‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 6 sur 460 · Edition Malgaigne, tome II, p. Ml · texte numérisé non relu

Edition Malgaigne, tome II, p. Ml

LA CHIRURGIE MILITAIRE

FRANÇAISE AU XVIo SIÈCLE.

favorisé par 1 humidité. Nous verrons plus loin que colle théorie souleva de violentes critiques, entre autres de la part de Le Paulmier de Caen.

Nous avons dit déjà ce que Paré pensait de l’extension des fractures par coup de feu. Leur division en fractures simples, transversales, obliques, complètes ou incomplètes, esquilleuses, mérite d’ôtre mentionnée. Elle est à la fois très simple, très juste et très pratique, pour être renouvelée déjà des anciens. Pour les esquilles, il voulait qu’on enlevât celles qui étaient complètement détachées, « estant premièrement sans violence les esquilles totalement séparées. Car s’elles adhéroient avec une d’icelles, n’auroient hesoing d’estre osté et se pourroient agglutiner par la vertu nutritive de l’os. Puis fault esgualer et réduire l’os en sa situation, le tenant en bonne figure avec bandes et compresses, eslacs, astelles faites de boys, plomb, fer blanc, cuir corroyé, gros papyer de chartes ou escorce d’arbre1 ». Ses appareils de contention habituels sont aussi pratiques qu’on peut les désirer, et nous étonnerons sans doute en disant que ce sont eux qu’emploient encore de nos jours maints chirurgiens. Pour les membres inférieurs, il recommande les fanons « torches de paille, au milieu desquelles, pour plus fortement tenir , l’on mettra une verge de boys les révolvant d’un drap... et au commencement faut peu éstraindre la partie, en laissant une fenestre à l’endroict de la playe pour la médicamenter sans la deslier2. » Pendant qu’il allait visiter un de ses clients, à cheval, comme

c’était l’habitude alors, ayant été atteint d’une fracture de la jambe compliquée de plaie déterminée par un coup de pied de sa monture, Paré fit pour lui-même usage de cet appareil sur l’application duquel il fournit de fort judicieux préceptes que nous ne pouvons rappeler ici. Pour les membres supérieurs «si la fracture est accompagnée d’une plaiye, tu prendras garde de soustenir le bras avec lame de fer blanc courbée ou gros papier de charte (carton) ou austres propres à le faire... et de situer le bras sur un petit oreiller...»

Rappelons que c’est Paré qui a imaginé la iambe de bois, « jambe de bois pour les vulgaires», et qu’on trouve dans son premier Traité les dessins d’appareils prothétiques de riches pour les membres inférieurs et pour les membres supérieurs, lesquels appareils, pour l’époque à laquelle ils ont été conçus, ne sont rien moins que très remarquables. Ajoutons que les fabricants de nos jours ont cru devoir leur emprunter divers dispositifs fondamentaux.

Paré avait observé le phénomène connu sous le nom de « vent du boulais », sans cependant se rendre cause de sa véritable cause qu’il rattachait comme on l’a fait d’ailleurs jusqu’à une époque très rapprochée de nous, à la pression subite de l’air.

A l’exemple de certains théoriciens de nos jours, il admettait que la balle chassait de l’air devant elle, lequel air contribuait à augmenter les

11 s’arrête dans sa deuxième édition sur la manière de traiter les brûlures faites principalement par la poudre à canon. 11 préconise l’oignon auquel il tient beaucoup, un onguent de litharge, et l’eau de chaux. Son

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