Themata aliquot chirurgica
3. Il n’est que juste de rappeler ici que la plupart des renseignements que nous lournissons sur la vie de Paré ont été empruntés à l’excellente Introduction que [Malgaigne a consacrée au père de la chirurgie française en tète de son édition des Œuvres complétés de Paré. Nous ne pouvions les mieux rechercher que dans ces pages qu’on peut regarder comme des chefs-d’œuvre de lumineuse érudition et de fine critique.
11 est attaché (1536) à la personne du capitaine général des gens de pied, René de Montcjean, maréchal de France en 1538, « place bien haute pour son bas âge ». En effet, il n’avait encore que dix-sept ans!
François lur venait de s’emparer de la Savoie et du Piémont. Paré y suivit nos troupes. 11 n’avait vu alors ni guerre ni plaies d’armes à feu et ne savait que ce qu’il avait lu dans Jean de Vigo : aussi, comme il le dit dans son Traité des playes d'hacq ne butes, il se contentait de regarder faire les autres chirurgiens, ne songeant qu’à les imiter de son mieux. On s’explique très bien alors son inquiétude lorsque l’huile bouillante qui servait à cautériser toutes les plaies vint à lui manquer. «11 ne dormit pas de la nuit, s’attendant à trouver le lendemain ses blessés morts empoisonnés; il se leva de grand matin, mais, contre son espérance, il les trouva plus calmes que ceux dont les plaies avaient été cautérisées. »
En lui montrant les blessés qui avaient subi le traitement alors en usage, bien plus souffrants que les autres, le hasard lui révéla de la façon la plus évidente combien erronées étaient les idées des chirurgiens de son époque sur la nature des plaies d’arquebuse; mais c’est aller trop loin que d'avancer, comme l’a fait Malgaigne, que sa résolution le porta immédiatement, lui jeune homme, sans nom et sans autorité, bien plus sans lettres et sans études philosophiques à combattre une doctrine universellement admise et soutenue par la plus haute renommée chirurgicale de l’époque. Paré se contenta, pour sa pratique, de tirer parti de l’expérience, mais la tradition n’avait pas encore chez lui assez perdu ses droits pour l’engager à combattre de front une doctrine funeste. 11 se contente d’abord de préconiser l’emploi d’une huile chaude et non bouillante , et ce ne fut qu’en 1552, dans la première édition de son grand Traité, alors qu’il avait déjà quinze années de campagne, qu’il rapporte son Histoire du Pas-de-Suze et s’appuie sur elle pour expliquer « sa résolution de ne plus brûler si cruellement les pauvres blessés ».
Pendant cette campagne de 1536, il fit à Turin l'acquisition de cette fameuse huile de petits chiens dont il parle avec des éloges proportionnés moins à ce qu’elle valait, comme le fait remarquer Malgaigne1, qu’à ce qu’elle lui avait coûté. C’est pendant cette même campagne d'Italie qu’il pratiqua la première désarticulation du coude dans un cas de gangrène.
A la mort du maréchal de Montejean, Paré revint à Paris en 1539 et s’y maria, puis après deux années de trêve durant lesquelles il exerça à Paris comme maître chirurgien barbier, il prend part à la guerre de 1542, et suit, en qualité de chirurgien de M. de Rohan seigneur de Bretagne, nos armées en Piémont. C’est là qu’il lui fut donné d’appliquer le précepte hippocratique qu’il a rénové, lequel prescrit de placer les blessés pour l’extraction des corps étrangers, dans la position qu’ils occupaient au moment où ils ont reçu leur blessure 2.
1. Pendant plus fie deux ans, en effet, il avait dû s’insinuer en la grâce d’un chirurgien, lui faire la cour pour en tirer la recette de son remède et ce ne fut qu’après les plus vives instances et sous la pression de cette considération qu’il allait quitter le pays qu’il la lui abandonna, non sans se la faire payer avec dons et présens et en lui faisant promettre
le la tenir secrète. Cette histoire montre toute la. ténacité que Paré pouvait mettre a pénétrer ce qu’il croyait être les secrets de son art.
