‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 261 sur 460 · APERÇU SUR LES ENSEIGNEMENTS UE LA GUERRE DE · texte numérisé non relu

APERÇU SUR LES ENSEIGNEMENTS UE LA GUERRE DE

I — Pkatioue DELA cm a U RG [K, Résumons rapidement les enseignements que la guerre de 1870-71 a permis aux chirurgiens français de èècueithr La pratique des deàndenieuts préventifs, déjà condamnée depuis bien longtemps par les chirurgiens de l'armée d'Afrique, est délaissée presque dis le di but de celte campagne, par 1 immense majorité de ceux qui v prennent part et des buts relativement nombreux de guérison par pre ière intention des orifices de plaies en sétons achevèrent bientôt de détourner do leur emploi les derniers partisans de ces incisions

La recherche des corps étrangers s’enrichit de tentatives nouvelles auxquelles se rattachent les noms de Saiiazin, de Deneux et de Trouvé

Les chirurgiens français ajoutent quelques faits nouveaux à la pathologie des blessures des vaisseaux et des nerfs. &ie

Pansements. C’est l'étude des pansements qui subit, du fait de l’exoé nonce de 1870, les transformations les plus profondes et les plus heureuses’ b,, pendant les guerres de Crimée, d'Italie, en 1870 même, 1 Metz on avait employé I ouate pour le pansement des plaies d’armes à feu ou dès opéra fions qu elles nécessitent, on l’avait utilisée à l'égal de tout autre matériel protecteui ou absorbant, c est-à-dire d’une façon toute empirique. Inspiré .au contraire, par des idées théoriques semblables à celles qui avaient gmde Lrster en Angleterre, idées qu’il défendait depuis fort longtemps ‘ Guenn f mploya \& pansement ouaté le 1er décembre 1870, à l'hôpital Saint Martin, sur des blessés du siège de Paris. Il enveloppa les’ membrefbfessés sous d épaisses couches d ouate non plus seulement pour les protéger mais surtout en vue de mettre leurs plaies à l’abri du contact de l’air et ’dé "es

' ’hfnifTs ilnT ence n°,CiVe <IeS germes’ 11 continua ses expériences à 1 hôpital Saint-Louis, pendant la Commune, et, tandis que dans les autres

semees des hôpitaux, les opérés mouraient presque tous, alors que lui-

meme avait précédemment perdu dix-neuf amputés sur vingt, il obtint de nombreux succès. La démonstration élait si évidente, elle venait d’êtré faite

. ans des conditions, a priori, si compromettantes pour le succès du nouveau

pansement, que la réussite devait en établir définitivement la valeur Les pansements antiseptiques sont employés par quelques-uns des nôtres et surtout par les chirurgiens civils qui' étaient vHs nous prête eur concours mais leur utilité n’était pas encore assez généralement

P,OUrqu’on en m eraiKl «sage. Les solutions d’hvmêrne l’te-t ShAd°’ d° Perman8anate de potasse, d’alcool concentré, et "ouna n i P 1Cn,qU0 e" SOlllU°nS huilées ou aq«euses, remplacent ements , S mams d certain nombre de chirurgiens des établisiom t ,r T8 pe™anents' los Paiements secs à la charpie, les solun> émollientes et les cataplasmes émollients qui cependant restent ncore d un usage habituel.

icatrî^f-*0* f*e f°P‘(Iues !l Rction si opposée fait rechercher par les uns la lon Pr,initlve (1es plaies des parties molles produites par les

balles, les autres, au contraire, croient encore à la nécessité de la suppuration des plaies simples par coup de feu. Les premiers modifient le trajet parcouru par le projectile en y injectant des solutions antiseptiques et en s’aidant ensuite de la compression ; les derniers reviennent au séton et, entre leurs mains, les drains de caoutchouc remplacent le linge effiloché des anciens. Dubreuil, Richet et Christôt vantent cette pratique du drai-

nage.

Quelques-uns enlin utilisent encore l’eau froide et les irrigations continues.

