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BLESSURES DES SINUS FRONTAUX

Les sinus frontaux peuvent être ouverts par des balles mortes qui teignent la partie inférieure du front. Plus souvent, ils sont intéressés r des projectiles animés de vitesses variables qui suivent un trajet rallèle à leur paroi antérieure. Dans les perforations de la tête, l’ouverre des sinus constitue une complication de peu d’importance.

Le siège de la blessure, l’épistaxis, un emphysème limité à la base i nez et aux paupières ou étendu sur la face, l’issue d’air par la plaie rsque le blessé se mouche, l’enfoncement osseux, la crépitation, sont

1. En Crimée; la mortalité de ces blessures fut de 11,9 p. 100 (Ciihnu), de 7,-i p. 100 atthkws); en Amérique de o,l p. 100. Leur gravité serait moindre, insignifiante, sous ' pansements antiseptiques. ; . - * •

les signes de ces fractures. L’issue de liquide céphalo-rachidien, ou de 1 matière cérébrale, les troubles encéphaliques concomitants indiquent une lésion simultanée des deux parois des sinus frontaux.

Quand elle est limitée à sa paroi externe, la fracture du sinus frontal est peu grave. Quand, au contraire, la paroi interne est fissurée ou fracturée, le traumatisme est sévère à cause des dangers d’infection des méninges.

Percy, Baudgns, O ti s , Mackenzie, Marchant, nous ont fourni des obser- i vations de blessés dans les sinus frontaux desquels des balles avaient i pénétré et séjourné. L’irritation locale que ces projectiles peuvent amener et sa propagation possible au cerveau imposent leur ablation rapide.

Les pénétrations simples ne réclament que des pansements antisepti- ; ques rigoureux. Dans les fractures esquilleuses, il faut, de plus, pratiquer l’ablation des esquilles libres. Les fragments osseux de la paroi externe sont d’une extraction facile; celle des fragments de la table interne est plus délicate.

Que la table interne soit fracturée comminutivement ou simplement i fissurée, il est indispensable de désinfecter très minutieusement les fosses jj nasales. Si la paroi externe a, dans ces cas, subi une perte de substance i; de quelque étendue, on pratiquera, par cette ouverture, le tamponnement I du sinus ouvert avec de la gaze iodoformée et l’on continuera assurer i ce tamponnement jusqu’à la guérison de la fissure ou le bourgeonnement il du foyer crânien. Les ostéites et les nécroses consécutives à ces fractures U réclament les interventions habituelles. Guthrie a avancé qu’après guérison des pertes de substance de la paroi antérieure du sinus, la cicatrice jj était, pendant les efforts d’expiration, soulevée par l’air, qu’il survenait un ! pneumatocèle.

BLESSURES DE LA RÉGION ORBITAIRE

Lésions des paupières et des parties molles de l’orbite. — Les

armes piquantes traversent les paupières; les armes tranchantes les divisent, les projectiles les contusionnent, les sillonnent, les perforent, les déchirent ou les abrasent partiellement. Dans ces divers traumatismes, la peau seule ou la peau et les cartilages tarses en môme temps sont intéressés.

Il est bon, sans être indispensable, de réunir par la suture les lèvres des plaies en sillon et en séton. Il est toujours nécessaire de suturer les lèvres des plaies par section ou les lambeaux dilacérés. On a conseillé d’exciser les bords contus des plaies dilacérées avant d’en faire la réunion. Cette pratique nous semble peu recommandable. La suture doit non seulement coapter les surfaces cutanées, mais comprendre les cartilages tarses. Les bords de la solution de continuité des cartilages sont maintenus en contact avec une suture en surjet ou à points passés au catgut perdu, et ceux de la plaie cutanée par des sutures au crin de cheval. Il n’est pas inutile de recommander de commencer les sutures par le bord libre. On évite ainsi toute encoche de ce rebord. Une compression méthodique exercée sur l’œil par le pansement contribue, avec les sutures, à assurer la coaptation des surfaces divisées.

Pansées antiseptiquement, ces blessures guérissent très simplement:

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BLESSURES DE LA RÉGION ORBITAIRE

□al réunies» elles peuvent être suivies d’entropion, d’ectropion, d’ankyoblépharon, de symblépharon (Chenu), enfin, d’adhérences vicieuses avec ! 'orbite. Nous n’avons pas à insister ici sur les moyens classiques de pré-

venir ou de combattre ces difformités. Les pertes de substance étendues □raient pour conséquence de laisser l’œil à découvert si consécutivement, ou plutôt, à une époque rapprochée du traumatisme, on n’avait recours à des opérations autoplastiques. La déviation des points et conduits lacrymaux par des cicatrices rétractiles, la destruction de ces mômes conuits entraînent de l’épiphora (Chenu, Otis).

Comme les paupières, les parties molles de V orbite sont rarement itteintes isolément; le plus souvent elles sont pénétrées avec la voûte rbitaire ou l’œil. Leurs traumatismes perdent alors tout intérêt.

Lésions de l'orbite. — Si, dans certains cas, les parois orbitaires ont frappées isolément par les armes blanches et les projectiles, le plus ouvent, elles sont lésées en môme temps que l’œil. On sait de temps immémorial, depuis Hippocrate, que les chocs violents du rebord orbitaire ; ipérieur peuvent être suivis, sinon d’une façon exclusive, au moins plus ouvent que les contusions des autres parois, de troubles visuels graves, e cécité absolue ou incomplète, immédiate ou tardive, temporaire ou eersistante. Après chaque campagne, nos classiques ont réuni un certain ombre d'exemples de ces accidents. On les observe surtout après des Dntusions, mais on peut également les constater à la suite des plaies par : rojectile du rebord orbitaire sourcilier.

On a rattaché ces amblyopies à une lésion du frontal, laquelle par i dion réflexe, retentirait sur le nerf optique; on a invoqué une blessure mneomitante du cerveau, des nerfs optiques des désordres concomitants e l’œil. L'innocuité des divisions chirurgicales du frontal et la constataon de ces amauroses à la suite de traumatismes portant sur des points !3 l’orbite autres que ceux qui ont des rapports directs avec le nerf sus- , -bitaire, ne permettent pas de s’arrêter à la première explication. Par >ntre,la lésion concomitante du cerveau et celle des nerfs optiques, due à commotion cérébrale, a été parfois vérifiée à l’autopsie, ou affirmée par «s troubles présentés par les blessés; enfin, dans un certain nombre de

Iis, on a constaté l’existence d’un décollement rétinien ou d’un épancheent intra-oculaire dont la disparition progressive a été suivie du retour ; la vision. Mais, ni les lésions concomitantes et visibles de l’œil, ni •lies du cerveau ne pouvaient expliquer tous les cas. Hôlder, Berlin et Iiauvel 1 concluent des faits soumis à leur observation ou analysés par Uix. que la cécité consécutive aux chocs portés sur le rebord orbitaire, t presque sûrement liée à une fracture directe ou indirecte de la voûte hilaire dans le canal optique. Le nerf est alors, comprimé par un épanœment, atlrit par les os déplacés, par une esquille, comme Larrey 'l’a anstaté à l’autopsie d’un blessé d’Essling, ou comprimé consécutivement ir un cal. Panas2 et Abadie3 avaient rattaché ces amauroses à un épan-

L Chauvel, Article Orbite du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, 1S81. ! 1. Panas, Contribution à l'étude des troubles circulatoires visibles à V bphlalmoscope I ’.ns les lésions traumatiques de l’encéphale, iu Bull. Acad, méd., 1 87ü.

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