‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 243 sur 460 · CAMPAGNES HORS D’EUROPE · texte numérisé non relu

CAMPAGNES HORS D’EUROPE

SYRIE (1860), CHINE (1860), COC11INCUINE (1861-1862), MEXIQUE (1862-1863) j

La campagne de Syrie (1860) ne donna lieu à aucune Relation chirurgicale. Elle n’en aurait d’ailleurs pu fournir les éléments.

La campagne de Chine (1860), où les forces alliées, qui montaient à 15 000 hommes, prirent part à des luttes peu meurtrières, ne donna également lieu à aucun écrit chirurgical. Le livre de Castano est épisodique et médical, et l’aperçu de Chenu 1 ne signale que 183 blessures de guerre, dont 103 par coup de feu, 27 par éclats de gros projectiles, 5 par flèches, 15 par armes blanches, etc.; 6 grandes opérations furent seulement pratiquées.

Campagne de Coc/unchine ( 1861-1862). — Pendant que nos troupes étaient occupées en Chine, les Annamites avaient bloqué Saigon. Après la prise de Pékin, une colonne de 2 000 hommes, détachée du corps expéditionnaire de Chine, vint se joindre aux troupes de la marine pour repousser les Annamites. Ils les défirent à Kio-ha, Mytho, Ben-hoa. Le médecin principal Didiot 2, médecin en chef du corps expéditionnaire, a fait part des quelques observations qu’il a pu réunir pendant cette courte et peu meurtrière campagne dans laquelle il n’a pu suivre que 170 blessés. De son côté, le chirurgien principal de la marine, Laure, nous a communiqué les cas intéressants qu’il a recueillis à l’hôpital de Saigon sur lequel furent dirigés la plupart des blessés3.

Campagne du Mexique (1862-1864). — En 1862, un corps expéditionnaire composé d’abord de 6 000 hommes devait, concurremment avec des troupes anglo-espagnoles, venger au Mexique de communes injures; mais la France resta bientôt seule et se vit forcée de faire débarquer dans ce pays 35 000 de ses soldats. Après l’héroïque résistance de Puebla, Mexico fut pris, mais les troupes françaises ne quittèrent définitivement ce pays qu’en 1867.

Deux médecins militaires avaient entrepris la Relation chirurgicale complète de cette campagne : Coindet4, médecin en chef du corps expéditionnaire, et Chenu. La statistique de Chenu n’a pas paru. Coindet,

L Voyez Aperçu sur les expéditions de Chine , de Cocliinchine, Syrie et Mexique, par Ciienu, Paris, 1877.

2. Relation médico-chirurgicale de l'expédition de Cochinchine en 1861-1862, par A. Didiot, médecin principal, chef du service de santé du corps expéditionnaire, Paris, 1865.

Le même auteur a consacré une revue générale aux blessés de février et de juin 1848, • dans la Cazette des hôpitaux: (1848), et il a résumé dans le même journal huit leçons sur les plaies d’armes à feu recueillies à la Clinique de Baudens au Val-de-Grâce (18 48). !

3. Histoire médicale de la marine française pendant les expéditions de Chine et de Co- i rhinchine , par le Dr Laure, médecin en chef de la marine ; in-8, Paris, 1864.

4. Le Mexique, considéré au point de vue médico-chirurgical, par Coindet. Les lettres que Coindet a adressées du Mexique au baron IL Larrey, président du conseil de santé, ?

LEGOUEST.

[ après avoir publié deux volumes sur l’histoire médicale de cette guerre, se promettait d’en faire paraître un troisième sur son histoire chirurgicale; il en avaitréuni tous les éléments quand la mort le surprit, et personne i ne continua sa tâche.

Bintôt 1 et Lkspiau 2 ne nous ont laissé que des relations partielles, renfermant un certain nombre d’observations, relations bonnes à lire, mais dans lesquelles on chercherait en vain à relever quelque fait important éclairant l’histoire des blessures de guerre ou modifiant la thérapeutique qu'on leur opposait alors.

LEGOUEST (18 (» 3 ) 3

Au moment où Legouest lit paraître son Traité de chirurgie d'armée , parmi u les nombreux ouvrages, écrits en France, sur les plaies d’armes blanches Il et d'armes à feu, les uns avaient vieilli, les autres plus récents étaient, H' comme ceux de Baudens et de Jobcrt, l’exposé de la pratique de leur | auteur, ou la relation d’une expédition militaire, d’une campagne. Ce livre, qui arrivait ainsi à son heure, trouvait déjà, de ce fait, des conditions de suc- [J oès que ses qualités maîtresses rendirent durables. Depuis vingt ans, il I est resté chez nous classique et il conservera cet honneur.

Il se recommandait à la fois par le fond et la forme. L’auteur avait su,

| le plus souvent, se maintenir dans le cadre de ces généralités dont l’excel- - lence avait été établie par l’expérience de plusieurs siècles. Il était resté i sobre dans la discussion des théories, et son style facile, pur, châtié, serré j sans sécheresse, son exposé net, l'autorité avec laquelle étaient affirmés les préceptes, en facilitaient la lecture et en faisaient un guide sûr pour les jeunes et pour les aînés.

Nous n’avons pas à faire ici l’analyse d’un livre que nous retrouverons h plus tard à chaque pas. Cependant nous ferons remarquer, d’une façon générale, que Legouest est plus attaché aux pratiques des chirurgiens du premier Empire, pratiques soutenues par Bégin, qu’il n’est entraîné vers les innovations ou les rénovations de Baudens, lesquelles vont inspirer la plupart des chirurgiens de la seconde moitié de ce siècle. De tous ses chapitres, ce sont ceux qu’il a consacrés aux plaies des cavités qui sont les plus remarquables; celui qui tratie des résections est peut-être le plus personnel, et celui dans lequel il expose d’après les remarquables travaux trop peu connus de Larrey, de Dupuytren, de Hutin, les suites éloignées des blessures de guerre est le plus attachant.

Notre rôle d’historien, dont nous savons comprendre les obligations, nous autorise, pour no pas dire nous force, à ajouter quelques remarques.

ci qui ont paru dans le Recueil de mémoires de médecine militaires, sont exclusivement medicales; celles d’ERHMANN, publiées dans le même recueil, ne méritent qu’une mention.

1. Observations de blessures de guerre, traitées après la bataille de Majonna (21 septembre 1 8G4 , par Bintôt. Rec, 3° série, t. XVI.

2. Lespiau, Exposition clinique des blessures de r/uerre soignées dans les hôpitaux militaires de Puebla et de Chblula. Recueil , etc., ,3° série, t XIV.

3. Traité de Chirurgie donnée par Lbgonest, médecin principal d’armée, professeur de clinique chirurgicale à l’Ecole impériale d’application de la médecine et de la pharmacie militaires, membre titulaire de la Société de Chirurgie. Paris, 1863.

LA CHIRURGIE MIL. FRANC

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