La chirurgie conservatrice reçut une nouvelle consécration de l’experience de la guerre de 1870, et les conditions défectueuses dans lesquelles nos insuccès militaires placèrent les blessés au double point de vue de la facilité et de la régularité des secours ne servirent qu’à accuser la valeur de la méthode '. Non seulement comme dans les précédentes campagnes, ces tendances conservatrices s’affirmèrent pour les traumatismes des membres supérieurs et pour ceux des derniers segments du membre inférieur, mais aussi pour les fractures du fémur et du genou. A la fin de la guerre, la supériorité de la conservation sur l’amputation, dans les fractures de cuisse, ne semblait plus douteuse. Quelques-uns même avaient pu être frappés de la guérison sans suppuration de certains foyers de ces fractures. Sans avoir donné d’aussi brillants résultats dans les plaies du genou, la conservation avait fourni cependant assez de succès pour faire douter de la nécessité de l’amputation de la cuisse, non seulement dans les plaies de la synoviale, mais même dans les traumatismes de moyenne gravité des épiphyses fémoro-tibiales. Les mémoires de Champenois, de Sédillot et de Cuignet ont apporté des documents précieux à la solution de ces questions.

L’attention était trop fortement portée sur les tentatives conservatrices pour que les appareils immobilisants n’éprouvent pas durantcette campagne quelques perfectionnements importants. Sarazin commence déjà sur les blessés de Wissembourgà utiliser ses appareils modelés en toile métallique. Champenois, à Paris, assure de la façon la plus satisfaisante l’immobilité des fractures des membres supérieurs par des attelles métalliques en zincpi légères, solides et imperméables et attribue à leur emploi une partie de ses remarquables succès. Enfin Bastien et CuRiSTÔt vantent des appareils immobilisants extemporanés en osier et en bois.

Les résections diaphysaires primitives sont pratiquées par quelques

\. L’autorité militaire allemande ne contribua pas toujours, nous devons le reconnaître en historien impartial, à faciliter la tâche des chirurgiens français. Tandis quependantles guerres de Crimée et d’Italie les médecins russes et autrichiens avaient toujours été laissée au contact de leurs blessés, pendant la guerre de 1870-71 les nôtres en furent très souvent séparés au grand détriment des derniers. Nous croyons inutile d’insister sur les longs parcours par l’Allemagne, la Belgique et la Suisse imposés aux médecins militaires français et aux membres techniques des comités de secours lorsqu’ils étaient faits prisonniers avec leur? ambulances. Non seulement, de ce fait, nos blessés étaient directement privés de secours mais le service des chirurgiens allemands, surchargé du poids de leurs nouveaux blessés, ne leur permettait pas, dans beaucoup de circonstances, quelle que fût d’ailleurs leur sollicitude de consacrer aux nôtres assez de temps. La convention de Genève avait bien prévu le cæ et l’avait réglé d’une façon satisfaisante, maisla possibilité qu’elle avait admise, dans 2e paragraphe de son article 3, de différer pour une courte durée, le retour des personnel ambulanciers, en cas de nécessités militaires, fut souvent comprise avec trop de rigueur, au grand détriment, en somme, des services médicaux des deux armées.

chirurgiens militaires, entre autres par Sarazin, au début do la campagne dans les fractures des os longs dans la continuité; mais ils renoncent bientôt à celte pratique. A Paris, elle jouit, par contre, d’une vogue plus persistante, mais ce mode d’intervention, qui est surtout employé à la période intermédiaire et secondaire, ne donne pas des résultats bien avantageux.

Les résections articulaires , au contraire, sont pratiquées d’une façon habituelle, mais les conditions extrinsèques n’en compromettent que trop souvent les résultats. L’utilisation rigoureuse de la méthode sous-périostée par Ollier fixa les chirurgiens français sur l’utilité et la valeur incontestable de cette méthode appliquée aux traumatismes de guerre.

Le rôle considérable joué en rase campagne par l’artillerie allemande et le bombardement systématique de toutes les places fortes de la frontière du Nord-Est multiplièrent les observations de blessures par éclats d’obus. Lés conditions nocives qui, dans les places bombardées, retentissaient sur les horribles mutilations produites par les gros projectiles sont signalées avec autant de précision que les accidents qui compliquent ces traumatismes. La cicatrisation si lente des vastes surfaces traumatiques fait utiliser à Strasbourg, les greffes épidermiques.

IL Organisation des secours. — La guerre de 1870-71 ne se borna pas à l’apport de ces données scientifiques. Elle fît ressortir deux autres enseignements bien autrement importants pour l’avenir de la médecine militaire française : 1° La nécessité urgente de donner au corps de santé l’entière et libre disposition de ses moyens d’action, de son personnel et de 'Son matériel et l’utilité d’élargir dans dé très vastes proportions un cadre absolument insuffisant pour satisfaire aux exigences des grandes guerres; •2° elle servit à expérimenter l’assistance volontaire et à démontrer son . impuissance à remplacer le corps de santé militaire, même pour l’accom- ; plissement d'une faible partie de sa tâche.

