‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 65 sur 460 · BORDENAVE · texte numérisé non relu

BORDENAVE

des tentes, des sétons, répondit à son appel. Mais on s’étonne (pie son mémoire écourté, où le style dogmatique masque la faiblesse du fond, ait pu mériter la haute récompense promise et que l’Académie en le lui décernant ait cru devoir l’engager à ne plus concourir. Aussi nous ne nous y arrêterons pas longuement.

Pour Lecat, nos plaies sont de simples plaies contuses et leur malignité doit être rattachée à la tension excessive des tissus, à la stupeur, à l’éréthisme général, à la commotion. Les plaies d’entrée sont plus petites que les plaies de sortie parce qu’à leur niveau les tissus engorgés en rétrécissent le calibre. Au point de vue du traitement, il est éclectique et dans l’énumération de ses topiques il met sur la même ligne l’huile de petit chien de Paré, les suppuratifs communément employés de son temps et les émollients. Il est partisan des dilatations, des sétons, mais, et il faut lui en savoir gré, il ne veut pas, comme on le faisait communément alors, qu’on change la forme de la plaie par des incisions en se basant sur cette, fausse idée que les plaies rondes guérissent moins bien que les longitudinales. Les autres indications thérapeutiques sont trop écourtées pour que nous nous y arrêtions. Nous ferons cependant exception pour le traitement hardi qu’il préconise dans les ostéomyélites suppurées consécutives aux contusions des os, accidents qu’on reconnaît aux douleurs profondes, au mauvais état de la plaie et du malade. Dans ces cas, il veut qu’on trépane l’os sans attendre et qu’on poursuive par la perforation le pus aussi loin qu’il s’est étendu. Pour être renouvelé, le précepte n’en reprenait pas moins quelque portée à être rappelé et recommandé par Lecat.

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