FAURE
L’Académie de chirurgie avait proposé pour le Prix de l’année 1756 la question de l’amputation immédiate ou différée dans le fracas des os des membres par projectiles2. Faure, chirurgien-major du régiment de Royal- Vaisseaux, répondit à son appel.
S’appuyant sur le petit nombre de succès que l’amputation primitive avait fourni après Fontenoy, et sur les résultats avantageux et encourageants donnés d’autre part par la conservation, il conseille, en invoquant les résultats de sa propre expérience et de celle de Read, chirurgienmajor de l’hôpital de Valenciennes (centre d’évacuation de neuf cents blessés de la bataille de Fontenoy), de ne recourir à l’ablation immédiate des membres que dans les cas pour lesquels l’indication n’en paraît pas douteuse (fracas des grandes articulations, ablation complète ou incomplète d’un membre par gros projectiles, lésions des gros vaisseaux) et pour les autres lésions, il veut qu’on ne s’y adresse qu’après l’insuccès de la méthode conservatrice armée. Une suppuration trop abondante ou de mauvaise nature, l’altération des os, le dépérissement du blessé, constituent les indications de ces opérations retardées, lesquelles pratiquées justement à une époque où la réaction est souvent bien moins vive, du quinzième au vingtième jour, fournissent, pour lui, une proportion de succès de beaucoup supérieure à celle des opérations primitives3.
Faure était, en fait, partisan de la conservation, mais il avait le grand tort de faire la part trop large à l’amputation et surtout de confondre la période intermédiaire et celle que nous appelons secondaire.