2. Le maréchal de Brissac «avait reçu un coup île feu près de l’omoplate droite et les chirurgiens appelés auprès de lui ne pouvaient trouver la balle. M. de Rohan lui envoya
LA CHIRURGIE MILITAIRE FRANÇAISE AU XVIe SIÈCLE.
L’hiver, comme de coutume, interrompit les hostilités. Au printemps de 1543, elles reprennent de plus belle, et Paré assiste à l’expédition de Landrecies.
Ce fut à la suite de ces deux campagnes d’Italie et de celle de Picardie que, sur le conseil de Sylvius, médecin le plus célèbre de l’époque, Paré lit paraître sa Méthode de traicter les play es f aides par hacquebules et auslres basions à feu et de celles qui sont f dictes par fléchés, dardz et semblables : aussi des combustions especialement f aides par la pouldre à canon 1 . »
L’apparition de ce petit livre (1545) fut un grand événement pour la chirurgie française. Alors que la corporation médicale, avide et haineuse autant que puissante, surtout à Paris, voyait avec aigreur et dépit quelques translations en français des traités classiques latins du temps, un simple compagnon barbier venait d’oser écrire en français, c’est-à-dire dans la langue compréhensible de tous et qui pouvait le mieux répandre les connaissances dont elle s’était réservé le privilège! Ce maître barbier venait d’oser imprimer un ouvrage dans lequel il rappelait sans cesse les résultats de son expérience! On garda rancune à Paré de son audace et on lui répondit par des pamphlets.
La même année (1545), il assiste au siège de Boulogne attaquée par le roi d’Angleterre Henri VIII. C’est là qu’il fit au duc de Guise, surnommé depuis le Balafré , l’extraction du tronçon de lance qui lui avait traversé la face. Il s’était servi des tenailles d’un maréchal ferrant et pour pouvoir tirer avec assez de force, il avait dû appuyer son pied contre le visage du duc « après avoir pris son consentement».
Cette cure retentissante augmenta la réputation déjà si grande de Paré qu’on regardait alors comme le chirurgien le plus habile de France.
. Le traité de paix de François Ier et de Henri VIII (1546) ramène Paré à Paris et il reprend avec une nouvelle ardeur les études anatomiques qui lui étaient restées si chères, mais ce ne fut pas pour longtemps. En 1549, il assiste au nouveau siège de Boulogne. De retour à Paris, il revoit son Traité des playes d'kacquebutes dont il fait hommage au roi Henri II. Cette deuxième édition revue et très augmentée porte la date de 1551.
En 1552, Henri II marche avec 38,000 hommes sur la Lorraine. Toul, Metz et Verdun ouvrent leurs portes, puis l’armée envahit le Luxembourg, Paré y accompagne encore le duc de Rohan. Sa réputation , qui avait commencé par les capitaines, descendit dès lors dans les derniers rangs de l’armée, et, comme le fait bien remarquer Malgaigne, il devint populaire 2. C’est pendant cette campagne qu’il fait pour la première fois
Paré qui eut l’idée de mettre le blessé dans la position qu’il occupait lorsqu'il reçut le coup. La balle se révéla alors par une légère saillie sous la peau et fut extraite par Nicole Lavernault, chirurgien du Dauphin.
1. Méthode de traicter les playes f aicles par hacq butes, par A. Paré, compagnon barbier. Paris, 1545. Manuel de 61 feuillets in-12, dédié au vicomte de Rohan. Les bibliothèques de la Faculté de médecine et nationale possèdent cette édition que Malgaigne dit n’avoir pu trouver.
