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Schwartz, art. Veine cité, page

Cette terminaison par hémorrhagie lors de la chute de l’eschare était cependant loin d’ôtre la plus fréquente môme à l’époque où les antiseptiques qui s’opposent à la suppuration des plaies et à la séparation des parties attri tes n’étaient pas utilisés. Dupuytren avait déjà remarqué le fait et il avait avancé qu’il était rare que les contusions des veines portées au point de détruire la vitalité de leurs parois soient suivies d’hémorrhagies. Presque toujours, disait cet auteur, pendant le temps qui s’écoule entre le traumatisme et la chute de l’eschare, il survient à l’intérieur des veines des modifications (thromboses) qui s’opposent à tout écoulement de sang.

Dénudation. — La dénudation étendue des grosses veines consécutives aux plaies par gros projectiles peut ne s’accompagner d'aucun accident; le vaisseau après le traumatisme reste perméable. Le plus souvent, ces dénudations sont compliquées de contusions et le cas rentre dans ceux que nous venons d’étudier.

il y

Plaies pénétrantes des veines par projectiles de guerre. —

1° Perforations. — Gomme les grosses artères, les grosses veines sont fréquemment perforées par les balles.

C’est encore là un fait qu’il est très facile de constater dans les expériences cadavériques. Les veines fémorale, sous-clavière, axillaire et jugulaire, lorsqu’elles sont frappées en plein par de petits projectiles, présentent si souvent des perforations qu’on peut dire que cette lésion est des plus ordinaires. L’extensibilité des veines et leur friabilité moindre que celle des artères permettent même à des vaisseaux d’un diamètre peu étendu de présenter ces perforations. Nous représentons ici une veine saphène interne que nous avons traversée vers le tiers supérieur de la cuisse, par une balle de fusil Gras. La section linéaire à bords contus répondait exactement à l’axe de la veine et mesurait 8 millimètres de hauteur. (Voy. fig. 7-4.)

Habituellement la perforation est de forme plus ou moins ovale, comme on peut le constater sur l’exemple de perforation de la veine fémorale que nous figurons ici (fig. 75). Les bords de la solution de continuité sont tantôt très nets, taillés comme à l’emporte-pièce, c’est le cas le plus fréquent, tantôt légèrement mâchés et irréguliers. Les dimensions de la perte de substance sont un peu agrandies par l'élasticité des fibres longitudinales. Les portions de veines qui ont résisté à l’action du projectile sont d’ordinaire intactes, aussi la séparation complète en deux tronçons est-ellfr bien plus difficile que sur les artères.

Fig. 74.

F ig. 75.

Fig. 74. Perforation de la veine saphène par une balle. (Pièce expérimentale.) — Fig. 75. Perforation de la veine fémorale par une balle de fusil Gras. (Pièce expérimentale.)

LESIONS DES VEINES.

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“J 0 P la ni s latérales. — Les abrasions latérales sont aussi fréquentes que les perforations sur les gros troncs veineux et plus fréquentes sur les veines de moindre calibre. La perte de substance intéresse soit le quart, le tiers, la moitié ou les trois quarts du diamètre du vaisseau. Comme pour les perforations, les bords de la solution de continuité sont tantôt nets, tantôt légèrement contus.

Exceptionnellement, le projectile qui a déterminé la lésion peut rester au contact de la veine atteinte et faire l'office d’obturateur. H. Larrey et ïStromeyer entre autres, en ont cité des exemples. Nous avons rappelé celui de Larrey dans notre Introduction.

Les blessures partielles des veines Q oer forât ions et plaies latérales) sont .graves en ce sens qu’elles sont très peu favorables à la production de l’hémostase spontanée. Elles sont cependant moins graves que les blessures artérielles similaires. Dupuytren, qui avait déjà insisté sur ce fait, en trouvait la raison dans la tension plus faible du sang du système veineux, dans d’immobilité de la paroi des veines, dans la facilité avec laquelle la plus légère pression oblitère leur canal, enfin dans la richesse des voies collatérales. Ces conditions avantageuses apportent quelquefois, en effet, une atténuation à la gravité des blessures des grosses veines par les projectiles.

Les perforations et les plaies latérales ne sont pas seulement déterminées par les balles ou les bords anguleux des fragments d’obus, elles peuvent être aussi produites par des esquilles projetées vers la veine par le : corps vulnérant ou par des fragments osseux déplacés pendant les mouve- ;ments des blessés.

Le cas suivant dans lequel cette particularité a été notée est trop intéressant pour ne pas trouver place ici :

Un soldat prussien portait un séton par coup de feu de la région trochantéiricnne. Au moment où la suppuration s’était établie par les deux ouvertures et « où l’état général était aussi satisfaisant que possible, le blessé fit, à l’aide d’un infirmier, un effort pour renverser le membre en dehors; il poussa un cri et s’affaissa; on s’aperçut d’un écoulement de sang par la plaie, mais le blessé mourut dix minutes après. A l’autopsie on trouva la gaine des vaisseaux fémoraux ouverte en arrière; la veine fémorale était déchirée au niveau de sa paroi postérieure et Lprès de la déchirure on trouvait une pointe très aiguë du petit trochanter qui b était détachée du fémur. C’était cette pointe osseuse qui avait déehiré la veine L

Les esquilles peuvent môme, comme nous venons de le voir pour les ^balles, obturer la perte de substance.

3° Plaies totales. Sections. — Les sections des veines par les balles ou les éclats d’obus ne sont que des déchirures ou des écrasements inégaux des lltuniques de ces vaisseaux en un point.

L’inégalité de la surface de section est cependant moins prononcée que ïipour les artères, en raison de la moindre friabilité des veines et de | l’absence de rétraction de leurs tuniques. Parfois les veines frappées par [lies gros projectiles sont effilées : c’est là une condition favorable pour ji l’hémostase. Plus souvent elles sont coupées net.

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