‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 44 sur 460 · D AI LL Y · texte numérisé non relu

D AI LL Y

Le siècle de Louis XIV n'avait encore fourni que ces deux classiques de chirurgie militaire, Planis-Campi et L. L. M. C. quand Dailly, maître chirurgien juré de Paris, lit paraître son « Traité des blessures et plaies faites par armes à feu (1668).

Gama est dur pour lui. Il trouve son livre mauvais en se bornant à lui reprocher « d’avoir rajeuni des idées que la raison ne pouvait plus admettre ».

Dezeiméris le considère comme un traducteur. Après de pareilles appréciations, il ne reste plus rien d’un livre et d’un homme.

Si Dailly n’est pas un auteur bien original, son Traité cependant n’est pas si mauvais que le dit Gama, et d’un autre côté nous n’avons pu trouver de qui il pouvait être le traducteur. Sans doute il ne dédaigne pas ce que les écrits antérieurs lui fournissaient de documents pour élucider son sujet; il s’appuie à tout instant sur l’autorité d’Hippocrate, de Gelse, de Galien, de Paracelse, de Paré; c’est dans leurs écrits qu’il cherche les doctrines et les règles de sa pratique; il a de plus son auteur favori, mais en quoi pareils emprunts diffèrent-ils de ceux de tous nos classiques?

Dailly, avant d’écrire son livre, avait pratiqué aux armées; il nous le dit dans sa préface, mais quel rôle y avait-il joué, à quelles luttes avait-il pris part, quel degré de réputation sa pratique lui avait-elle attiré? Tous ces détails et d’autres qu’on aime à retrouver quand on étudie un auteur, nous sont totalement inconnus.

Les bibliographes médicaux qui consacrent parfois des colonnes à des auteurs d’un mérite plus contestable, l’ont même absolument passé sous silence comme ils l’ont fait d’ailleurs de beaucoup des nôtres qui méritaient mieux que cet oubli1 2 3.

Le traité de Dailly est volumineux. Il comprend 410 pages, ce qui était beaucoup pour cette époque où l’on voyait des chirurgiens de la plus haute expérience se contenter de produire, et à la fin de leur vie, des volumes bien autrement exigus. Il est également recommandable par sa forme, son style précis, sobre, serré, et les renseignements qu’il fournit. Non seulement on y trouve la discussion presque obligée alors sur la nature des plaies d’armes à feu, mais la description des plaies des régions. Sa lecture même aujourd’hui présente encore quelque intérêt.

Reproduisant les idées de Ferri, il est partisan de la brûlure et de la

1. L. L. M. C. cite parmi les auteurs français une autorité dont il n'est plus question après lui, peut-être à tort, car cet auteur a consacré à nos traumatismes des pages dans lesquelles il émet quelques idées personnelles. Il s’agit de Ranchin, professeur célèbre puis chancelier de la Faculté de Montpellier, qui parle assez longuement de nos plaies dans ses Questions en chirurgie.

2. Esquisse historique du service de santé en général. O. c.,p. 34.

3. Nous faisons allusion ici aux manques du Dictionnaire historique de Peryliie et JDezeimeris, de la Bibliographie médicale de Bayle et Thillaye, etc.

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