2. Un soldat de la compagnie de Rohan, allant en maraude, avait été blessé de douze grands coups d’épée de telle sorte que, le jugeant désespéré, sa compagnie, qui devait partir le lendemain, avait creusé la fosse où on voulait le jeter. Paré réclame en sa laveur, le fait placer sur une charrette, lui tient lieu de médecin, de chirurgien, d’apothicaire et de cuisinier et le guérit. L’admiration fut au comble et les soldats de la compagnie de Rohau ne se bornèrent pas à de platoniques transports de reconnaissance. A la première rencontre
l’application heureuse de la ligature des vaisseaux sur un gentilhomme blessé à la jambe d’un coup de couleuvrine et qui avait dû subir l’amputation. Ainsi, comme le fait remarquer Malgaigne, après avoir préservé de la cautérisation tous les blessés atteints de coups de feu simples, Paré venait également d’épargner aux amputés les mêmes douleurs.
En 1552-53, nous le trouvons dans Metz assiégé par Charles-Quinl. Ici se place un des traits qui lui font le plus d’honneur. Dès le lendemain de son arrivée dans Metz, le duc de Guise le présenta sur la brèche même tous les princes, seigneurs et capitaines, qui l’embrassèrent, le reçurent avec acclamation, disant qu’ils n’avaient plus peur de mourir, puisque Paré était avec eux, accueil mérité, car ce n’était pas sans de grandes difficultés que Paré avait pu pénétrer dans la place à travers les lignes ennemies pour y apporter en même temps que les témoignages de satisfaction du Roi, des encouragements à la résistance et l’assurance de secours mieux entendus. A la levée du siège de Metz, Paré revint à Paris où le Roi, satisfait de son dévouement, l’assura qu’il prendrait désormais soin de sa fortune.
L’année suivante (1553) fut moins heureuse. La guerre continuait en Picardie. Charles-Quint, après avoir pris et rasé Thérouane en Artois, venait d’assiéger Hesdin. Plusieurs princes s’y étaient jetés pour la défendre. Le Roi envoie Paré dans cette ville où les soldats le « portaient comme un corps sainct, le touchant du pied en terre malgré les uns et les autres ». La haute considération qu’il avait acquise, et sans doute aussi le titre de chirurgien du Roi, le fit appeler à siéger au Conseil de guerre réuni en vue de décider de la reddition de la place. Après que la place fut rendue, voulant éviter de donner une grosse rançon pour recouvrer sa liberté, il court de réels dangers, est fait prisonnier et s’expose par ses patriotiques paroles à être envoyé aux galères L
A son retour, le Roi le nomma conseiller et premier chirurgien et la confrérie de Saint-Côme maître chirurgien. Il avait alors quarante-quatre ans î
Le repos de Paré ne fut pas de longue durée. L’année suivante (1554) les armées de Henri II ravageaient le Hainaut et le Brabant et en 1556
qui se fit, chacun des hommes d’armes lui donna un écu, chacun des archers un demiécu. (Malgaigne, o. c.)
L B avait échangé son riche costume de chirurgien du Roi contre de pauvres vêtements et pour échapper aux durs traitements des prisonniers, il avait dù se dire chirurgien et s'attacher à la personne d’un blessé de marque. Le seigneur qu’il soignait, ayant succombé à ses blessures, faisait perdre ainsi au duc de Savoie une importante rançon. Paré, pour éviter la potence ou les galères, fut appelé à rendre compte devant une commission de médecins et de chirurgiens parmi lesquels figurait celui de l’Empereur et du Duc, de la conduite de son traitement. La consultation qu’il rédigea à cette occasion et qu’il nous a conservée, puis l’embaumement du corps de M. de Martigny, son blessé, qu’aucun de ses juges n’avait pu faire, lui valurent les félicitations de ces derniers et le premier chirurgien de l’empereur lui offrit, s’il voulait servir sous ses ordres, « de l’habiller tout à neuf et de le faire aller à cheval ». Sur son refus, le duc de Savoie voulut le prendre a son service. Paré, tout en remerciant le général ennemi, répondit « qu’il avait délibéré de ne rester avec aucun étranger. » Ces paroles irritèrent vivement le prince qui se «choléra aucunement et dit qu il le falloit envoyer aux galères ». Le gouverneur de Gravelines, sur ces entrelaites et sur la réputation du prisonnier, le demanda au duc pour le traiter d un ulcère à la jambe. Paré, ayant eu le bonheur de le guérir, fut mis en liberté sans rançon. Dès qu’il avait appris sa captivité, Henri II avait d’ailleurs averti sa femme qu’il se chargeait de sa rançon. (Malgaigne, o. c.)
