‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 257 sur 460 · Verneuil, Gazette hebdomadaire · texte numérisé non relu

Verneuil, Gazette hebdomadaire

•L Dubreuil, I)u tir ai nage dans tes plaies d’armes à feu. ( Gazette des hôpitaux, 1871.)

4. Gazette hebdomadaire, Gazette médicale de Paris, Union médicale, Gazette des Hôpitaux, passim, 1870-71-72.

3. Benoist de La Grandière, Compte rendu chirurgical de l'ambulance des sœurs de

Clung, succursale du Val-de-Grâce, in-8, ,76 pages, 1871.

6. Girard, Contribution à l'histoire médico-chirurgicale du siège de Paris. L'ambu-

lance militaire de la rue Violet. Paris, 1872, in-8, 100 pages.

7. Bertiierand, le Siège de Paris, Histoire d'une ambulance. Broch. in-8, 1872.

8. Vas Holsbeck, Souvenirs de la guerre franco-allemande de 1870-81.

Tillaux 1 2 avait été placé à la tête d'une ambulance internationale. En une dizaine de pages, il fixe ses souvenirs et effleure les questions du débridement, des corps étrangers et du traitement des fractures.

Lucas-Guampionnière Le travail du chirurgien de l’hôpital Tenon que le Recueil de ■mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires a reproduit in-extenso, ne renferme pas de données chirurgicales, mais il fournit des renseignements très précieux sur le fonctionnement du service de santé en campagne et tout particuliérement sur le rôle, en temps de guerre, des Sociétés de secours et de Y assistance privée. Les remarques et les critiques de L. Ghampionnière, basées sur des faits indéniables et d’une grande portée, font de ce travail un des documents les plus propres à éclairer cette partie de l’histoire médico-chirurgicale de la campagne de 1870-71 .

A. Després 3 4. Le rapport chirurgical de A. Després sur la septième ambulance internationale a été reproduit en partie par Chenu. Il ne renferme que quelques aperçus sur le rôle de la Société de secours, sur l’utilité de l’hospitalisation sur place et les inconvénients des évacuations précipitées. La statistique de ce chirurgien fut peu heureuse. Sur 13 fracturés de la cuisse soignés à Sedan, Després en perdit 9; sur 19 fracturés de la cuisse soignés à Beaugency, il en perdit 16 ; sur 27 plaies pénétrantes du genou, il accusa 24 morts, et sur 13 plaies non pénétrantes, 7 morts; enfin sur 20 fractures du bras, il accusa 8 morts.

Démons et Lande \ Au récit du fonctionnement de leur ambulance transformée momentanément en hôpital temporaire, les chirurgiens de Bordeaux ont joint des observations nombreuses et complètes recueillies sur les 409 blessés qu’il leur a été donné de soigner. On peut relever dans leur travail un bel exemple de fracture des deux clavicules et du sternum compliquée d’hémorrhagie et plusieurs cas de plaies pénétrantes abdominales, tous terminés par la guérison. La stabilité relative des chirurgiens et des blessés, la haute compétence des premiers, la surveillance attentive dont les seconds étaient l’objet de la part d’un personnel subalterne choisi, les bonnes conditions hygiéniques et l’abondance dans laquelle les hospitalisés ont vécu, expliquent sans peine les heureux succès que Démons et Lande ont obtenus de la méthode conservatrice. Sur 14 fracturés de jambe , ils n’eurent que 3 morts à déplorer ; sur 13 fracturés de cuisse r 5 morts dont 2 après amputation. Les autres blessés qui succombèrent furent emportés par des complications intercurrentes. Enfin 8 plaies pénétrantes du genou ne donnèrent que 2 morts.

Le mérite principal de ce travail est d’apporter de nouveaux faits à l’appui des avantages de la conservation dans les fractures par armes de guerre.

1. Tillaux, Repérions sur les plaies d'armes à feit observées pendant la campagne de France de 1870-71. Bulletin général de thérapeutique , 1871.