Il nous répugne d’insister longuement sur les tristes desiderata de l’or- .ganisation du service de santé pendant la guerre de 1870 et sur les entraves apportées à son fonctionnement. L’expérience des guerres de Crimée et d’Italie avait été complètement perdue;la guerre de 1870 vit se renouveler les mêmes errements, les mêmes embarras du début, la même imprévoyance dans la préparation, la même indécision et la même incompétence dans la conduite des établissements sanitaires. Nos désastres accusèrent même davantage les vices de l’organisation sanitaire des armées de Crimée et d’Italie. Les services rendus le furent surtout grâce à l'activité et au dévouement du personnel médical. Si ces services n’ont pas été ce qu’ils devaient être, ce personnel fut le premier à en souffrir. Aussi, après ces tristes expériences, l’autonomie du corps de santé semblait ne devoir plus être qu’une question de jours.

Nous passerons (‘gaiement sur les criants abus que la Convention de. ‘Genève a couverts de son pavillon. Ils sont encore présents à l’esprit de tous ceux qui ont fait cette campagne. On sait que ces abus ont été poussés au point de soulever maintes fois l’indignation du public. Plusieurs de ceux qui ont eu à jouer divers rôles dans l’assistance volontaire, ’C sont chargés, du reste, d’en retracer la triste histoire et ceux qui voudraient en connaître la trace n’auraient qu’à se rapporter à ces écrits. Mais

.‘îfiS LA CHIRURGIE MIL. FRANC. DE 1850 JUSQU ’ A NOS JOURS.

nous devons nous arrêter davantage au rôle joué par la Société internationale de Secours et faire voir, en empruntant nos documents à celui-là même qui contribua à l’organiser, que les services qu’elle a rendus ont été bien loin d'atteindre l’étendue de ses promesses. La guerre de 1 870-71 a démontré qu’elle était incapable d’assurer les services de première ligne et que pour lui permettre de remplir un rôle effectif aux armées il était indispensable de subordonner ses agents actifs à l’autorité militaire et au corps de santé militaire.

Société internationale de secours aux blessés et Assistance volontaire

française et étrangère.

S'inspirant du rôle des Sociétés volontaires pendant la guerre de Sécession et la guerre austro-prussienne, la Société internationale de secours semblait, quelques années déjà avant la campagne de 1870-71, s’être préparée, chez nous, à suivre la trace de ces aînées dont les services, soit dit en passant, avaient été singulièrement exaltés.

Centraliser les dons, les offrandes volontaires, et les répartir delà façon la plus utile, assurer les secours dans les hôpitaux de l’arrière et, en particulier, hospitaliser les intransportables, ne lui paraissant point une tâchesuffisante, elle avait voulu marcher de pair avec les éléments les plus actifs de la chirurgie militaire et les suppléer en partie dans leur noble mission d’assurer les premiers secours. Dès la déclaration de la guerre, son premier acte fut de créer des ambulances volontaires. Était-elle organisée assez, puissamment pour atteindre ce but?

Lorsque L. Le Fort fut appelé par elle, en juillet 1870, à constituer ces ambulances, il fut fort étonné de ne trouver ni matériel, ni personnel médical désigné, ni plan d’organisation, ni argent1. A la tête du Comité d’organisation, toujours au dire du même auteur, se trouvaient des personnalités animées sans doute de bon vouloir, mais sans expérience des choses de la guerre et des choses médicales, et d’un autre côté trop jalouses de leur autorité pour accepter les sages conseils qui pouvaient leur être donnés5. C'était un singulier début! Enfin, au prix de réelles difficultés, plusieurs ambulances sont constituées et se portent vers la frontière, avec des ressources pécuniaires insuffisantes, un matériel trop restreint3 et un personnel dirigeant disparate tantôt composé de l’élite des chirurgiens des hôpitaux de Paris,

Le Fort, Marc Sée, Trélat, Tillaux, Le Dentu, A. Després, etc., tantôt constitué, au dire do Le Fort, par des personnalités qu’un comité médical n’eût pas acceptées comme aides chirurgiens4! Mal regardées, dès le début, par les médecins de l’armée qui, non sans quelque apparence de raison, ne pouvaient voir dans maints de leurs collègues civils (pie dés coopérateurs, déconsidérées ou paralysées dans leur action par l'Intendance dont elles avaient

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