Paré les suit. Philibert-Emmanuel, duc de Savoie, s’étant porté sur Saint- Quentin, et ayant défait le duc de Montmorency, Paré fut dépêché par le Roi près du connétable qui avait reçu au dos un coup de pistole. 11 resta quelque temps à La Fère occupé à panser les blessés de la bataille.
L’année 1557, nous le retrouvons à Dourlan assiégé par les Espagnols où il pénètre au prix de réels dangers. Le traité de Cateau-Cambrésis(1559), qui met fin à la guerre franco-espagnole, le ramène à Paris jusqu’en 1561. Il profite des loisirs de la paix pour faire paraître cette année môme, en un gros volume in-folio, ses Œuvres qui comprenaient "26 traités.
La guerre civile le rappelle bientôt à l’armée royale (1562). Nous le trouvons à Blois, à Tours, à Bourges, au siège de Rouen. Mais comme à Saint-Quentin et plus tard à Dreux sa pratique y est moins heureuse. Toutes les plaies aussi bien des gentiihommes que des soldats se compliquent de pourriture et d’infection purulente, la cour s’en émeut; le roi François!!, dont il était premier chirurgien, en demande l’explication à Paré et dans sa réponse qu’il imprima plus tard en tête de son livre des Playes d'arquebuzes (1564), il accuse l’air malin et corrompu (nous dirions l’encombrement) d’avoir produit ces complications. Le Paulmier de Caen, médecin du Roi, dans un pamphlet célèbre, les attribua aux suppuratifs dont se servait Paré.
Il assiste ensuite à la meurtrière bataille de Dreux qui eut lieu quelques semaines après le siège de Rouen, au siège du Havre (1563); il accompagne enfin Charles IX. dans le Midi dévasté par la peste et se lie à Montpellier avec Joubert qui professa pour lui une profonde admiration.
De 1567 à 1569, les armées catholiques et protestantes se rencontrent à Saint-Denis, Jarnac, Montcontour. Paré panse à Paris les blessés de Saint-Denis; après Montcontour, il est chargé par le Roi de traiter plusieurs seigneurs étrangers commandant les troupes alliées; puis il est envoyé dans les Flandres soigner le marquis d’Avret atteint d’un coup de feu au genou. Son voyage ne fut qu’un long triomphe : Mons, Beaumont, Malines, Bruxelles, Anvers le fêtèrent à l’égal d’un souverain, tant était grande sa renommée et l’admiration qu’il imposait.
On dit que les services qu’il rendit à Charles IX, lequel faillit périr d'une saignée malheureuse, le sauvèrent du massacre de la Saint-Barthélemy ; d’autres ont avancé, non sans motif, qu’Ambroise Paré était catholique et que comme tel il n’avait nul besoin, pour avoir la vie sauve, de la protection du Roi. Nous aimons mieux retenir que c’est à l’influence de Paré sur l’esprit du Roi tourmenté par le remords, que ces horribles massacres prirent fin. Nul, au dire de Sully, n’avait autant que lui d’ascendant sur le Roi. Il l’avait nommé son valet de chambre et son conseiller.
A la mort de Charles IX, Henri III eut en Paré la même confiance que celle qu’avaient eue ses trois frères. Mais son grand âge ne lui permit plus de soigner les blessés des discordes civiles que vit le règne de ce Roi et il succomba pendant le siège de Paris par Henri IV, après avoir élevé la voix en faveur de la paix et du bien du peuple.
