DONNEES BALISTIQUES DES ARMES PORTATIVES
Par oubli de la formule précédente, on accorde communément, à la vitesse dont un projectile est animé, toute valeur dans la quantité de mouvement dont il est animé et l’on tient peu compte du poids de la balle; or il » serait facile île montrer par des exemples qu’il une petite vitesse de projection peut correspondre une grande quantité de mouvement pourvu que le poids de projectile compense la vitesse.
La carabine modèle 1859 lançait un projectile du poids de 48 grammes, dont la vitesse initiale, relativement faible, n’atteignait que 310 mètres; la quantité de mouvement de cette balle était cependant de 1 -4 880, tandis qu'avec le projectile du fusil d’infanterie modèle 1842, dont le poids n’était que de 27 grammes, la quantité de mouvement ne s’élevait qu’à 12 150, malgré la vitesse de 450 mètres dont elle était animée.
La balle du fusil Drevse, qui n avait que 296 mètres de vitesse initiale, mais 31 grammes de poids, avait une quantité de mouvement égale à 9 176, très voisine de celle du fusil Chassepot, 10 045, dont la vitesse initiale était de 410 mètres, mais le poids seulement de 24 grammes.
Nous parlerons plus loin du pouvoir vulnérant des projectiles.
Portée. — La distance qui sépare le point de départ d’une balle de son point de chute s’appelle portée. La portée de la plupart des balles allongées actuelles dépasse 2 500 mètres; mais à partir de 2 000 mètres, la vitesse restante est peu considérable.
La plus grande portée correspond toujours à la plus grande vitesse, à égalité d’angle de tir.
De la dérivation. — Les balles tirées par les armes rayées ont de la tendance à se dévier dans le sens de la direction des rayures: c’est ce qu’on appelle dérivation.
Ainsi la balle du fusil modèle 1878, rayé de droite à gauche, se dévie à .gauche. Dans d’autresarmes rayées de gauche à droite, elle se dévie àdroite.
Cette dérivation spéciale des projectiles actuels augmente avec les distances, mais pas proportionnellement. Faible dans le tir à courte distance, elle est beaucoup plus accusée pour les parties éloignées. Ainsi nos balles se dévient de :
2 mètres à 1 000 mètres.
9 mètres à 1 500 mètres.
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11 est permis d’invoquer l’iniluence de cette cause, sur laquelle on n’a pas insisté jusqu’ici, pour expliquer, au moins en partie, la direction de certains trajets sinueux ou obliques que tracent les balles actuelles à leur passage à travers le corps et surtout pour rendre compte de leur réllexion facile sur des plans résistants dont la direction est déjà celle de la dérivation déviatrice.
De la trajectoire. — La trajectoire est le trajet courbe parcouru dans l’air par le projectile.
DESCRIPTION DES ARMES
Si la balle, à la sortie du canon, était soumise seulement à la force de projection, elle suivrait indéfiniment la direction initiale; sollicitée par la pesanteur, elle tend de plus en plus à se rapprocher du sol.
L’étude de la trajectoire des plus importantes au point de vue du tir, ne l’est, guère pour nous. Elle ne peutnous rendre compte que de la direction curviligne, oblique de certains trajets de balles, comme nous le verrons tout à l’heure.
La zone dangereuse d’une trajectoire est la longueur de terrain suivant laquelle un homme ne peut se tenir sans être atteint par le projectile qui suit cette trajectoire. Sur la figure 16, la zone dangereuse de la trajectoire AA' a l’étendue qui sépare le premier du dernier homme.
Parfois étendue, cette zone dangereuse l’est d’autres fois fort peu. Ainsi, de 71 mètres à 500 mètres, elle n’est déjà plus que de 1 8 ra , 5 0 à 1 000 métrés; à 1 500 mètres, elle ne dépasse pas 8ra,20. A cette dernière distance,
Fig. 16.
AA', B, B', B", Trajectoires. CC\ Ligne de mire. Le point où la trajectoire rencontre la ligne de mire s’appelle point de chute. Ce point ne doit pas être confondu, comme l’indique la figure, avec le point d’arrivée sur le sol A', B', B", Ricochet.
lacourbede la trajectoire est si accusée que le projectile qui traverserait une partie du corps, le tronc par exemple, sans être influencé par aucune cause de déviation, laisserait une distance de près de 10 centimètres- en hauteur entre les orifices d’entrée et de sortie.
Nous appuyant toujours sur la même donnée, nous ferons remarquer, en passant, que les blessés frappés par des feux de salve, feux de grande distance, qu’on semble vouloir adopter aujourd’hui dans toutes les armées, dans certaines conditions de lutte, présenteraient des plaies en canal à direction très oblique; que les blessés frappés par les balles des tirs plongeants, tirs utilisés dans les sièges ou en rase campagne, offriraient la même particularité.
Les rapports que les hommes blessés affectaient avec divers points de la trajectoire expliquent la fréquence relativement plus considérable des blessures de telle ou telle partie du corps.
Des ricochets. — Les ricochets sont si fréquents dans le tir avec les fusils actuels qu’on en tient grand compte dans les évaluations de l’effel produit sur l’adversaire.
Quand le tir est dirigé sur un sol horizontal et résistant, dit le Règlement