Bégin, o. c., p
LA CHIRURGIE MILITAIRE FRANÇAISE AU XVIIIe SIÈCLE.
principaux hôpitaux militaires par les chirurgiens-majors auxquels incombait la tâche de faire reprendre, tous les ans, les exercices pratiques des amphithéâtres. Ce système d’enseignement du personnel subalterne à divers degrés et dans chaque hôpital offrait pour ce personnel et surtout poui ses chefs toutes les garanties désirables de connaissances solides, d habileté et d'expérience.
Un Comité consultatif de santé , établi d’abord au Ministère de la guerre (1772) 1 et composé de cinq médecins inspecteurs, présidés pai un inspecteur général et de deux chirurgiens inspecteurs, était mis constamment en rapport avec ce personnel qui, en 1 780, comptait à peu près le môme eflectif uu’auiourd’hui A. ce Comité étaient rattachées les attributions de notre ancien Comité consultatif de santé. Il était chargé d’inspections annuelles ou accidentelles suivant les besoins, appréciait les praticiens à 1 osuvre, stimulait leur zèle par sa présence ou les occasions qu il leur offrait de leur accorder des distinctions ou de l'avancement; il se tenait en communication avec eux, recevait tous les mois un rapport exact des maladies ou blessures graves observées, répondait aux avis qui lui étaient demandes sur les maladies épidémiques, examinait les remèdes proposes, réglait le o mulaire des hôpitaux militaires, dirigeait la publication du Journal de Médecine militaire , etc., etc... Ce comité de santé permanent fut bientôt dispersé et ses membres transformés en inspecteurs permanents de leu. département respectif dans lequel ils étaient tenus de résider. De la ils
rorresDondaient avec la direction centrale . .
Le service hospitalier comprenait celui de soixante-dix hôpitaux militaires et de soixante-six hôpitaux de charité au compte du Roi. Ces derniers étaient les analogues de nos hôpitaux militarisés. Dans les uns comme dans les autres les détails du service médico-chirurgical étaient réglés avec un esprit de méthode, de sollicitude, de prévoyance quon ne saurait t.op ad mirer avec un souci tel des égards dus aux blesses qu on allait jusqu à faire rechercher et prendre des mesures propres à assurer la valeur des chi-
rUrUaStête'du service médical des corps de troupes se trouvaient, des le siècle précédent, des chirurgiens-majors, mais ceux-ci n avaient eu d abo li pour les seconder que des aides, des garçons ou des eleves choisis pa. eu. ’et agréés par les chefs de corps, c’est-à-dire un personnel subalterne insuffisant. Sous Louis XV, ils ont, par régiment, un aide-major et deux elevi 'chirurgiens par bataillon d’infanterie et par régiment de cavalerie, tou
commissionnés parle Ministre de la guerre \
Tout ce fonctionnement était, nous le répétons, conçu dans son
, Sa nos plusieurs des attributions de cette autorité centrale étaient conférées au
éféveSurgUns régiment?, les 6aro.on,c,nrurKiens des hôpitaux, c’est-a-d,re les a,-
des subalternes. i780-1781, ils firent place à des chirurgiens-majors dite de dv i-
3. Supprimés enfin ™ ,in uéJ dans leur art et par leur service, lesquels dirigeaient
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voyaient aux besoins imprévus.
' 4. Bégin,. o. c., p. 67.
emblc avec beaucoup do sagesse et d’une façon très favorable au déveoppement scientifique de notre corps. Seules, certaines parties du service idministratif de nos hôpitaux, abandonnés à l’entreprise d’hommes plus «oucieux de leurs intérêts que de ceux des malades et des blessés, laissaient i désirer; mais ce n’est point là de notre histoire.
Le service de santé 11’avait pas été organisé avec moins d’intelligence , m vue des rudes obligations qui devaient lui incomber en campagne. Dès 'ouverture des hostilités, les chirurgiens des hôpitaux militaires et des Hôpitaux de charité assuraient le service des ambulances. Ils étaient immédiatement remplacés à l’intérieur par des surnuméraires ou par des praticiens des villes requis à cet effet, et après la paix, ils reprenaient les ; oostes dont on les avait éloignés *. Les dispositifs des ambulances étaient, comme nous le verrons bientôt à propos de l’analyse du livre de Bagieu, arrêtés avec beaucoup d’entente; leurs approvisionnements en matériel ipharmaceutique et chirurgical étaient réglés par le Conseil de santé ou le khirurgien-major de l’armée 1 2 3. Des voitures étaient spécialement destinées nu transport de ce matériel, et son installation dans des compartiments -commodes assurait sa préhension rapide et facile. Enfin des chariots à
- [uatre roues, chariots suspendus et bien aérés et pouvant contenir sur •chaque rang trois malades ou blessés, dans la proportion de vingt pour une armée de vingt mille hommes en augmentant graduellement de une par nmille hommes, marchaient à la suite de l’hôpital ambulant et assuraient le (transport des blessés.
Pour relier ces ambulances (dont l’organisation ne différait guère de
- celle des hôpitaux du pays) aux hôpitaux de l’intérieur les plus voisins, on dablissait des hôpitaux sédentaires dans les emplacements les plus vastes •t les plus commodes, d’après les ordres du général en chef. Dès qu’on le
{pouvait, on évacuait les blessés de l’ambulance à l’hôpital sédentaire le iplus voisin dans les voitures de cette ambulance; les hôpitaux sédentaires évacuaient à leur tour jusqu’à l’hôpital de l’intérieur le plus proche et on ne gardait au premier hôpital sédentaire que des intransportables. Quant -taux petits blessés qui dans un laps de temps très court devaient pouvoir ; rejoindre leurs corps, on les établissait en chambrées dans la ville où 'hôpital était établi, on les plaçait sous la surveillance des officiers du
- corps ou du détachement qui s’y trouvait et on leur donnait de l’hôpital la nourriture nécessaire a.
A lire ces documents qui semblent si bien ceux d’hier, ne faut-il pas faire quelque effort pour se reporter par la pensée à plus d’un siècle de distance?
Enfin, pour terminer, citons la création sous le règne de Louis XV des 'hôpitaux thermaux où les militaires blessés étaient envoyés pour y comipléter leur cure.
Solidement organisée, ayant à sa tête les chirurgiens les plus expérimentés et les plus actifs du royaume, jouissant d’une réputation européenne et possédant en raison des services rendus, l’estime et la rcconinaissance des chefs de l’armée, c’est-à-dire des dignitaires les plus aimés