Bulletin de l'Académie de Médecine, 1872, p
Appareil de Favre. C'est Favre de Marseille qui a imaginé le premier appareil d’investigation électro-chimique que Fontan a utilisé. L’exploration de la plaie s’exécutait avec une sonde renfermant deux fils en métal enveloppés d’une couche isolante et communiquant avec une pile de Smée. Dès que l’extrémité des fils rencontrait un corps métallique, le courant voltaïque s’établissait et faisait dévier l’aiguille d’un galvanomètre adapté à l’appareil.
Appareil de Trouve1. Trouvé a remplacé le galvanomètre par un tremhleur. Son appareil, réglementaire dans l’armée, se compose d’une pile et d’un stylet explorateur. La pile est renfermée à l’intérieur d’un étui de caoutchouc durci. La moitié
Fig. 83. Pile de l’appareil de Trouvé. — Fig. 81. Stylet et révélateur de l’appareil de Trouvé. — Fig. 85. Pince à extraction de l’appareil de Trouvé.
seulement de la hauteur de l’étui est occupée par un tube de charbon et un petit cylindre de charbon adhérant au couvercle (voy. fig. 83). Lorsque l’appareil est verticalement placé, le liquide excitateur (solution de bisulfate de mercure) se rassemble à la partie inférieure et ne touche ni le zinc ni le charbon. La pile est au repos. Pour la faire fonctionner, il suffit de la coucher horizontalement. Le stylet (voy. fig. 84) se compose de deux tiges d’acier très aiguës, isolées entre elles et préservées par une enveloppe métallique. Ce stylet s’ajuste à frottement au révélateur ou tremhleur placé dans le disque qui termine le stylet. Une canule à mandrin mousse sert à faciliter l’introduction de ce stylet.
Un tire-fond et une pince américaine (fig. 85) constituent les instruments extracteurs. Ces derniers sont, pendant l’extraction, mis en communication avec l’électro-trembleur.
DES CORPS ETRANGERS
Lorsque le trajet parcouru par le projectile ne permet pas l’introduction du stylet et que cependant la douleur éprouvée par le blessé, la tuméfaction des parties ou tout autre signe fait soupçonner la présence du projectile dans un point du corps assez voisin de la surface cutanée, on enfonce dans cette direction des aiguilles à acupuncture qui remplacent le stylet.
L’instrument de Trouvé, qui n’est d’ailleurs qu'une modification ingénieuse des appareils de Favre et de Ruiimkorff, permet de reconnaître sûrement, et c’est là son principal mérite, non seulement la présence d'une balle, mais celle de tout autre corps étranger métallique. Avec lui, on peut même distinguer le plomb du fer et du cuivre. L'action du trembleur est plus énergique et plus continue quand les aiguilles rencontrent du plomb, parce qu’elles pénètrent dans ce métal et qu’elles ne se déplacent pas par glissement au moindre mouvement de la main comme cela a lieu quand elles sont en contact avec un corps dur et lisse.
L’appareil de Trouvé est un peu délicat; le trembleur ne donne pas toujours les avertissements voulus. Certains ont fait ressortir que ce trembleur pouvait être avantageusement remplacé par celui d’autres piles, de la pile de Gaiffe par exemple. Il suffit de mettre les réophores au contact des pôles de cette pile pour obtenir les avertissements d’un bruyant trembleur.
L’appareil électrique de Kovacs avec sonnerie *, celui de Schmidt de Berlin1 2, la sonde électrique de Liebreich3, qui renferme une pile et un galvanomètre et dont on a vanté le petit volume et la simplicité de construction, diffèrent peu des appareils de Favre et de Trouvé.
Appareil de Millot. En 1870, un médecin russe, le Dr Millot, a proposé de reconnaître et même d’extraire les corps étrangers et les projectiles de fer avec les électro-aimants 4 5. Il se servit, dans ses expériences, de petits éléments portatifs de Rulimkortf. L’idée d’extraire les corps étrangers en s’aidant des aimants est fort ancienne. Elle remonte au moins, comme nous l’avons vu, au siècle de Paré.
Appareil de Bell. Récemment, Bell a conseillé de se servir du téléphone pour reconnaître la présence des balles dans les tissus s. Une aiguille à acupuncture est enfoncée dans la région qu’on suppose renfermer la balle. L’aiguille est mise en communication avec l’une des bornes d’un téléphone que le chirurgien tient à l’oreille et l’autre borne est appliquée sur la peau de la région blessée. Lorsque la pointe de l’aiguille rencontre le projectile, il s’établit un courant électrique révélé par le bruit du téléphone.
Signalons enfin pour terminer quelques autres procédés d’investigation qui ne rentrent pas dans les catégories précédentes.
Fe.nger de Copenhague, en 1869, a proposé d’utiliser l’endoscope pour recon-