LE MANUEL DU CHIRURGIEN D’ARMÉE
Un inconnu, dont nous n’avons pu retrouver le nom dans le Dictionnaire des anonymes ou dans le courant de nos lectures et qui, à en juger par sa préface dans laquelle il parle d’un contact incessant avec le soldat, devait être un chirurgien de régiment, s’attacha, pendant les loisirs de la paix, à réunir pour lui, en vue d’une nouvelle campagne, les détails anatomiques dont la connaissance est indispensable à un chirurgien et à ajouter à l'expérience personnelle déjà acquise pendant plusieurs guerres sur la chirurgie d’armée le fruit de la lecture des classiques. Plus tard il fit imprimer ses notes sous le nom de Manuel du chirurgien d'armée. Ce livre fut assez estimé de son temps pour avoir les honneurs d’une troisième édition.
La première moitié est prise par le memento anatomique; sa seconde partie est consacrée à l’étude rapide, concrète des plaies d’armes à feu.
L. L. M. C... admet que, dans certains cas, les plaies d’armes à feu sont compliquées de brûlure, dans le tir de près; il n’ose affirmer qu’elles ne sont pas parfois envenimées, cependant il avance que les accidents qui les suivent et qu’on rattache au venin doivent être le plus souvent mis sur le compte de l’altération de la santé du blessé et de l’infection de l’air.
Il n’étudie un peu complètement que le traitement de nos blessures et de leurs complications, l’hémorrhagie, la douleur, la fièvre, le phlegmon, l’érysipèle, la gangrène. Il ne croit pas devoir insister sur les plaies cavitaires qu’il juge mortelles ou tout au moins d’une rare guérison.
Paré et Gui de Ghauliac sont les auteurs dont il s’est surtout inspiré.
Nous ne nous arrêterons pas à ce manuel qui ne renferme rien de bien original, et nous nous contenterons de rappeler que notre auteur ne parle pour ainsi dire pas de l’amputation, qu’il panse les plaies un peu plus rarement que ses contemporains avec des topiques peut-être moins compliqués, les digestifs simples, l’alcool, et qu’il reproche à ses collègues leur malpropreté pendant les pansements. « Ils ne songent non plus, dit-il, à la propreté de leurs instruments qu’à décrasser, rogner leurs ongles et tenir leurs mains nettes. »
C’est la première fois que nous voyons formuler cette idée à laquelle
1. Le Manuel du chirurgien d'armée ou l’art de guérir méthodiquement les plages des arqueôusades arec leurs accidents expliquez suivant les principes de la nature, accompagné d’un traité succint de l’anatomie conforme aux nouveautés du siècle, par L. L. M. C. Paris, \VR Chrostien, 1643, in-12, 340 payes. La bibliothèque de la Faculté de Médecine possède cette édition, c’était déjà la deuxième; la Bibliothèque nationale eu a une de 1080; lissol parle d’une troisième édition de 1693.
on attache aujourd hui avec raison tant d’importance; à l’exemple de Bienaise, il recommande la suture des tendons dont il ne redoute pas la blessure