DES CAUSES QUI DIMINUENT LA VITESSE DES HALLES DES OBUS A BALLES
Nous avons parlé déjà de la situation de la charge d'éclatement, tout en reconnaissant qu'elle est placée le plus souvent d'une façon favorable à l’augmentation de la vitesse. Les autres causes de déperdition de vitesse sont :
1 0 L' augmentation des portées,
2° Jr augmentation de l’intervalle d'éclatement,
3° Le ralentissement dû au ricochet de l'obus ,
4° Le mode d’ouverture défavorable de la gerbe lié à la constitution de la fusée,
o° La faible densité des projectiles,
6° Leur poids moindre à densité égale ,
7° Le ricochet des balles,
8° L’absence d’une charge d’ éclatement .
1° Augmentation des portées. Il suffit de se reporter à notre tableau des vitesses restantes des obus aux différentes distances pour constater ce fait de la diminution insensible de ces vitesses restantes avec les portées et par le fait de la vitesse des balles avec ces mômes portées. A 4 000 mètres le projectile du 80 mill. n’a que les 2/3 de la vitesse restante qu'il avait à 1000 mètres et les éclats ou les balles qu’il fournit par son éclatement n’ont plus que ce même degré de vitesse.
On a démontré le fait par des expériences desquelles il résulte que la proportion des empreintes sans pénétration est moins considérable, dans le tir à courte distance que dans le tir à longue distance.
Ainsi, si l’on reçoit sur un panneau de o centimètres d'épaisseur les éclats d’obus lancés à la portée de :
800 yards ou en mètres 731
on trouve, à 731 mètres pour une empreinte prise pour unité 2,7 trous.
On peut en conclure que la proportion des blessures légères est en rapport direct avec la portée.
Le major Nicholson1, à qui on doit ces données d’expérience, a fait remarquer qu’on pourrait en déduire approximativement la proportion suivante des hommes mis hors de combat.
Portées 731 mètres (800 yards) 18 hommes 2
1372 (loO.O yards) 16 — ‘2
1829 (2000 yards) o — 4
3G30 (3070 yards) 1 — »
2° La période puissance due à 1 ' augmentation de l' intervalle d' éclatement a été également appréciée. Nous nous contenterons de dire ici qu’il résulte d’expériences citées par le même auteur que pour le tir à la distance de 800 yards par exemple (731 mètres) à des intervalles d’éclatement de
50 yards ou 46m on a eu . . . .
Empreintes.
Séjour du projectile.
Trou:
Le rapport des pénétrations et des empreintes aux perforations a donc été à 46 mètres de 1 à S environ, à 91 mètres de 1 à 1,3.
3° Le ralentissement dû au ricochet de l’obus. Le contact violent de l’obus avec le sol fait perdre h la masse totale du projectile et à chacune de ses parties , éclats ou balles, une quantité considérable de leur vitesse restante, par conséquent de leur force de pénétration.
C’est ainsi que des obus à. fusées percutantes et des obus à fusées fusantes ont donné des résultats très différents, ainsi qu’en témoigne le tableau suivant :
Nombre Nombre Nombre
des des des
empreintes, pénétrations, perforations.
Obus à fusée percutante 0,93 5,3 1,4
Obus à fusée fusante 1,00 1,7 4,0
Ce tableau fait bien ressortir que les balles ont plus de puissance quand le projectile éclate en l’air2 que quand il éclate après avoir violemment frappé la terre.
4° Mode d'ouverture défavorable de la gerbe lié à la fusée. Avec les obus à fusée fusante, la gerbe des fragments et des balles est descendante, et la
1. Extraits du Tir des Schrapnels. Traduction in Revue d'artillerie, t. XII, pp. 125 et suivantes.
2. Il n’est pas sans intérêt de faire remarquer que la l'usée fusante tend de plus en plus à être adoptée à l’exclusion de la fusée percutante. Les obus à fusée percutante, d’après les travaux d’artillerie les plus récents, doivent servir à régler le tir. Quand la distance, n’a pas pu être déterminée à l’avance, on lance quelques obus percutants qui en éclatant donnent beaucoup de fumée et fixent ainsi le point de chute. Eu 1870-71, les Français utilisaient presque exclusivement des obus percutants; les Allemands, des obus fusants.
