‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 56 sur 460 · SIÈCLE · texte numérisé non relu

SIÈCLE

dans 1 État, délivrée de toute entrave par la nature môme de ses obligations pressantes et étendues, combien cette chirurgie militaire du xviiiu siècle ressemblait peu à la chirurgie civile sur laquelle la médecine encore toute-puissante exerçai! une blessante suprématie! Aussi c’est de son sein môme que partit l’attaque contre des usages surannés et l’Académie de chirurgie, érigée presque exclusivement par les chirurgiens de l’armée, allait, en retour, répandre sur notre corps le plus vif éclat qu'il ait jamais reçu. Nous reviendrons bientôt sur cette belle page de notre histoire que nous quittons pour passer maintenant à l’analyse des Traités ou des Œuvres de chirurgie militaire du xvm0 siècle.

LE Dll A N (HENRI-FRANÇOIS) (1737)

Fils de ce chirurgien-major des armées qui imagina et pratiqua le premier la désarticulation de l’épaule, Le Dran, prévôt du collège des chirurgiens de Saint-Côme, ancien chirurgien-major delà Charité, Directeur de l’Académie de chirurgie, figura longtemps dans nos armées comme médecin consultant des camps et armées du roi. Il compte parmi nos meilleurs classiques.

Quand, en 1734, Petit le fils, à peine âgé de vingt-quatre ans, fut nommé chirurgien-major de l’armée de cent mille hommes qui devait assiéger Philibsbourg, de la Peyronnie qui, en tant que chef de la chirurgie du royaume, surveillait tout ce qui pouvait assurer l’honneur de cette chirurgie, crut devoir lui adjoindre un homme d’une expérience mieux reconnue et d’une plus haute autorité. Son choix porta sur Le Dran. Ce dernier avait alors cinquante ans. 11 fit cette campagne d’Allemagne comme consultant et c’est le résultat des observations qu’elle lui procura, qu’il a consigné dans son Traité ou Réflexions tirées de la pratique des plaies d’ar mes à feu L

Ce livre, condensé en 237 pages in-1 8, n’est presque qu’une suite d’aphorismes. Dans aucun autre de nos traités classiques on ne trouve plus de méthode dans l’arrangement des matières, plus de simplicité, de netteté dans l’exposé, et d’autorité dans les préceptes. D’une lecture encore instructive et toujours intéressante pour nous, il constituait un guide très précieux pour les chirurgiens de son temps qui rappellent sans cesse les opinions et s’appuient sur les pratiques de son auteur. C’était l’œuvre mûrie d’un chirurgien consommé1 2.

Ses doctrines sont celles que l’on attribue à l’Académie de chirurgie dont il était un des représentants les plus élevés. Lorsqu’il croit devoir invoquer l’autorité de ses devanciers, c'est à celles de Paré et de Manget qu’il s’arrête de préférence.

La première moitié de ce Traité est consacrée aux aperçus généraux, aux caractères, aux accidents de nos blessures; dans la seconde, il étudie les blessures par coups de feu des diverses régions.

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