2. Souvenirs de campagne et notes médicales prises à la 5e ambulance internationale pendant la guerre de 1870-71, in .Journal de médecine et de chirurgie pratiques, 1871, et Recueil, etc., 1871 .

3. Rapport sur la 7e ambulance internationale, par A. Després. Bulletin de la Société de secours aux blessés, 1872, et Chenu, o. c., p. 132.

4. Rapport médical sur l'ambulance internationale girondine, par les Drs A. Démons, chirurgien adjoint de l’hôpital de Saint-André de Bordeaux, et L. Lande, professeur suppléant à l’Ecole de médecine de Bordeaux, chirurgien-major. Bordeaux, Gounouilhou, 1871.

Sabatier L’agrégé de la Faculté de médecine de Montpellier suivit l’armée de la Loire, puis l’armée de l’Est dans une ambulance volontaire. Dans son mémoire, il s’étend d’abord sur la marche et le fonctionnement de cette ambulance, il nous met au courant de ses rapports avec les autorités administratives, militaires et médicales, et signale avec une grande franchise les desiderata des ambulances internationales.il résume ensuite les conditions que doit, suivant lui, remplir l’assistance volontaire pour être utile dans les guerres de l’avenir. Sur l’expérience acquise pendant cette campagne, Sabatier nous a laissé plutôt des souvenirs et des aperçus que des observations détaillées. Tous les sujets l’intéressent, depuis l’aspect des plaies par balles jusqu’aux moindres détails de leur traitement. Signalons, dans ce mémoire, quelques remarques sur les avantages de la conservation dans les plaies pénétrantes du genou, sur la fréquence des plaies de contour et des corps étrangers, sur la douleur éprouvée par les blessés, les hémorrhagies, etc.

Doyon 2 séjourna deux mois à Orléans comme chirurgien d’une ambulance lyonnaise dirigée par Ollier, et plus tard il suivit en Suisse notre armée de l'Est. Il ne nous a laissé qu’un récit épisodique.

Christot1 2 3 4 5. Attaché à la même ambulance lyonnaise, Christôt s’est contenté d’apprécier les avantages du drainage dans les plaies d’armes à feu en se basant sur une expérience personnelle étendue. Il ajoute à son travail le récit du massacre de l’ambulance de Saône-et-Loire.

Tremeau de Rochebrune 4 dirigea les ambulances d’Angoulême. Il ne nous a transmis qu’une statistique administrative écourtée, froide et inutile.

Mordret ;i. On peut adresser le même reproche au travail du médecin en chef requis de la Place et des ambulances militaires du Mans. Et pourtant là, les occasions de recueillir des documents intéressants n’ont pas manqué. 21482 malades et blessés ont été hospitalisés au Mans et parmi eux 3 78o blessés, dont la moitié au moins y fit un très long séjour. Les insuccès, quand ils ne sont imputables qu’aux conditions extérieures, à un encombrement difficile à faire disparaître et à l’anéantissement moral et physique des blessés, ne devraient pourtant laisser aucune arrière-pensée aux chirurgiens pour leur narration. Ils comportent, en effet, un enseignement d’une valeur tout aussi grande que les succès. D'après le peu que Mordret nous dit, les résultats heureux furent rares et comme à nos plus mauvais jours de Grimée et d’Italie, la pourriture d’hôpital, la

1. Sabatier, Rapport sur l'ambulance du Midi, in Montpellier médical, t. XXVI et t. XXVII.

2. Notes et souvenirs d'un chirurgien d’ambulance, par le DP Doyon, chirurgien de la deuxième ambulance lyonnaise. Lyon, 1872.

■i. Du drainage dans les plaies par armes de guerre, par Christôt ( Lyon médical* t. Mil, 1871), et Massacre de l'ambulance de Saône-et-Loire, même tome.

4. Tremeau de Rochebrune, Essai de statistique médicale, etc. Des données chirurgicales renfermées dans cette sommaire relation, nous ne pouvons relever que la fréquence des traumatismes de l’index droit (42 sur 1 G3 blessés!) et quelques considérations sur 1 apparition de la pourriture d’hôpital dans des conditions d’installation très satislaisantes au point de vue hygiénique.