On aime, nous dit Malgaigne, à se figurer Paré un homme de haute taille et de belle prestance, bien qu’on ne possède aucun portrait en pied du père de la chirurgie militaire française. Sa figure était empreinte de dignité et de gravité. On le cite comme un modèle de droiture et d’hon-
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néU:U' profe». murine )Je>. cependant, a I épie f UC t roublée • . .:ar\ lac te, <; vécut, d ans celte cour fanatique et dosolue on Je poison et Je y^./uatd étaient de- moyen# journellement employé» pour e défaire < J indiscret* o > d'ennemi» il n’échappa pa* a tout soupçon, \a fait suivant thifiii.ru combien ,1 •. étaient gratuit' 1,'n jour qn une grande prina;K*.e Un proposa,*, de w,.de# j » rimmel* : » Voit». me couds arnnéZ â pleurer toute ma vie. Serin t il qu® vo»j* rn ave/, cru capable d'uni; telle action. » Ce# mois dépeigner* t l'born ttifi ,
Tre# f<:' hi'fdi/; dan* son pav* et a l'étranger. honoré de la bâcle conhance de ci tuf rois. premier dit urgien de quatre d entre eoz. il tut nai et vivement. critiqué pur nombre de *.e% collègue* et ■• *Aoui par de*, membre# de la corporation médicale jal orne de >.uc/'J*% de cepeoda m' . son •<-ul mérite et ;« un lutteur opiniâtre, C'est dan- la pratique de ,a crerorgiie de# camp a propre k suturer Vénerie. la valeur morale en chirurgien tant essentielle a celle époque pré-chloroformique qu ou non». paœ ! ex\ tre> ion t 'pie l'a ré a développé surtout >,on a< . :\£ opératoire et son ingéniosité. U aimait cette dur irg/é OU •< l'wt tra/.ete k>. blette». ont fard et *am le*, rniynardner a la façon de* cille* », Ce* sentiments, q t on :. était pas en droit de réclama de lui, qu'aujoi.rd loi. par moire, chacun de non* partage. il Jes manifeste par * a préférence pour cette pratique 6t* armée ■ il ou » le y ai. n entant éloi'/né, le neal fu/rmeur n/tm ett f/royaç et (aimlie de tant de hrace* noldat* aux'/uel*. on naa.ee l/i de », ht. ' oir. > * ;r. ‘ le i-ondition niipo ée>. par ïorvaniialimi va .Uax re ruoimenUire do t eu.p>
A rente attaché a den grandi et 'il nuri/jui. ir le*, cote* de*, //ter-
rier*. de marque, *.a popularité aux armée*, l entho .*.\a>:ne c/,e >a a, induite souleva dam une cir^nitance mémoranle q te non t as ou*, tappedhe. *.on diicont - a l'archevêque lur< du neve de Pari di*s/>ut* dam lequel .i réclame m énergiquement en faveur du peuple affamé, montrent que le* huuihie*. n étaient pa>. pour lui, dei oublié*, rin deivtf*. de *a saie,: comme chirurgien, il donne, dan# piu.iei,'-. circon tanee»- de*, preuve, de courage nniitaire. Nous j'avom va, onéi . enf. aux ordre* de *>n Roi. Ira- ‘"fier le- ligne# ennemie# devant Metz a ni - gé : il agit de même a iMtu.en Ue*din, C’e#t avec raison que la postérité a voué un véritable culte a ce compagnon barbier devenu le grand génie réformateur de la chur,;gie militaire et civile. Ses livre# furent de son ternp# ie Code de fa chirurgie, ma.# Jtour le# apprécier k leur juste valeur, il faut étudier convenablement le milieu dan# lequel il a vécu ,
Nou- n'a von# pas, ici, à insister sur toute l’œuvre de Paré- noo# devons nous borner a apprécier le# caractère# de *e# écrit* de chirurgie militaire.
