NO M
B K B d’ÉCI
ATS.
de la
au-dessus
de
au-dessous
Nombre
total
charge
de 50 à
de 25 à
de
intérieure .
300 gr.
300 gr.
50 gr.
25 gr.
d'éclats.
A balles de 5
A double paroi de 3 . .
A balles de 7
A double paroi de 7 . .
A balles de 80 (mlc1880).
A balles de 90 (mlo1879).
A balles libres de 95 . .
Pour les obus à balles et à double paroi, les petits éclats sont ceux qu’on rencontre de beaucoup le plus souvent, et cette proportion, déjà des plus marquées sur le tableau qui précède, le serait bien plus encore si on n’avait pas réuni dans une même colonne les éclats pesant de 50 à 300 grammes.
Est-il nécessaire d’insister sur l’utilité qu’il y a à savoir d’avance et avec une certitude presque mathématique que l’artillerie d’une puissance adverse qui utiliserait exclusivement (nous faisons cette supposition pour la netteté du fait) un projectile analogue à celui du canon 95, ne produirait que des blessures par éclats d’obus insignifiantes, qu’un obus autrichien Uchatius à anneau ne donnerait par exemple que deux gros éclats, qu’il en fournirait par contre 133 moyens ou petits- et 16 très petits. Le pronostic et le traitement des blessures tirent de si précieux enseignements de semblables données balistiques qu’il serait superflu d’en faire ressortir davantage l’importance.
Les anciens obus, ceux qu’on utilisait avant 1870 en France et à l'étranger, fournissaient bien moins d’éclats et des éclats beaucoup plus volumineux que nos obus actuels. Ils ne donnaient que de 20 à 30 éclats
1877-78, p. 110, nous trouvons que l'obus ordinaire, suivant sou calibre, donne 80 éclats dont 30 pesant plus de 30 grammes ou G0 éclats dont 24 pesant plus de 30 grammes. Le Schrapnel donnerait 30 éclats et 209 balles ou 30 éclats et 122 balles. Il s'agit ici de résultats obtenus avec les projectiles français.
DES BOUCHES A FEU ET DES GROS PROJECTILES
au maximum '.Leurs blessures étaient donc plus graves que celles que nous pourrions être appelés à constater dans les futures guerres européennes. Aussi les descriptions classiques basées sur une expérience déjà ancienne doivent-elles subir à ce point de vue, comme sur bien d’autres, des modifications profondes. Et nous ne devons pas ignorer que la tendance actuelle des artilleurs de tous les pays est dirigée vers une divisibilité plus considérable encore de l’obus. A l’obus divisé par des sillons a succédé l’obus à double paroi et à anneaux dont la fragmentation est assurée d’avance pour augmenter le nombre des produits d’explosion. Les aspirations des artilleurs concordent ici avec les aspirations des chirurgiens : par l’extrême divisibilité de l’engin, les premiers augmentent, disséminent ses effets vulnérants, mais aussi par cette extrême divisibilité ils diminuent l’intensité, la gravité des traumatismes. C’est pour atteindre cette augmentation de puissance vulnérante, que l’obus à balles tend de plus en plus, et cela dans toutes les puissances européennes, à remplacer l’obus ordinaire. La balle représente en effet un fragment tout préparé à l’avance, dont les dimensions ne peuvent varier comme celles du fragment de fonte de l’obus.
Dans les obus ordinaires qui ne présentent pas de lignes de rupture déterminées par avance, la rupture s’opère de préférence suivant des lignes longitudinales. Ils fournissent ainsi de longs éclats qui rappellent les douves d’un tonneau.
Dans les obus qui ont des lignes de rupture déterminées d’avance comme dans les obus à rainures, à double paroi, la segmentation s’opère, en général, suivant ces lignes. Les lignes de rupture transversales sont cependant parfois inefficaces à assurer cette fragmentation et les éclats ont de la tendance à prendre la forme des éclats de l’obus simple tout en présentant de moindres dimensions en hauteur.
Les mêmes considérations s’appliquent aux obus à balles dont l’enveloppe se rapproche de celle de l’obus ordinaire.
Dans les obus à anneaux dentés, la segmentation étant bien tracée dans le sens vertical et tranversal, la rupture s’opère assez régulièrement aux points déterminés.
Le culot et la partie antérieure du projectile, se segmentent d’ordinaire difficilement. Dans les obus à balles, il arrive même qu’après l’éclatement, le culot et une portion de la partie cylindrique qui l’avoisine restent réunis et contiennent un certain nombre de balles agglomérées formant ce qu’on appelle le pot de fleurs.
