Rougon, Soc. mCd. Paris. Janvier
DELORME
Caractères des hémorrhagies veineuses. — Nous ne parlerons ici que des hémorrhagies externes.
Le sang fourni par les veines sort d’ordinaire en bavant ou par jet continu. Exceptionnellement, ce jet présente des intermittences; c’est surtout lorsque les. veines sectionnées avoisinent de grosses artères qu’on les constate. La pulsation de ces derniers vaisseaux se transmet alors au contenu des premières et imprime à la colonne sanguine un mouvement saccadé. Les mouvements respiratoires ont, sur l’écoulement de sang fourni par les gros vaisseaux veineux du cou, la môme influence que les pulsations artérielles et, au moment de l’expiration, le sang sort de la plaie avec plus de force.
Le sang fourni par les veines sectionnées est noir ou violet foncé, parfois presque vermeil.
L’hémorrhagie s’arrête d’ordinaire lorsqu’on comprime entre la plaie et les capillaires; elle augmente au contraire quand on comprime entre le coeur et la plaie : c’est le contraire de ce qu’on observe dans les plaies artérielles. Immédiatement après la section, le bout central de la veine se vide du sang contenu dans la partie du vaisseau comprise entre la plaie et la première collatérale; au moment même de la blessure, le sang est donc fourni par le bout supérieur et le bout inférieur de la veine. Quand un gros vaisseau collatéral naît entre la plaie et les valvules, le sang continue de couler par les deux extrémités de la veine. Au cou et à l’origine des membres supérieurs, les veines dépourvues de valvules fournissent à la fois du sang par leur bout périphérique et leur bout central.
L’abondance de l’écoulement et la hauteur du jet varient avec le volume du vaisseau lésé, sa position, son voisinage du cœur. La position déclive donnée au membre blessé, l’absence de valvules au voisinage de la plaie, les contractions musculaires favorisent l’écoulement de sang. La forme de la plaie a aussi, comme nous l’avons fait déjà remarquer, sa part d'influence sur l’abondance de l’hémorrhagie : les blessures faites dans l’axe du vaisseau fournissent moins de sang que les sections transversales incomplètes.
Accidents des blessures des veines. — Les blessures des veines peuvent donner lieu à un certain nombre de complications autres que l’hémorrhagie primitive. Nous n’aurons en vue ici que les complications qui surviennent à une époque très rapprochée du traumatisme. Il sera question plus loin des complications secondaires.
L'introduction de l'air dans les veines est une complication primitive redoutable. On l’observe surtout à la suite des blessures des gros troncs, très rapprochés du cœur, qui sont soumis à l’influence de l’aspiration thoracique pendant l’inspiration et qui sont maintenus béants par des plans aponévrotiques rigides.
Cet accident s’annonce par un bruit de sifflement, une sorte de glouglou, de ronflement prolongé. Le blessé est pris de tremblement, d’anxiété, il pousse un cri et tombe en syncope. La syncope peut se terminer rapidement par la mort. D’autres fois la mort n’a pas lieu et le blessé revient peu à peu à lui.
Nous n’avons pas à nous arrêter davantage à cette grave complication dont la pathogénie a grandement intéressé les chirurgiens. La rapidité