, 1861.

2. Arnaud, Histoire médico-chirurgicale de l’hôpital de Thérapia.

3. Saurel, Mémoire sur les fractures des membres par armes à feu, suivi d’observations ?our servir à l’histoire des blessures par armes de guerre. Montpellier, 18oG.

4. Gofkrbs, médecin principal d'armée, professeur agrégé de la Faculté de Montpel- •ier, puis professeur au \ al-de-Grdce, collaborateur de Sédillot pour sa médecine opératoire, ne nous a guère laissé que son Traité iconographique des bandages, livre excellent I ailleurs et depuis longtemps classique. Signalons de lui encore une étude sur l’cmphy- •^‘me dans les plaies de poitrine.

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