On a comparé, avec raison, l’obus à balles à un vase métallique destiné à transporter au loin de la mitraille et à la répandre quand il s’ouvre. Cette mitraille consiste, suivant les obus, en balles de plomb, de plomb durci, en balles de fer ou de fonte ou en fragments de fer divisés àl’avance.
i° Dispersion des balles et des éclats. — Tandis que l’obus ordinaire ou l'obus à balles n’éclatent qu’à une grande distance de la bouche du canon qui les a lancés, la boîte à mitraille s’ouvre à la sortie même de la bouche à feu. Les balles s’en échappent en formant une gerbe assez ouverte.
1. Considérations générales sur les p bus à balles et les fusées à temps pour le tir de campagne in Revue d’artillerie, 1880, t. II.
description des armes.
Au moment de l’explosion, les fragments de l’obus ordinaire ou les projectiles de l’obus à balle partent dans des directions et avec une vitesse différentes pour suivre chacun une trajectoire distincte. C’est à l’ensemble de ces trajectoires qu’on a donné le nom de gerbe d’éclatement. A son origine, la gerbe représente un cône droit à base circulaire ayant pour axe l’axe de l’obus môme. La gerbe est descendante quand l’obus éclate en l’air, c’est-à-dire lorsqu’il est muni d’une fusée fusante. Elle est ascendante quand il éclate sur le sol, que la fusée est percutante.
La gerbe est dite étroite quand tous les fragments de la paroi ou de la mitraille de l’obus se rassemblent sur un espace de terrain peu considérable; elle est dite étendue dans les conditions opposées.
On admet théoriquement que les balles sont réparties également sur toute la gerbe.
L’angle au sommet du cône de dispersion ou, de la gerbe s’appelle Y angle total d’ouverture de la gerbe (J ig. 35, page 107). Il sert de mesure à la dispersion des éclats. CeL angle varie avec la vitesse restante du projectile ou si l’on veut avec la distance à laquelle l’obus éclate. Pour les variétés d’obus en usage, les angles de dispersion varient de 14° à 60° (LL, 20°, 30°, 50°, 60°).
Il résulte de ce qui précède que ce n’est pas ordinairement à son point d’éclatement môme que le projectile doit produire son effet meurtrier, mais à une certaine distance, les balles ou les éclats rencontrant les hommes sur un point déterminé de leur trajectoire. L’obus est donc tiré habituellement à une certaine distance du front des troupes.
L’espace qui sépare le point d’éclatement du point où se trouve le buta atteindre s’appelle intervalle cl’ éclatement .Suivant que cet intervalle est plus ou moins considérable, la force de pénétration de la mitraille de l’obus est plus ou moins grande. Il est inférieur en général à 50 mètres ; le plus souvent il est de 30 mètres. Quand il est supérieur à 100 mètres, avec nos obus à balles, les chocs directs des balles sont négligeables pour les artilleurs et, pour nous, leurs effets vulnérants sont peu étendus.
Il ressort de cette donnée qu’il est utile de s’enquérir auprès des blessés des distances d’éclatement des projectiles qu’ils supposent les avoir frappés.
Le Tableau suivant fait ressortir le degré de vulnérabilité des hommes suivant les intervalles d’éclatement. Il montre qu’à moins de 100 mètres, la vulnérabilité est nulle, ce qui ne veut pas dire qu’un homme ne puisse être atteint parfois à cette distance puisque des balles de Schrapnels vont se perdre à 400 et môme 500 mètres. Le même tableau fait voir qu’un homme placé à 5 ou 10 mètres du point d’éclatement d’un obus dont l’angle d’éclatement est de 14°, recevrait deux cent cinquante balles; à 15 mètres, de cent cinquante à soixemte-quatre ; mais comme, en artillerie, on considère comme perdus les projectiles qui atteignent le même but en nombre supérieur à 1, 2 ou 3, ces traumatismes si effroyablement multipliés ne s’observent qu’assez exceptionnellement
1. On rencontrerait bien certainement sur le champ de bataille, si les lésions étaient examinées, post mortem des perforations du coivps et des membres par trois, quatre et jusqu’à dix balles.
DES BOUCHES A FEU ET DES GROS PROJECTILES
Les dispositions prises par les artilleurs font penser que les balles des Sclirapnels n’atteindront guère les buts humains qu’en raison d’une ou deux balles par homme.
intervalle
d’ÉCL.VTKMKNT .