DESCRIPTION DES ARMES
vitesse des éléments de cette gerbe n’est diminuée que par la résistance de l’air, tandis qu’avec les obus à fusée percutante la vitesse de ces éléments est considérablement ralentie par le choc, et cela d’autant plus que le choc est plus direct. Cette cause de déperdition est si puissante qu’avec le schrapnel percutant, beaucoup de balles, môme aux distances moyennes, ne conservent pas assez de force vive pour agir quand elles arrivent vers la limite de leur trajectoire.
5° La densité des projectiles. Les obus présentent, comme éléments vulnérants,des éclats de fonte, des balles faites de différentes substances, de plomb ordinaire, de plomb durci, de fonte, de fer, c’est-à-dire des corps de densité dilférente qui ne peuvent produire les mômes effets à égalité de
surface et de volume.
11 est démontré en effet que deux balles de métaux différents, animées de la môme vitesse, doivent avoir, pour produire le même effet meurtrier des poids inversement proportionnels aux carrés des densités.
Ainsi une balle de plomb de 10 grammes produira le môme effet de pénétration qu’une balle de 2o grammes en fonte, animée de la même vitesse restante, une balle de plomb pur des effets de pénétration plus marqués qu’une balle de plomb durci par l’antimoine, le zinc, l’étain.
La force vive par unité de section est en rapport direct avec la densité : or il ne faut pas ignorer que c’est cette force qui entre en jeu pour traverser les effets d’équipement et la peau et que le deuxième élément de pénétration, la force vive totale qui n’est autre que la vitesse restante du projectile, ne fait que continuer l’effet produit.
Le plomb possédant une grande densité, c’est-à-dire une grande force vive par unité de section, est habituellement choisi pour les projectiles des obus à balles. Autrefois les balles pesaient de 19 à 27 grammes. En raison de leur poids, elles conservaient pendant un long trajet leur vitesse et leurs propriétés meurtrières. Aujourd’hui que la vitesse restante des obus est supérieure à ce qu’elle était autrefois, et que les théories enseignent de tirer plus près du but, on en est arrivé à utiliser, en Allemagne, des balles de 16 gr. 7, en Italie, des balles de 16 gr. 5, en Autriche, des balles de 13 gr. 2, en Russie, des balles de 12 grammes.
6° Le poids moindre des projectiles cl densité égale. Les éclats des schrapnels utilisés de nos jours étant de beaucoup moins étendus et moins pesants qu’autrefois, la tendance actuelle à réduire le calibre des balles des obus étant d’un autre côté très marquée, il en résultera que, dans les prochaines guerres, les blessures par la mitraille des obus seront, toute proportion gardée, moins graves qu’autrefois.
7° Du ricochet des balles des obus. Le ricochet des balles leur enlève beaucoup de leur vitesse, mais en général celles qui ricochent dans la gerbe ont suffisamment de force de pénétration pour nuire : aussi, en artillerie, compte-t-on encore sur leurs effets.
Ces ricochets sont d’autant plus nombreux et la vitesse des balles d’autant plus considérable que l’éclatement de l’obus fusant se produit plus bas. Ainsi un obus qui éclate à 1 m , 6 8 (éclàtement bas) ne donne que 0,15 d’empreintes et de pénétrations partielles provenant en grande partie de ces ricochets, tandis que pour un éclatement de 2m,75 elle en donne 1 ,25 pour une perforation prise pour unité. En principe, la pénétration
DES BOUCHES A FEU ET DES GROS PROJECTILES
[ [l’une balle qui a ricoché est moins profonde que la pénétration de celle : j ni n’a pas ricoché.
Nous verrons plus loin à quel signe on peut reconnaître les projectiles : qui ricochent.
8° L'absence (l'une charge d’éclatement. Dans les schrapnels à tube central, \ a charge de poudre n’est souvent destinée qu’à briser le projectile : aussi .a vitesse restante des balles de ces obus est-elle bien moindre que celle les balles des obus à chambre, lesquelles possèdent une vitesse qui leur est communiquée parla charge de poudre.