Édition de 1545, folio
AMHllOISE PARE.
Traité de la brûlure est suivi d’un Traité de la gangrène, dans lequel il insiste sur la gangrène par le froid. A propos de l’amputation qu’elle impose parfois, il détermine le lieu d’élection de l’amputation de la jambe « à cinq doigts ou environ près le genouil, pour lequel l’amputation faicte en ce lieu ou partie pourra après mieux faire son action, qui sera marcher avec une jambe de boys 1 ». Si pour le membre inférieur les nécessités de la prothèse guident le chirurgien, au membre supérieur, il pose en principe qu’il faut enlever le moins possible.
Il nous apprend encore que, de son temps, on appliquait, avant l’amputation, un lien solide un peu au-dessus du point où devait porter la section des chairs et que ce lien avait à la fois l’avantage d’assurer l’hémostase et de prévenir les douleurs, pratique reprise de nos jours, et que plusieurs voudraient faire considérer comme toute nouvelle.
Paré, on le sait, proposa la ligature directe des vaisseaux de la surface cruentée des moignons amputés, mais dans ses traités de chirurgie militaire, il préconise encore la cautérisation et ce ne fut que plus tard, dans ses Œuvres complètes , qu’il réprouva ce procédé « comme chose très horrible et cruelle, seulement à raconter amenant de très grands et per-
nicieux accidents, et le plus souvent la mort. Qu’il soit vray, on ne vit oncques de six, ainsi cruellement traité eschaper deux encore estoient-il longtemps malade...2» Ce ne fut qu’à partir de Paré qu’on s’adressa avec moins de crainte à l’amputation à laquelle les anciens ne recouraient qu’à la dernière extrémité à causé de l’insuffisance des moyens d’hémostase alors utilisés.
Paré admettait la rareté des hémorrhagies primitives dans les plaies d’armes à feu; il assignait le quatrième, le cinquième et le sixième jour à l’apparition des hémorrhagies consécutives.
Renouvelant un précepte ancien, il recommande de ne délaisser jamais un blessé, quelque grave et désespérée que soit sa situation. A l’appui de oe précepte, il fournit des observations intéressantes de plaies intestinales, de blessures du cou avec lésion de la trachée et d’une jugulaire, et de blessures très graves du thorax terminées par la guérison.
Après avoir étudié les plaies par armes à feu, Paré s’arrête sur les diverses particularités relatives aux blessures par les flèches, les dards, qu’on observait peut-être alors plus fréquemment que les premières, et les étudie avec grand soin. Nous ne croyons pas devoir le suivre dans son exposé.
Si nous nous sommes complaisamment étendu sur la vie de Paré, à l’encontre de ce que nous ferons pour ses successeurs, c’est qu’il représente, comme on peut en juger par ce qui précède, la personnification la plus élevée de la chirurgie militaire. La plus grande partie de sa vie se passe dans les camps, dans nos armées ; son histoire se confond avec l’histoire des guerres de l’époque. Partout où s’ouvraient des hostilités, on trouvait Paré. Quoi qu’en disent maints historiens, il nous appartient donc bien plus qu’il n’appartient à la chirurgie civile à laquelle il ne consacre que les faibles loisirs que lui laissent ses nombreuses campagnes. Paré, à la lin