Scrive, o. c., p
séjour prolongé et l’entassement des troupes sous des abris que l’inclémence de la température ne permet pas de changer de place, amène une I terrible épidémie de typhus. C’est par centaines que les malades arrivent i chaque jour dans les ambulances sous tontes où ils ne trouvent pour se ! coucher que des nattes, des couvertures, et du foin, tandis que des bara- j ques pouvant loger 24 000 hommes sont inoccupées à Constantinople ! En ! janvier 185b, ces lentes renferment 13424 malades. Jusqu’en mai chaque s mois coûte la vie à huit, dix, quinze médecins militaires. Après les aides- j
majors, ce sont les médecins-majors qui succombent. Depuis longtemps les
derniers infirmiers avaient disparu et avaient dû être remplacés par des ; soldats de la ligne h
Nulle campagne n’avait comporté d’aussi épouvantables enseignements, exalté à un si haut degré le dévouement, démontré ce qu’il en coûtait à l’armée d’avoir laissé paralyser les généreux efforts des Michel Lévy, des Scrive, des Baudens et perpétuer les errements dont les guerres du premier j Empire n’avaient que trop démontré les funestes influences. « Ne pas profiter des enseignements de la guerre de Crimée, s’écriait Scrive, serait un crime de lèse-humanité. » Sa voix ne fut pas entendue.
Sur un effectif de 309 268 hommes environ, 436 144 hommes étaient entrés dans les ambulances de Crimée ou les hôpitaux de Constantinople. On comptait 95 615 morts : sur ce nombre, plus de 75 000 soldats avaient succombé aux atteintes de la maladie et particulièrement sous le coup de maladies épidémiques; 10 240 hommes avaient été tués. Sur 57 537 officiers et soldats blessés par le feu (Scrive), 10 000 environ avaient succombé à leurs blessures (Chenu).
Les Anglais avaient perdu 1 755 tués; 1 847 hommes étaient morts des suites de leurs blessures et 18 283 avaient été blessés1 2. Les Russes avaient eu environ 30 000 tués, 80 000 blessés sur lesquels 10 000 opérations capitales avaient été pratiquées, et 300 000 hommes étaient morts de maladie ou des suites de leurs blessures 3.
Après cet aperçu sommaire des phases diverses qu’ont présentées les opérations militaires pendant la guerre de Crimée, phases dont la connaissance 1: était indispensable pour bien saisir le fonctionnement du service de santé, !>
1. Les pertes des officiers en tués ou morts avaient été de 14,17 p. 100, en malades, de j 7,30 p. 100; celles des médecins de l’armée de 18,22 p. 100. Près de 10 avaient été blés- j sés. « Chacun disait Scrive, fait son devoir avec un héroïsme et un mépris de la mort qui fl fait l’admiration de toute l’armée. » 82 médecins des ambulances et des hôpitaux avaient ; | succombé; ce personnel avait perdu le quart de son effectif. Nous croyons devoir rappeler |h ici les noms de ces médecins morts en Crimée : Plassan, Stéphani,Musart, Claquart, Dumas, ; j Gérard, Pontié, Lagèze, Bert, Halm, Monier, Michel, Bailly, Duméril, Beauchamps, 'j Fresnau, Foucault, Verneau, Ancinelle, Senaux, Fratini, Mamelet, Barre, Causse, i* Couzier, Robelain, Gonthier, Mestre, Michelet, Videt, Marquès, Tavernier, Bouquerot, i J Tanguerey, Braunwald, Broussard, Masson, Brumens, Leclerc, Lardy, Cordeau, Sa- h vaete, Dartigaux, Piaget, Dulac, Gérard, Volage, Sagne, Gueury, Forget, Ragu, Mil- : j TENBERGER, PEYRUSSET, LeKER, MoLINARI), FÉLIX, RaMPONT, SeRVY, PrECY, GlLLIN, JaCOB, jl Perrin, Berthemot, Puel, Carron, Goutt, Moulinier, Frette-Damicourt, Dkmanet, 11 Bonnet-Mazimbert, Pégat, Granal, Lamarque, Sautier, Godquin, Desblancs, Barby, b Willam, Deredenat, Trinquier, Vergesse, Arcelin, GoRNiER.Les pertes des médecins des I I régiments avaient été proportionnelles à celles des officiers de l’armée.