Jobert, o. c., p
7. Gillette in Chenu, Aperçu historique, etc., pendant la guerre de 1870-71, o. c., p. 278.
MODES D'ACTION DES DALLES
danle et était allée creuser dans le mollet un second trajet perpendiculaire au premier1.
Un des généraux qui furent les premières victimes de l’insurrection du 18 mars 1871, eut, entre autres blessures, un membre inférieur parcouru par une balle, de bas en haut, dans toute sa longueur. Le projectile l’avait frappé, quand il était à terre, la jambe étendue 2.
Percy a observé sur un blessé une plaie d’enfilade qui s’étendait d’une malléole à la racine de la cuisse. La balle s’était logée dans le scrotum. Le blessé fuyait à toutes jambes quand il fut atteint et il reçut le projectile quand il avait le pied levé.
Le trajet habituel des plaies d’enfilade est unique et continu. Quelqucfois les dispositions irrégulières des régions parcourues par la balle ou la direction prise au moment du traumatisme par les membres frappés amènent des interruptions dans le trajet et forcent le projectile à multiplier ses orilices d’entrée et de sortie.
On pourrait croire alors cFautant plus aisément que le traumatisme a été produit par plusieurs balles que les orifices d’entrée et de sortie de ces tunnels interrompus ne présentent aucun caractère particulier. A titre d’exemples de ces trajets, nous pourrions citer les observations de blessés frappés par des balles qui ont pénétré au niveau de l’articulation tibio-tarsienne, sont ressorties au niveau du genou après avoir labouré toute la jambe dans le sens de sa longueur et qui ont parcouru enfin la cuisse pour se perdre dans le périnée. A ces faits on pourrait joindre ceux relatifs à des balles qui, après avoir traversé l’avant-bras, sont sorties au niveau du coude et se sont ensuite perdues dans le bras; enfin, ceux de petits projectiles qui, après avoir traversé la face, ont atteint ensuite la poitrine sans avoir suivi le cou.
4° Des trajets faits par les balles ayant subi des ricochets. Nous avons vu que, dans certaines conditions de tir, les ricochets étaient relativement nombreux et qu’on comptait sur eux pour obtenir du tir, sur les champs de bataille, tout l’effet utile. 11 est donc nécessaire d’en dire quelques mots.
Le choc que les balles subissent sur des corps durs, sur des pierres ou encore sur les pièces métalliques du matériel de guerre, de l’équipement, du harnachement, etc., a pour effet d’augmenter leur diamètre tout en leur imprimant de formes plus ou moins irrégulières. Les dégâts qu’elles produisent sont alors en général plus étendus et, partant, plus graves que ceux qui seraientdéterminés par les balles ordinaires animées d’une vitesse égale. Les orifices d’entrée et le canal des plaies agrandis mais irréguliers échappent à toute description méthodique dans la plupart des cas. Il est cependant, une variété de ces lésions que nous avons maintes fois provoquée dans nos expériences cadavériques et qui, se présentant toujours avec les mêmes caractères, mérite une mention. (Juand la balle rencontre suivant un angle obtus
Fig. 39.
Orifice d'entrée cutané d’une balle qui. avant d’atteindre le corps, avait ricoché sur une pierre plate.