‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 160 sur 340 · La Roche, o. c., p · texte numérisé non relu

La Roche, o. c., p

BLESSURES DE LA FACE

lésions qui, par leurs caractères typiques et leur gravité, méritent une! description particulière. Legouest dans sa Chirurgie d'armée les a étudiées! d’une façon magistrale1. En raison de leur mode de production habituel! de leur rareté, en campagne, elles ne nous arrêteront pas longuement.

Quand, dans une tentative de suicide, l’extrémité de l’arme est bien! dirigée et maintenue dans la bouche, le coup de feu agit à la fois par le| projectile et par l’explosion de la poudre. En traversant les maxillaires et) le crâne, la balle produit des dégâts épouvantables, un véritable effet explo-j sif. La voûte palatine est en grande partie emportée, la partie antérieure) des maxillaires supérieurs abrasée, le reste de ces os fracturé d’une façon! symétrique et écarté; le nez est en partie détruit, les parties molles de la| face dilacérées, enfin le crâne, divisé en fragments multiples dont les unsi sont emportés, les autres adhérents ou renversés, est plus ou moins vide de sa masse cérébrale.

Quand la balle s’échappe latéralement, elle traverse les fosses tempo-i< raies ou zygomatiques. Dans le premier cas, l’ouverture des vaisseaux importants de la fosse sphéno-palatine donne lieu à des hémorrhagies | redoutables. Dirigé d’avant en arrière, le projectile traverse la colonne (

vertébrale.

Les coups de feu tirés sous le menton sont loin de produire toujours ces dégâts épouvantables. En raison de la position inclinée de la tête en arrière, le projectile ne traverse pas le crâne; il perfore le plancher delà bouche, dilacère la langue, fracture simplement ou comminutivement le maxillaire inférieur, au niveau de son corps, détruit en partie la voûte palatine, brise la partie verticale antérieure des maxillaires, fait éclater le reste, emporte le squelette du nez et ressort à la base de ce dernier ou plus ou moins près de l’oreille. Le vaste hiatus béant qui, après le traumatisme, fait communiquer les fosses nasales et la bouche, est limité par les parties molles des lèvres, des joues et du nez déchirées irrégulièrement et pendantes (fig. 2o4, p. 620). Malgré les effrayantes mutilations qu’ils présentent, ces blessés guérissent facilement, non sans présenter, il est vrai, des difformités considérables qu’il appartient au chirurgien de prévenir ou de faire disparaître. Nous parlerons plus loin du traitement de ces lésions.

BLESSURES DU NEZ

Blessures du nez par les armes blanches. — La saillie du nez expose tout particulièrement cet organe à l’atteinte des armes blanches qui frappent la face. Celles-ci le séparent complètement ou incomplètement, le divisent seul ou avec les parties molles et osseuses voisines, avec la lèvre supérieure, les joues, un maxillaire ou les deux maxillaires supérieurs. Percy a réuni un certain nombre d'exemples remarquables de ces variétés de traumatismes 2.

Ravaton a coapté, avec succès, à l’aide d’un bandage, un nez presque complète-

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