‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 316 sur 460 · DE LA PÉNÉTRATION DES ÉCLATS D’OBUS ET DES BALLES · texte numérisé non relu

DE LA PÉNÉTRATION DES ÉCLATS D’OBUS ET DES BALLES

La pénétration des projectiles dans les tissus est proportionnelle à leur î ’orce vive. La formule l’exprime. On remarquera toute la part qui t revient dans cette formule à la vitesse, et c’est ce qui explique que nous nous soyons arrêté si longuement à son étude.

Certaines conditions diminuent cette force de pénétration, surtout pour lies éclats de la carcasse du projectile creux.

1° C’est ainsi que l’intensité delà résistance à la pénétration est propori ionnelle à l'étendue de lu surface du projectile. Cette donnée, sans importance ! jour les balles, en acquiert une considérable pour les éclats étendus.

3° La forme extérieure du fragment fait également varier cette pénétration.

Les fragments de l’obus atteignent les tissus soit par une surface plate, - soit par une surface courbe ou anguleuse. Or il résulte d’expériences déjà .mciennes 1 qu’à volume égal, une surface hémisphérique qui présente sa 'Surface courbe en avant éprouve une résistance de 119, une surface Lhémisphérique qui présente sa surface courbe en arrière, une résistance cde 291; une surface conique à pointe en avant, une résistance de 126 ; à {pointe en arrière et à méplat en avant, une résistance de 271 ; une surface pjlane, une résistance de 283, c’est-à-dire près de trois fois supérieure à la résistance éprouvée par la surface hémisphérique, et deux fois supérieure u celle qui s’oppose à la pénétration du fragment cunéen.

3° La densité des tissus, leur élasticité, leur degré de résistance ont encore i me influence qui, pour n’avoir pas encore été précisée d’une façon niéthoi lique et scientifique, n’en est pas moins réelle.

Dans les expériences de tir, la pénétration des projectiles est étui liée sur des panneaux rangés les uns derrière les autres à intervalles égaux, ejt on admet que la balle des obus à balles cesse d’être meurtrière quand sa vitesse est inférieure à 130 mètres, c’est-à-dire inférieure à celle de i a balle du revolver d’ordonnance à 10 mètres. Cette évaluation est inexacte. Nous avons perforé des cadavres ou des segments de membre avec cette balle de revolver à 130 mètres. Une balle de revolver à 120 mètres perfore ! in panneau de 3 centimètres d’épaisseur dont la résistance à la pénétration est bien plus considérable que celle du corps humain. Certains con- • dderent la force de pénétration de l’éclat d’obus comme suffisamment meurtrière quand il peut perforer un panneau de 0m,027.

1. llullon in Cours du tir de Cavelier de Cuvci ville, 1864, p. 168.

DELORME

DESCRIPTION DES ARMES

Les évaluations des artilleurs au point de vue de la pénétration des corps humains par les projectiles semblent donc de beaucoup inférieures à la réalité. 11 y a là une lacune à combler et un sujet d’étude intéressant au double point de vue militaire et chirurgical.

Pour certains, les schrapnels à tube central et les schrapnels à chambre fournissent 100 atteintes utiles, c’est-à-dire pénétrantes, et de 7 à 14 atteintes légères, pour la plupart non pénétrantes.

Des expériences faites avec l’obus suisse, qui ressemble au nôtre, ont donné 1 :

Page 1