APERÇU SUR LA CUIRURGIE MILITAIRE DANS LES AUTRES PAYS DE L EUROPE
AU XVIIe SIÈCLE.
L 'Italie, qui, au siècle précédent, avait, dans l’ordre de la chirurgie hmme dans les autres sciences, marché à la tête du progrès, voit la France [ abord la suivre, puis la distancer. D’ailleurs ses Universités, qui naguère t icore rivalisaient avec une si noble émulation et où les étrangers, Alleands, Hollandais, Suisses, Danois et Français, se portaient en foule, coini encent à perdre de leur éclat. Le Traité de Plazzoni*, célèbre professeur
L L'aimanf, la poix, le gallanum, etc.
2. Plazzoni, Dr Vulnerihtis sclopçtorum, Padoue, 1605, in-4, 1643, in-1, et De ver a vie-
74 LA CHIRURGIE MILITAIRE FRANÇAISE AU XVIIe SIÈCLE.
de Padoue, auteur qui appartient également au siècle précédent, n’est qu un traité didactique écrit avec ordre et clarté, mais sans originalité. Plazzoni admet encore la brûlure de nos plaies, mais, avec Joubert, il propose de les traiter par l’eau pure. Magatus1 seul, dont nous avons rappelé les litres, apporte des idées, des pratiques heureuses et personnelles. Lui seul laissera des traces durables de son passage. Muratorius2, Siglicius5, Septalius*, Percettius, surtout les deux derniers qui ont consacré des articles étendus à nos plaies dans des traités généraux de pathologie, seront cités quelquefois dans les écrits de ceux qui vont suivre, mais ils ne feront que rééditer, le premier les idées de Magatus, le second celles de Ferri qu’il copie. Et puis ce sera tout! La première moitié du siècle terminée, il ne sera plus tenu compte des maîtres italiens qui s’étaient taillé si belle part dans l'bistoire de notre art au siècle précédent.
L 'Allemagne ne donne que vers latin du siècle un homme remarquable, Pürmann, chirurgien-major des armées de l’électeur de Brandebourg, professeur célèbre de Breslau, homme hardi, pénétrant, inégal. 11 fixe ses observations dans deux écrits5. Grausius6, professeur à l’université d’Iéna, auteur d’une dissertation sans intérêt, et Lebzelten7 sont des inconnus.
En Angleterre , Wiseman, le chirurgien du roi Jacques II, qu’on a surnommé le Paré des Anglais, dans ses Several chirurgical Treatise 8 consacre, dans les dernières années du siècle, deux livres intéressants à l’étude des plaies ordinaires et des plaies d’armes à feu. 11 ne fait que reproduire les idées de Magatus. Il avait été précédé par un auteur dont le nom et le titre de l’ouvrage seuls ne s’obtiennent qu’au prix de longues recherches, tant il est ignoré, c’est Clowes 9 qui nous donne un Traité des plaies d'armes à feu et de la syphilis . Citons enfin Wooball qui servit en 1589 dans l’armée de secours que la reine Élisabeth fournit à Henri IV. Il se contente, dans son ouvrage, de donner pour les jeunes officiers de santé l’énumération et de résumer les usages des topiques et des ustensiles utilisés en chirurgie d’armée10. De pareils auteurs comptent à peine.
En Hollande , Diemerbroock suit les armées, mais il se tait sur les résultats de sa pratique.
thodo quibuscumque vulneribus medendi cum eo medicamento quod aqua simplici et fruslulis de canabe vel de lino constat. Perusiæ, 1370, in-8.