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connaissent ni leur sujet, ni la vertu d’aucun remède! Et comment le feraient-ils, car peut-être n’y aura pas deux ans qu’ils étaient laquais, hommes de chambres ou palefreniers et de panseurs île chevaux se mettent panseurs d’hommes : coupants, tranchants sans besoin et sans méthode, n’ayant que l'impudence etla vanterie : tellement que s’il s’en guérit un entre leurs mains, plus tost par sa bonne habitude que par leur industrie, ils en feront trophée et s’en vantent par tout... Hélas! qu’on en a veu, qu’on en voit, que j’en ay veu, mais que j’en voy h »
Pour nous dépeindre ceux qui étaient attachés aux grands, il nous dit avec Pigray :
« Il ne faut pas croire que, pour être à la suite de quelque grand, aux armées, on soit un Hippocrate, un Galien, Esculape, Podalire ou Machaon »
A côté des scories de l’ouvrage de Planis-Campi, nous devons dire cependant que l’on trouve des chapitres intéressants, quelques rares idées personnelles, et quelques bons préceptes, repris pour la plupart il est vrai, à ceux qui l’ont précédé mais dont il apprécie cependant et consacre la valeur en invoquant son expérience personnelle.
Parmi ces chapitres intéressants, nous devons citer le chapitre Y, dans lequel l’auteur décrit les caractères des blessures faites par les projectiles en usage alors et distingue les divers éléments qui font varier ces caractères, avec une précision dont on pourrait encore s’inspirer aujourd’hui. Nous croyons devoir citer presque textuellement le passage qu’il consacre à ce sujet1 2 3 :
« Les orifices d’entrée sont étroites; celle de sortie, larges, la figure du trajet, euniculeuse, caverneuse, fistuleuse ; ces plaies ne s’accompagnent pas d’hémorrliagie au début, mais de stupeur locale. La forme de l’orifice est le plus souvent ronde, ou ovale, triangulaire, quadrangulaire ; quelquefois toute la partie est emportée; enfin, les orifices sont grandes ou moindres ou fort petites, suivant le calibre de la pièce qui a tiré le coup, comme pistolet., carabine, arc-buse, ou mousquet qui sont ceux dont on se sert le plus... puis, la grandeur de la charge, la bonté de la poudre enflammé, qui faict l’action plus ou moins violente; à quoy, il faut adjoucter la distance des lieux et la résistance de l’object ou subject, enfin la forme de l’arme, la matière dont les balles sont faites (plomb, étain, airain, fer, pierre, antimoine, marcasite), leur forme (ronde, angulaire, aiguë, carrée, triangulaire ou martellée), leur grosseur (grosse, moyenne, petite considérable, trois à quatre travers de doigts), leur nombre (1 , 2, 3, 4, o), la manière dont elles sont confectionnées balles ramées : réunies avec un fil d’arcbal)... »
De cette excellente description, rapprochons ces quelques lignes sur le pronostic qui figurent dans le même chapitre. Ce pronostic est basé sur l’importance des parties (blessures des articulations graves, des organes centraux très graves), l’état du blessé et la distance à. laquelle le coup a été tiré.
Quand la distance est faible, le pronostic est grave « a quoy le chirurgien prendra garde comme estant choses qui peuvent empescher la guérison, noire causer des griefs acindants quand promptement on n’y obuie par bons remèdes. »
A ce propos, il rappelle l’exemple d’animaux tirés près et qui se corrompent rapidement.