5. Rapport sur le service militaire de santé dans la ville du Mans du 19 août 1870 au 20 avril 1871, adressé au ministre de la guerre, par le Dp Mordret, médecin de l’hôpital du Mans, médecin en chel requis de la Place et des ambulances. Le Mans, 1871, in-8°, •il pages.

résorption purulente, l'inflammation et la gangrène des moignons enlevèrent la plupart des opérés et un nombre considérable de grands blessés. La mortalité de ces derniers fut à l’hôpital du Mans de 13 p. 100; et sur .43 amputations on ne compta que 13 succès.

Chipault1. 11 est curieux de constater les grandes différences qu’accusent Mordret et Ci h pa u lt au point do vue des résultats chirurgicaux obtenus. Et pourtant il s’agissait des blessés de la même armée, placés i dans des conditions d’encombrement presque identiques. Orléans, en effet, fut, comme le Mans, un centre sur lequel on évacua et vers lequel se portèrent d’eux-mêmes des milliers de malades et de blessés de l’armée de la Loire. Chipault, après les combats des 9 et 1 0 octobre, eut à diriger 22 ambulances qui hospitalisèrent 800 blessés. Or, tandis que Mordret accuse les résultats que l’on sait, tandis qu’il guérit à grand’peine quelques fractures, Chipault, sur -42 fractures des grandes diaphyses, ne déplore que 7 morts; 7 fractures du fémur lui donnent 6 succès et 16 fractures des grandes articulations 12 guérisons. Ce chirurgien peut entreprendre avec I hardiesse et tout espoir de réussite les graves opérations complémentaires de la méthode conservatrice et n’accuser que 2 morts sur 7 résections ; articulaires, 2 morts sur 13 résections des grandes diaphyses, et sur 3 résections de l’omoplate presque complètes ne compter aucun revers. : Seules les amputations intermédiaires viennent jeter leur note sombre dans ce beau tableau et affirmer la valeur des remarques antérieures, qu’elles font très bien ressortir. 19 amputations intermédiaires sont 1 3 fois suivies de morts; 11 amputations consécutives donnent o morts.

Chipault rattacha ses succès aux heureuses conditions hygiéniques dont ses blessés ont pu bénéficier (?), aux soins minutieux dont ils ont été entourés; ajouterions-nous encore dans la balance le poids des pansements antiseptiques phéniqués, de la valeur du chirurgien, de sa perspicacité à saisir les indications des interventions que réclame la chirurgie conservatrice à une époque plus ou moins éloignée du traumatisme, que nous aurions peut-être oublié avec lui la raison principale de cette heureuse série. Les blessés de Chipault étaient fournis par des corps nouvellement débarqués d’Afrique et des troupes mobiles et mobilisées toutes fraîches ; Mordret, au contraire, avait à soigner les soldats épuisés d’une armée en déroute. Bien que la chirurgie militaire possède déjà maints de ces enseignements sur l’influence que le terrain imprime à la marche des traumatismes, celui-ci mérite de ne pas être perdu.

Revenons au livre de Chipault. Nous en avons indiqué la caractéristique, en déterminant les tendances conservatrices qu’il affirme. Nous' ajouterons que les remarques de l’auteur sur les caractères des fractures, ( que ses indications sur les règles des interventions, sur l’utilité des résec- • tions ou des évidements secondaires, méritent d’être consultées. Le livre de Chipault est un des plus volumineux et des plus substantiels documents que la guerre de 1870-71 nous a laissés. Il doit une partie de son mérite à la narration d’observations consciencieuses, poursuivies jusqu’à guérison complète des blessés.

1. Fractures par armes à feu, expectation, résection sous-périostée, évidement, ampu- j talion. Armée de la Loire, par le D*- Chipault, chirurgien adjoint de l’Hôtel-Dieu d Or lcans, etc., avec 37 planches chromolithographiées. Paris, 1872.

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