MORAND
Morand père lut chirurgien-major en chef de l'hôtel royal des Invalides, puis chirurgien-major consultant du môme hôpital. Si nous en croyons Louis, c’était un praticien ordinaire bien qu’il ait joui d’une certaine notoriété. D’après certains auteurs, il auraitlo premier pratiqué la désarticulation de l’épaule dont le plus grand nombre attribue avec raison la paternité à Le Drap.
Son (ils, né en 1697, eut une carrière bien autrement brillante. Il commença l’étude de la chirurgie sous l’œil de son père aux Invalides et à dix-neuf ans il était déjà chirurgien-major du camp de Brouage. Quelques années plus tard il obtenait la place de chirurgien gagnant maîtrise à l’hôtel des Invalides et la survivance de son père. Chirurgien de la Charité, puis chirurgien-major des gardes françaises, il accompagna en 1741 son régiment dans les Flandres, mais il ne garda pas longtemps ce poste qui s’accordait mal avec ses habitudes sédentaires et les nécessités d’une clientèle très étendue. Il revint àParis en 1741, fut nommé Inspecteur des hôpitaux militaires; en 17 46, il fit l’inspection des hôpitaux des Trois-Évêchés.
Morand appartint à la fois à l’Académie de chirurgie, comme secrétaire perpétuel, et à l’Académie des sciences. Il était asssocié de presque toutes les compagnies savantes de l’Europe. Ce fut un favorisé de la fortune. Il jouit d’une très grande renommée, mais à laquelle les intrigues n’étaient pas, dit-on, toujours étrangères. Louis, dans ses notes, nous trace de ses mérites un tableau moins llatteur que celui qu’il lui consacre dans son éloge académique *. Ses Opuscules cle chirurgie ne constituent, en fait, qu’un mince tribut à notre science et parmi ses nombreux mais peu substantiels Mémoires de chirurgie, nous n’avons à citer ici que son travail sur les hémorrhagies, dans lequel il explique l’hémostase spontanée par le rebroussement des tuniques artérielles et il donne à la compression et à l’agaric qu’avait préconisé Brossard avant lui, la préférence sur tous les autres moyens hémostatiques1 2.
PIB BAC3
Le chirurgien-major de Boyal-Dragons nous est surtout connu pour l’espèce de proscription qu’il jeta sur l’emploi des sutures dans la réunion
1. Ego'iste et vaniteux, noua dit-il, il possédait un art tout particulier pour grossir son bagage scientifique et diminuer celui des autres. (Notes ajoutées à l’éloge de Morand par Louis. Étoffes de C Académie de chirurffie, de 1750 à 1792, par Louis, Paris, 1899.)