Eu. Dei.orme, in liull. Soc. chir. 1887, p
BLESSURES DE LA FACE
luses par coup de feu, avant do les réunir. Celte pratique expose à produire des pertes de substance inutiles. L’écoulement du sang sera arrêté par les moyens ordinaires. Souvent la suture seule suffira pour l’arrêter. Les lésions des branches du facial sont suivies d’une paralysie persistante et irrémédiable. Les blessures du canal de Sténon donnent rarement lieu à des fistules ou à des tumeurs salivaires, contrairement à l’opinion de Thomson. Dupuytren, Chenu, le Rapport allemand de 1870 ont cite quelques exemples de ces fistules. On les observe surtout dans les perforations incomplètes de la joue. La réunion des lèvres d’une plaie perforante complète suffit d’ordinaire pour tarir l’écoulement de la salive, soit que les deux parties du canal se soudent et que la salive reprenne son cours normal, soit que le bout postérieur seul assure son écoulement. Si cette réunion se montrait insuffisante, on aurait recours à la compression et plus tard à la cautérisation. Dans les perforations incomplètes, on compléterait la section des parties molles par une incision faite dans l’intérieur de la bouche en regard de la plaie extérieure.
Les blessures de la langue par les armes tranchantes sont si exceptionnelles que nous n’avons pas à en parler. Atteinte par les projectiles, la langue est érodée, sillonnée sur sa face dorsale, perforée dans sa partie la plus épaisse, abrasée à sa pointe. Rarement elle est atteinte isolément; d’ordinaire elle est frappée par des projectiles qui ont fracturé les dents ou les maxillaires et, dans ces cas, les dents et les esquilles projetés contre elle étendent les dégâts produits par les balles.
Les plaies de la langue par projectiles ne constituent de lésions sérieuses qu’autant qn’elles sont compliquées d'hémorrhagies ou de corps étrangers. Simples, elles ne donnent lieu qu’à quelques symptômes sans importance, à une salivation abondante, à une gêne temporaire dans les mouvements de l’organe et guérissent avec une remarquable rapidité, sans réclamer d’autre traitement que quelques lavages antiseptiques et l’usage, pendant quelques jours, d’aliments liquides.
Les hémorrhagies abondantes sont beaucoup plus rares après les coups de feu de la langue qu’à la suite des plaies par instruments tranchants. L’application de pinces à forcipressure, la cautérisation ou la suture à anse des lèvres de la plaie, avec du catgut perdu, arrêteraient aisément l’écoulement de sang fourni par une plaie antéro-latérale. Quand celui-ci est fourni par une artère de la base, l’intervention chirurgicale directe est des plus difficiles, parfois impossible, et l’on peut être entraîné à faire la ligature de l’une ou des deux linguales.
Les plaies de la langue par coup de feu sont très souvent compliquées par la présence de dents complètes ou fragmentées et d 'esquilles détachées des maxillaires. Ces corps étrangers, mal tolérés dans la majorité des cas, déterminent des inflammations circonscrites ou étendues. La langue, considérablement augmentée de volume, fait saillie hors de la bouche; la parole, la mastication, la déglutition sont gênées, et la respiration, du fait du refoulement de l’épiglotte, devient difficile. Après la sédation de ces alarmants symptômes, plus rarement d’emblée, on constate sur la langue un noyau d’induration peu douloureux à la pression, et au centre d’une surface ulcérée et fongueuse répondant à ce nodus, on aperçoit l’orifice d’un trajet qui conduit sur le corps étranger.
PLAIES des joues, des lèvres et de la bouche.
L’intolérance habituelle dê ces corps étrangers doit engager à en prati- Lier l’extraction à une époque aussi rapprochée que possible du traumasme, et on aurait tort de compter sur les cas de tolérance relative, une durée de quatre et de six ans, signalés par Boyer et Manget. L’ab- •nce d’une ou de plusieurs dents, la constatation d’une plaie de la langue i cul-de-sac, le gonflement inflammatoire do cet organe, la persistance un trajet fistuleux, sont des signes qui feront soupçonner la présence ? corps étrangers osseux ou d’un projectile. L’exploration directe lèvera us les doutes.
Un voltigeur de la garde, blessé à Ladongchamps, fut apporté à l’ambulance lelques jours après sa blessure. Laugier le trouva assis sur son séant, extrémeent gêné pour avaler et pour respirer et dans un véritable état d’angoisse. 11 ait dans l’impossibilité de parler, et réduit à se faire comprendre par gestes et . écrivant. A l’examen du blessé, on constata une perforation de la joue et l’ablam des deux secondes petites molaires supérieure et inférieure. La région, susoïdienne était empâtée et douloureuse, surtout à la pression, et le blessé faisait mprendre qu’il y sentait, de temps en temps, quelque chose remuer. La langue, tant que son gonflement et les souffrances éprouvées par cet homme en permettent l’examen, était déchirée sur son bord droit, et, sur la plaie, on constatait, in sans surprise, l’orifice d’un trajet creusé dans l’épaisseur de l’organe. Le doigt troduit dans ce trajet, avec ménagements, parcourut toute la longueur de la ague et rencontra, à la partie inférieure de la région sus-hyoïdienne, un corps r, rucueux, mobile, que la pince à pansement attira. C’était une balle aplatie et formée, accompagnée d’une molaire supérieure qu’elle avait entraînée avec elle, imélioration qui suivit l’ablation de ce corps étranger ne fut que passagère; le nflement de la langue augmenta et, le sixième jour, le blessé mourait d’hémor-
iagie
Fig. 25t.
Des incisions d’une étendue suffisante assureront l’extraction de ces rps étrangers. Celle-ci peut être très délicate- quand les projectiles nt fixés dans la base de l’organe. La Roche en a t l’expérience sur un blessé de Lyon chez leel une balle s'était arrêtée à ce niveau, après oir traversé la partie postérieure du cou 1 2.
L’ablation des corps étrangers, des lavages aneptiques réitérés de la bouche , les scarificamns, sont les moyens à préconiser pour comttre la glossite aiguë d’origine traumatique. La ne de la respiration que la glossite entraîne ut rendre la trachéotomie nécessaire. Les dila-
rations étendues de la langue donnent lieu à des cicatrices qui gênent mastication, la déglutition et la phonation. Son ablation presque taie pourrait engager le chirurgien à recourir à l’appareil de prothèse Martin.
Coups de feu tirés dans la bouche ou sous le menton, à bout portant, ou à ■ s courte distance. — Les coups de feu tirés accidentellement, à très urte distance, de haut en bas ou de bas en haut, plus souvent ceux qui nt dirigés contre la face, dans des tentatives de suicide, déterminent des
Prothèse de la langue. Appareil Martin (de Lyon).