Mémoires de l’Académie de chirurgie, t. III et t. IV
2. Antoine Louis secrétaire perpétuel de l’Académie de chirurgie, chirurgien-major consultant, inspecteur de nos hôpitaux militaires, était issu d’une famille de chirurgiens d’armée. Son grand-père avait été chirurgien-major du temps de Louis XIII*; son père, chirurgien-major de l’hôpital militaire de Metz, s’était acquis dans cette ville une grande réputation d’habileté et de savoir. Il était, au dire de Sue **, consulté dans les cas les plus épineux. C’est sous l’œil d’un tel père, dans un grand hôpital militaire, que Louis commença ses études médicales. Après cinq ou six années de séjour dans le service de son père, il fut envoyé aux armées, où il servit en qualité d’aide-major, puis de chirurgienmajor de régiment. La Peyronie, qui s’attachait à réunir à Paris tous les chirurgiens d'avenir, y fit venir Louis lequel exerça d’abord à la Salpétrière, puis à la Charité, comme substitut de Dufouard; mais les ennuis, les tracasseries que lui firent éprouver les Frères de cet hôpital, le firent bientôt rentrer dans les rangs de la chirurgie militaire. En 1761, il reçoit un brevet de chirurgien-major consultant de l’armée du Haut-Rhin, où il se distingue par son zèle et sa haute valeur scientifique. A sa deuxième campagne, à Cassel, il fut atteint, dans nos hôpitaux, d’une maladie grave, dont il faillit mourir. La paix de 1763 le ramèna à Paris et le rendit a ses occupations professorales et académiques.
Homme d’une érudition solide et très variée, d’une grande perspicacité et d’un excellent jugment, Louis a beaucoup écrit sur les sujets les plus divers. Ses Eloges Académiques constituent des modèles de littérature médicale, par la facilité, l’élégance du style, en même temps que par la richesse et la profondeur des vues. Nul ne l’a surpassé dans ce genre de production. Ses titres étaient si nombreux qu'il se lassait lui-méme de les rappeler en tète de ses ouvrages. Il s’en est acquis un de plus à nos yeux, celui d’avoir bien compris la valeur de Percy et de s’ètre montré son protecteur.
*. Communicaiioa orale du Dr Begin, bibliothécaire de la Bibliothèque nationale, son parent.
**. Sue le jeune, Éloge de Louis, o. c.
J. B A ai EU.
Ses Mémoires sur l’amputation 1 dans lesquels il parle souvent de son expérience acquise à la guerre méritent d’être encore cités.
Chirurgien du Fort-l’Évêque, il fut obligé do s’attacher à l’étude de la médecine légale militaire; la médecine légale était d’ailleurs une de ses études de prédilection.
Le frère aîné d’Antoine Louis était également chirurgien-major. II laissa dans les armées la réputation d’un habile praticien et d’un homme plein de courage 2. L’Académie de chirurgie distingua plusieurs de ses écrits.