?#on Tra>té de * ployé* d’are bute* vit le jour en 1 5 (â. comme 1 avons
déjà dit. fie fut «ori premier ous-rage : il était alors compagnon \a rbîer. Lne deuxieme édition parut en 1552 augmentée et enrichie de pLancbes; une troisième succéda en \bbil, l>#s diverse# éditions de ses éjf.nere% complète* ont reproduit son Traité de* pl/vje* <f arrl/yje* en j augmentant par-
J. La Intsliotbé'-foe <k la Facult* ital« la ymr* *rr* éi-rto a. — La
nationale n'a que la deuxième.
10 LA CHIRURGIE MILITAIRE FRANÇAISE AU XVIe SIÈCLE.
lois do quelque nouieau Discours. L édition, de Malgaigne a tenu compte de ces divers changements apportés au texte primitif.
Le st)lc de Paré est sobre; son esprit est essentiellement pratique; a"sant tout, il est ami des faits qu il expose avec simplicité et bonne foi.
Résumons rapidement ses opinions sur la nature, les caractères et le traitement des plaies d’armes à feu.
Il démontre par des arguments repris par les auteurs qui l’ont suivi et môme par des modernes, que les plaies produites par les coups de feu ne sont ni empoisonnées ni bridées. Ce sont pour lui des plaies contuses. Comme telles, elles doivent être soumises au traitement hippocratique de cette variété de plaies, c’est-à-dire à des applications de digestifs suppuratifs destinés à favoriser l’élimination de l’escarre. Le temps est bien proche encore où la doctrine de Paré était la doctrine classique! Cette pratique cruelle autant que pernicieuse qui consistait à les cautériser sous prétexte de détruire le poison dont elles étaient envenimées, il la supprime et la remplace dans sa première édition, il la rejette dans la seconde, après que quinze années de campagne lui ont1 fourni un complément d’expérience et d’autorité. C’est alors, mais alors seulement, qu’il raconte cette histoire de l’huile bouillante qui vint à lui manquer, histoire reproduite par tous les classiques et que nous avons nous-même rappelée.
Ces plaies peuvent guérir très simplement quand elles n’atteignent que des parties charnues et que le blessé est sain «en corps de bonne température ».Ces blessures sont alors « autant peu rebelles à curation et aussi faciles à traicter que celles qui sont faictes par austres bastons faisant vulneres ronds , contus, et de telle figure que faict le boulet { balle)1. Si elles sont suivies d’accidents graves, c’est que les nerfs (erreur de l’époque) et les os sont atteints. Dans ce dernier cas, « les balles ne se bornent pas à lés briser à T endroit touché, mais beaucoup plus loing » vers les jointures, comme il le dit nettement, ce qui « est la vraie cause des accidents ». Il a fallu plusieurs siècles pour que la première opinion [pratiquement si exacte , et si complètement oubliée après lui, soit reprise imposée par les faits; quant à la seconde, elle sert encore de base d’appréciation pour le pronostic de nos blessures.
Il s’arrête longuementàla recherche et à l’extraction descorps étrangers qui, pour lui, constituent la première indication thérapeutique à remplir, « car les accidents de douleur et de sensibilité ne sont si grands au commencement comme ès autres temps de la maladie » 2. Pour en décéler la présence, il conseille de se servir d’abord du doigt, « le sens du tact étant plus certain que nulle sonde ou autre chose insensible ». Si la balle est trop profondément placée, on se sert d’une sonde; la palpation des régions voisines de la blessure ne doit pas être oubliée. Toutes ces indications, ces prescriptions sont devenues classiques. Pour favoriser l’extraction de ces corps étrangers, la position du blessé et le débridement qui facilitera du même coup (il le dit) l’issue de la vaste suppuration consécutive, peuvent être utiles. Le premier précepte est un précepte hippocratique, mais Paré a soin d’insister par des exemples sur l’utilité qu’il y a à le suivre; pour le second, il reste, comme nous venons de le voir, dans de sages limites et se