‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 165 sur 340 · DEsroRT, o. c., p · texte numérisé non relu

DEsroRT, o. c., p

BLESSURES DE L’OREILLE

Lsseuse, enfin ils peuvent amener des complications vasculaires et céré- 1 raies des plus graves. Pour prévenir ces accidents, plusieurs chirurgiens, I errillon, Reverdir, Terrier, Péan, Berger, Perier, Démons1, etc., ont cru i evoir intervenir. Berger s’est appuyé sur la gravité de ces complications I our préconiser l’ablation immédiate. Tacuard, Ghauvel, Puig, ont comattu cette pratique en faisant ressortir : l’étendue des désordres continuants de l’oreille et du cerveau qu’il n’est pas toujours possible au | é but de déterminer et qui contre-indiquent l’opération; ils ont insisté sur .aggravation des dégâts résultant du déplacement des esquilles et de leur [^opulsion contre les vaisseaux (Reverdin), enfin sur l’inutilité fréquente ; l’ablation d’un corps étranger souvent toléré. Pour ces. derniers chirurens, l’extraction doit être conditionnelle et pratiquée seulement dans les 'ts où il provoque des accidents. Nous partageons leur opinion.

Avant de songer à l’extraction primitive ou tardive du corps étranger, faut non seulement le reconnaître, mais acquérir des notions aussi prêtes que possible sur sa direction et sa profondeur. L’appareil de Trouvé ra ici d’un précieux secours; c’est le seul qui puisse donner au chiruren des indications exactes. Terrillon, Berger et d’autres s’en sont servis i ec avantage. Mais il peut, aussi, se montrer insuffisant. Sur une femme i service de Péan, ni l’habile auriste Garrigou-Désarènes, ni Trouvé ne irent découvrir le corps étranger avec cet appareil et, ù l’autopsie, on nstata que la balle, après avoir intéressé le promontoire, la fenêtre ale, les parties voisines du rocher, s’était arrêtée dans la portion osseuse li répond au sinus transverse. Supposons que la balle ait été reconnue ec l’appareil, comment en pratiquera-t-on l’extraction?

Pour arriver plus directement sur le corps étranger, on a, jusqu’ici, paré le pavillon de l’oreille dans sa demi-circonférence postéro-supéure, à l’union du cartilage de la conque avec le conduit auditif osseux. On ninue ainsi de moitié la longueur du conduit auditif externe. Mais la voie isi créée n’est pas encore suffisante pour bien voir et pour extraire aisé- ;nt le projectile. On incise alors, en arrière, le périoste du conduit auditif ;eux, et on attaque ce dernier ainsi que le bord antérieur de l’apophyse tstoïde avec la gouge et le maillet ou le trépan. Gela fait, guidé par istrument de Trouvé, on cherche à extraire la balle avec une curette, e élévatoire, une pince tire-balle ou bien on la fragmente avec une rette (Berger). L’opération terminée, le pavillon de l’oreille est remis place et fixé par une double suture, l’une profonde, au catgut, pour le ■tilage, l’autre superficielle, au crin de cheval. Si, pendant l’opération, chirurgien provoquait une hémorrhagie grave, il l’arrêterait par le tam-

nnement ou la ligature de la carotide.

On ne peut reprocher a cette opération de compromettre le fonctionnent de l’oreille, car celui-ci est irrémédiablement perdu, du fait du umatisme.

1. Démons do Bordeaux, iu Gazette hebdomadaire des sciences médicales de Bordeaux,

iet 1880.

V consulter sur cette question de l’extraction des corps étrangers de l’oreille : Tbk- .on, B. Soc. chir., 1878; Nélaton, Éléments de pathologie chirurgicale, t. I\, p. 69; ri er, Annales mal. or. 1889; Berger, B. Soc. chir., 1889, Discussion; Tachard et ■uvel, B. Soc. chir., 1889, Discussion; Puio, Essai sur les blessures de l oreille pur les à feu. Thèse de Lyon, 1887.

BLESSURES DE LA FACE

Ce mode d’intervention peut servir à la fois pour l’extraction de corps étrangers métalliques et pour l’ablation des esquilles absolument libres.

Apophyse mastoïde. — Portion osseuse surajoutée au crâne, cette apophyse est souvent intéressée en môme temps que ce dernier, que l’oreille moyenne dont elle est une dépendance, enfin que l’oreille externe qui affecte avec elle des rapports étroits. Dans certains cas, l’apophyse mastoïde est atteinte isolément. D’après la direction suivie par les projectiles et leur force de pénétration, elle est érodée, gougée sur sa surface extérieure perforée d’arrière en avant, pénétrée de dehors en dedans sans que là lame de tissu compact qui la sépare du sinus latéral ait été fracturée, enfin elle est abrasée nettement à son sommet ou séparée à sa hase. Les observations suivantes résument ces particularités principales de l’histoire des blessures de l’apophyse mastoïde.

Sur un soldat bavarois, blessé en 1815, une balle avait traversé l’apophyse mastoïde, d’avant en arrière. Le sommet de cette saillie était mobile et entraîné en bas par le sterno-mastoïdien. L’écartement augmentait toutes les fois que la tête était portée du côté opposé à la fracture; il diminuait quand elle était dirigée de son côté h

Chez un colonel observé par Scrive, la presque totalité de l’apophyse mastoïde avait été détachée de sa base par une balle. On dut rechercher ce gros fragment osseux, attiré dans le cou, à 4 centimètres de profondeur. Le blessé guérit rapidement1 2.

Dans les cas suivants la fracture, au lieu d’être simple, était compliquée par la présence d’un corps étranger, l’ouverture d’un sinus, etc.

Un dragon reçut, à Fleurus, une balle qui traversa le pavillon de l’oreille, au niveau de la conque, d’avant en arrière. Cinq jours après, on sonda la plaie; elle était oblique en arrière, peu profonde, et son cul-de-sac était occupé par la balle enclavée. Dupuytren fit l’extraction du projectile par une incision portée derrière le pavillon. Celui-ci était très déformé3.

Un blessé de Larrey eut cette apophyse traversée par deux balles tirées presque à bout portant. La fracture était esquilleuse. Ce soldat succomba le troisième jour. A son autopsie, Ribes trouva les parois membraneuses du sinus latéral rompues, et un épanchement considérable sous le cervelet et dans le canal rachidien 4 5.

Sur un soldat, auquel l’illustre chirurgien avait extrait une balle logée dans cette région, il trouva une fracture irradiée à la base du rocher et à l’os sphénoïde, un épanchement purulent de la fosse moyenne du crâne et du lobe correspondant du cerveau.

Demarquay, sur une blessée, constata une disjonction des sutures temporales-’.

Les fractures peu comminutives de l’apophyse mastoïde guérissent simplement. Elles ne sont suivies que de troubles cérébraux passagers, d’une otorrhagie peu abondante et, parfois, du déplacement de la portion osseuse détachée; elles n’entraînent aucun trouble auriculaire consécutif, quand elles ne sont pas accompagnées de dégâts plus profonds de l’oreille. Compliquées de lésions cérébrales directes, elles entraînent, le plus souvent,

Page 1