‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 279 sur 460 · APERÇU SUR LA CHIRURGIE MIL. FRANC. DEPUIS PARÉ · texte numérisé non relu

APERÇU SUR LA CHIRURGIE MIL. FRANC. DEPUIS PARÉ

du fonctionnement de nos services, ils se perfectionnent dans leur art au contact de nos chefs habiles et sont guidés par nos auteurs didactiques.

Au commencement du siècle actuel, malgré les obstacles qui s’opposent h sou fonctionnement, la chirurgie militaire attein t son plus haut degré de splendeur et fait l’admiration de l’Europe. Pendant la période des guerres de la Révolution et de l’Empire, elle soumet à une nouvelle expérience toutes les pratiques anciennes, adapte ses modes d’intervention aux nouvelles conditions de la guerre. Sa pratique est plus active, tout en étant logique dans sa hardiesse, simple et ingénieuse dans ses moyens. Le dévouement, l’esprit de discipline et la longue expérience du champ de bataille rachètent les imperfections de l’organisation sanitaire1. Il n’a pas tenu aux chirurgiens de cette époque, comme nous l’avons vu, de mettre en pratique beaucoup de dispositifs heureux utilisés de nos jours.

Pendant qu’à l’étranger la chirurgie militaire sommeille, les guerres d’Afrique, puis la guerre de Crimée ravivent, chez nous, des traditions qu’une longue paix avait affaiblies.

Ce n’est que dans la deuxième moitié de ce siècle que la fréquence des guerres en Europe, le soin apporté au perfectionnement de l'organisation des services sanitaires chez les nations voisines, imprime chez elles, surtout en Allemagne, une impulsion vigoureuse vers les études de la chirurgie de guerre. Les travaux s’y multiplient et chaque luttenouvelle apporte son contingent d’expérience. Mais nous ne devons pas oublier qu’au moment où cette transformation s’opère, la voie est depuis longtemps largement tracée, que tous les principes fondamentaux sont bien établis, que les nouveaux horizons sont ouverts et que la plupart des questions ont déjà subi un commencement d’étude. Les progrès scientifiques principaux qu’a faits la chirurgie militaire pendant cette dernière moitié du siècle n’ont guère été que des adaptations des progrès de la chirurgie commune ; les éclaircissements, en général, n’ontpu porter que sur des points très circonscrits.

Nous serions entraîné trop loin si nous voulions rappelermême succinctement tout ce que la chirurgie militaire doit à nos auteurs didactiques, à nos opérateurs habiles et prime-sautiers, à nos observateurs judicieux et perspicaces. Gomme nous l’avons vu, toutes les questions importantes de notre art ont excité leur curiosité, fixé leur attention, stimulé leur ingéniosité. Leur pratique, caractérisée par une grande hardiesse unie à une grande habileté, a servi maintes fois au perfectionnement delachirurgie. Si nous avions besoin d’exemples pour appuyer notre dire, nous rappellerions que lesnoms dePARÉ,deGoDDiN,deMAssoT,deMoBEL,deJ.-L.PETiTetde Percy sont attachés à la découverte ou à la rénovation de la ligature des vaisseaux, de la compression digitale directe , de la ligature des deux bouts des vaisseaux divisés et à l’invention du garrot , du tourniquet , des pinces hémostatiques. Les autres parties de la chirurgie opératoire nous offriraient encore d’autres exemples non moins remarquables. Les désarticulations scapulo-humérale , coxo- fémorale, tarso-mélatarsienne, sont l’œuvre des Ledran, des Ravàton, des Blandin. Les noms d’IIoiN, de Baudens, de Cornuau, de Salleron, de Sédillot, sont liés au perfectionnement des désarticulations du genou ,

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